Stages ENM #4 – Le stage avocat

Salut à tous / toutes !

Dès le mois de mars, tel Anakin Skywalker ou son lointain cousin Kylo Ren, l’auditeur fraîchement nommé doit passer du côté obscur de la force pour son stage avocat. Certes, avec l’assurance de pouvoir revenir zoner dans le vaisseau de la princesse Leia trois mois plus tard, mais après avoir dû affronter le feu nourri de l’ennemi au péril de sa vie.

Je laisse là cette métaphore starwarsienne plus que douteuse, et j’en profite pour débuter cet article en déplorant la persistance de cette « guéguerre » entre magistrats et avocats. Le stage chez nos compagnons de robe est malheureusement trop souvent l’occasion de constater que certaines représentations et idées se perpétuent, et que les magistrats trouvent toujours quelque chose à reprocher aux avocats – et inversement. Y croire, c’est les entretenir. Est-ce l’avenir que nous voulons laisser à nos enfants ?

Le climat d’affrontement latent quoique permanent entre magistrats et avocats vit, je l’espère, ses dernières années. Il n’a selon moi aucun sens pour de jeunes juristes, dont les amis – et parfois jusqu’au conjoint – rencontré(e)s sur les bancs de la fac de droit ont embrassé (sans la langue) la profession d’avocat. Il a encore moins de sens pour les profils non-juristes dont je fais partie : avant de préparer le concours, j’aurais été incapable d’expliquer précisément la différence entre les deux. Et le nombre d’ancien(ne)s avocat(e)s devenu(e)s magistrat(e)s est désormais impressionnant.

Je ne vous ressors pas le topo habituel : avocats et magistrats concourent ensemble à l’œuvre de justice, et, selon les mots d’Olivier Leurent dans son discours de bienvenue en janvier 2017, « il n’y a pas de justice de qualité sans avocats de qualité ». A l’école, la relation avec les avocats est un non-sujet, tant cela relève de l’évidence : la guéguerre appartient au passé. Espérons que cet état d’esprit perdure après le stage juridictionnel et notre entrée en fonctions, et résiste aux années de pratique !

Cette petite bouteille à la mer lancée, pour ce premier article sur la vie à l’école, voici une présentation aussi détaillée que possible du stage avocat ! Elle s’adresse aussi bien aux sémillant(e)s auditeurs/trices de justice nouvellement arrivé(e)s qu’aux forçats de la prépa qui veulent saliver un peu en imaginant les réjouissances post-concours…

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La querelle entre magistrats et avocats : comme une impression d’être parachuté(e) dans un conflit ancestral, façon Montaigu et Capulet. Comme à Vérone, « pas besoin de choisir ton camp, on l’a fait pour toi y a longtemps ».


Le déroulement du stage

De début mars à fin mai, nous passons trois mois en compagnie d’un(e) avocat(e). Il/elle peut être jeune ou plus vieux expérimenté(e), et avoir exercé des fonctions auprès de l’Ordre – voire avoir été bâtonnier(e) – ou au contraire se tenir à l’écart de la vie de la profession. Certain(e)s travaillent seul(e)s, d’autres dans un petit cabinet, et d’autres encore en société civile de moyens (avocats indépendants qui mutualisent des locaux) ou carrément en lawfirm à la The Good Wife.

Je réponds d’emblée à une question qui m’est souvent posée : non, il n’est pas possible de choisir son cabinet. L’école nous en attribue un sur la base de vœux géographiques, pour s’assurer que les conditions d’accueil sont réunies et éviter le copinage. Il y a pas mal de places en région parisienne, pour celles et ceux que ça inquiéterait (#stagejuridictionnel).

Les cabinets dans lesquels nous sommes envoyé(e)s sont plus ou moins spécialisés, mais les deux profils principaux sont les pénalistes pur jus qui enchaînent les plaidoiries, ou les spécialistes du droit de la famille. Quelques un(e)s tombent sur des praticiens de disciplines traditionnellement moins connues des candidat(e)s au concours de l’ENM : assurances, droit social, propriété intellectuelle et artistique, construction, baux commerciaux… Des chanceux/ses abordent parfois des domaines encore plus rares (droit international privé, droit public, urbanisme) ou font un peu de conseil ou du droit des affaires. C’est une formidable occasion de découvrir la variété des sciences et des pratiques juridiques !

Pour ma part, j’ai atterri dans un cabinet civiliste généraliste en grande banlieue parisienne. Environ 60 % du contentieux portait sur les affaires familiales, 20 % sur du préjudice corporel et le reste sur ce que le client jugeait bon de venir soumettre aux conseils experts de ma maîtresse de stage : conflits de voisinage, litiges de la construction, rédaction de contrats… C’était l’occasion de pratiquer enfin la procédure civile, qui restait très mystérieuse pour moi, et donner enfin un sens aux notions de communication des pièces, de référé-expertise, de mise en état, de signification des actes… (j’offre un numéro dédicacé et parfumé de l’AJ Construction Dalloz à celui ou celle qui sait ce que veut dire l’acronyme RPVA).

Je me permets une petite remarque : tomber dans un cabinet civiliste est selon moi une grande chance. Vous claquez peut-être des dents en me lisant. Oui, la grande majorité de la promotion est pénaliste, et certain(e)s sont même carrément rebuté(e)s par les fins de non-recevoir et le principe dispositif. Mais je vous assure que c’est très formateur : la procédure pénale est souvent mieux connue de nous, et la scolarité commencera fort avec de bonnes louches de procédure civile. Enchaîner les audiences correctionnelles, vous aurez tout votre stage juridictionnel et votre vie de magistrat(e) pour ça, mais construire un dossier en dénichant les éléments probants et rédiger des conclusions de votre plume proustienne, c’est une occasion qui ne se représentera pas.

Doit-on finir épuisé(e) au bout de deux semaines et quitter le cabinet la nuit tombée après avoir avalé neuf sushis thon-avocat ? En théorie, oui : nous sommes censé(e)s accompagner notre maître de stage et faire ce qu’il nous dit, sauf acte manifestement illégal. La plupart du temps, les choses se mettent petit à petit en place et l’on convient cordialement d’un 9h-18h des familles. Parfois, des auditeurs se font légèrement exploiter ont un emploi du temps chargé, alors que d’autres ont au contraire droit à un stage… semi-participatif, dirons-nous. Dans tous les cas, si on souhaite découvrir d’autres spécialités, il est possible d’être hélitreuillé(e) et transporté(e) temporairement chez un confrère.

Jusqu’à la promotion 2017, le stage avocat durait six mois. Je crois que mes camarades de promo ont bien accueilli cette réduction de durée, qui correspond à une augmentation de celle de la scolarité à Bordeaux : c’était peut-être un peu long, surtout pour ceux qui tombaient dans un cabinet au contentieux « répétitif » ou qui avaient déjà fait des stages chez des avocats. Les ancien(ne)s avocat(e)s, entrés par le 3ème concours ou par l’article 18-1, en sont logiquement dispensés. Ils font un stage dans une autre institution publique ou privée.

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– « J’ai déjà fait un stage de deux mois chez un avocat en L2, je peux partir en vacances en Australie ? Pour me former à la common law bien sûr ». Coquin, va.


Concrètement, qu’est-ce qu’on fait ?

L’ENM définit différents objectifs pédagogiques pour le stage avocat. Si tout se passe bien, on doit être amené à :

travailler sur des dossiers : rédiger des conclusions, des assignations, des requêtes… ;
traiter du courrier : réponses aux clients, correspondance avec des confrères ou avec le juge, tâches administratives diverses ;
assister à des rendez-vous avec les clients ;
réaliser des plaidoiries brillantes, au cours desquelles la salle s’exclamera au moins trois fois « Oh ! » et que Pascale Robert-Diard honorera dans sa chronique judiciaire ;
découvrir les MARD : la transaction, la procédure participative, le droit collaboratif… ;
s’initier à la comptabilité du cabinet d’avocat : les charges, le recouvrement des honoraires, l’aide juridictionnelle…

Plus généralement, l’ambition du stage avocat est de donner à voir et à vivre le quotidien de l’avocat. La joie des affaires « gagnées » et la déception des affaires « perdues » ; la liberté d’organiser ses journées, et la difficulté parfois de faire « rentrer ses honoraires » ; les plaidoiries bien menées et les heures d’attente sur les bancs en bois de la cour d’appel…

Les rendez-vous avec les clients sont des moments particulièrement intéressants et souvent riches en émotion. En une heure, ou à peine plus, l’avocat doit tirer le plus d’informations de la part de son client, pour lui conseiller la voie judiciaire (ou non) à suivre, et si oui, rassembler à la hâte quelques pièces pour constituer un embryon de dossier. Certains maîtres de stage n’osent pas dire que le stagiaire assis sur le côté du bureau est élève-magistrat, de peur que le client ne soit désarçonné. Bon, cela dit, il ne sait que rarement ce que magistrat veut dire (« Ah ouais, magistrat c’est après le barreau c’est ça ? »). Je vous laisse découvrir les regards interloqués qu’on vous lancera quand vous vous présenterez comme « auditeur/trice de justice ».

Quant à la plaidoirie, bien que nous soyons censé(e)s pouvoir nous y exercer, cela dépendra de la politique de votre maître de stage. Certain(e)s font des permanences pénales et défendent à la chaîne durant des après-midis entières. Pour ma part, on m’a clairement fait comprendre dès le premier jour que c’était mort : mon tuteur a rigolé et pensait qu’on avait même pas encore acheté de robe. Dans tous les cas, n’hésitez pas à insister un peu : cela ne coûte rien et c’est une occasion assez unique de pouvoir vous mettre dans la peau d’un(e) ténor du barreau.

Cela vaut aussi pour l’organisation du travail au cabinet. Votre maître de stage vous octroiera une autonomie variable, et exercera un contrôle plus ou moins poussé de votre travail. Cela va de « J’ai fini mes conc… – Vazy, jépaltan, connecte-toi au RPVA et envoie le bouzin », à « Attends, je vais relire… Tu vois, il manque un point-virgule au sixième paragraphe ».

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L’auditeur/trice de justice quand le/la président(e) de chambre lui fait un clin d’œil en pleine audience.

Le plus important pour effectuer un stage fructueux – et de surcroît agréable -, est de bombarder les avocats que vous croiserez de questions sur leurs pratiques, leur vision de la justice et de leur métier. On apprend énormément, car ils sont généralement sont ravis d’avoir un(e) représentant(e) de l’institution judiciaire devant eux et tiennent à faire passer quelques messages aux magistrats de demain. Avec le risque, vous l’aurez compris, de ramasser la pluie et de jouer au cahier de doléances.

Les reproches qui reviennent le plus souvent sont les attentes interminables dans les couloirs du palais de justice, convoqués à neuf heures pour finalement passer à treize ; les président(e)s de chambre autoritaires et colériques ; et le sentiment que les juges ignorent les conditions de travail des avocats.

Oui, parfois, vous allez payer pour le président d’audience qui les a bâchés en 1996 au TGI de Lons-le-Saunier, façon « Si ce n’est toi, c’est donc ton frère ». Je ne résiste pas à vous raconter ma pépite : une avocate discute avec moi et se plaint de certains magistrats de la juridiction (« Tu te rends compte, deux jours de retard pour le délibéré, non-mais-oh»). Elle finit en me disant : « Ça existe toujours le concours complémentaire ? Tu saurais pas la date limite pour le dépôt des dossiers de candidature ? ».

Si vous croiserez sans doute quelques avocat(e)s un peu râleurs voire vindicatifs – c’est le jeu ! – en allant à leur rencontre, vous gagnerez énormément en essayant de participer aux événements du barreau local. D’une part, vous y serez chaleureusement accueilli, tout(e) magistrat(e) que vous êtes. Et vous y découvrirez le rôle du bâtonnier, du conseil de l’Ordre, l’importance d’un climat de bonne collaboration entre le barreau et la juridiction.

Enfin, si l’occasion se présente de voyager un petit peu avec votre maître de stage, n’hésitez pas et sautez dans le TGV ! Ou dans l’avion…


Étape-clé de la formation, le stage avocat est une expérience marquante dont on garde le souvenir tout au long de la scolarité. Si on sympathise souvent davantage avec les autres stagiaires ou les jeunes collaborateurs plus qu’avec son/sa maître de stage, on reste quasiment toujours en contact pour avoir des nouvelles des dossiers qu’on a suivis.

Au-delà des apprentissages pratiques et des rencontres, c’est la première fois dans notre nouvelle condition d’auditeur/trice de justice que l’on endosse réellement le rôle qui sera le nôtre. De forçats de la prépa, nous sommes devenu(e)s de jeunes magistrat(e)s et les autres professionnels du droit que nous croisons en juridiction nous considèrent désormais comme tels.

Rien de plus grisant – et émouvant – qu’un(e) président(e) de chambre qui, en vous voyant engoncé(e) dans votre robe à suivre votre maître de stage, vous demande d’attendre la fin de l’audience pour pouvoir venir vous souhaiter la « bienvenue ».

From ENM with love


14 réflexions sur “Stages ENM #4 – Le stage avocat

  1. Je poste ici un commentaire de Mohamed et j’y réponds dans la foulée.

    « Un grand merci pour ce blog, il m’est très utile pour dédramatiser le concours.
    Cependant, je reste tout de même inquiet. En effet, ayant validé ma première année aux rattrapages avec à peine 10,23 de moyenne générale, et me sentant parfois noyé par la masse de connaissances à retenir (sans compter ma faiblesse méthodologique en commentaire d’arrêt et cas pratique), je ne cesse de me dire que ce concours est peut-être hors de portée.
    Penses-tu donc qu’il faille avoir eu mention chaque année pour réussir ce concours ?
    Encore merci pour ton travail, et bonne continuation surtout ! »

    Salut à toi Mohamed!

    Je vais être totalement franc(he) et direct(e) : ton niveau en droit durant tes études n’a strictement aucune, mais alors aucune incidence sur tes chances d’avoir l’ENM! Dans la mesure où l’essentiel réside dans l’acquisition de la méthodologie, et pas dans les connaissances à acquérir, peu importe tes notes, et peu importe que tu aies fait un cursus en droit, d’ailleurs!

    En plus, tu sembles être en L2, donc tu as largement le temps de voir venir, de peaufiner ta méthode et de t’améliorer. D’autant plus que les cas pratiques sont coefficient 1 et qu’il n’y a pas de commentaire d’arrêt. Bref, tout roule! Bonne continuation à toi!

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    1. Un grand merci pour cette réponse qui me rassure, et confirme plusieurs affirmations disant que la méthodologie joue un grand rôle dans la réussite de ce concours.
      En ce qui me concerne, je suis effectivement en L2 droit après avoir passé trois années dans un IEP de province (deux années à l’IEP + une année en mobilité à l’étranger). J’ai préféré me réorienter car cela m’a paru indispensable pour maîtriser le droit, et ainsi être un bon magistrat. Je concède cependant volontiers que nous devons ingurgiter des connaissances parfois superflues, voire complètement inutiles à l’exercice de la profession de magistrat (doctrines et jurisprudences, sauf en droit public).
      Encore merci pour cette réponse, et le temps que tu consacres à ce blog !

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  2. Bonjour,

    Merci infiniment pour ces articles si précieux.
    Je suis en L3 et j’envisage de faire un M1 en droit privé et d’enchainer une prépa directement pour le concours de l’ENM. Penses tu qu’il soit préférable (voir indispensable) de faire un Master 2 pour réussir le concours ? Car certaines personnes disent qu’un master 2 permet d’avoir du recul sur le droit ce qui est indispensable pour réussir le concours.

    Aussi, que conseilles tu pour acquérir du recul et de la hauteur sur le droit sans nécessairement faire un M2 ?

    Merci d avance et encore bravo pour ton blog

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    1. Bonjour Aurélie et merci pour cette avalanche de compliments!

      Beaucoup de candidats ont passé le concours immédiatement après le M1 (pendant le M2 donc), mais selon moi c’est peut-être un peu précipiter les choses. Si tu n’es pas menacée par la limite d’âge, je te conseille de bien asseoir tes connaissances en faisant ton M2, puis en te consacrant pleinement à la préparation l’année suivante. Même si en soi, ce n’est pas ton M2 qui t’apportera les connaissances nécessaires, mais plutôt un travail soutenu en prépa. Pour acquérir du recul et de la hauteur sur les problématiques juridiques contemporaines, les prépas s’en chargent parfaitement dans les polycopiés et les cours qu’elles fournissent. Ca reste le meilleur moyen de réussir le concours, et si tu veux t’en passer, pour le droit civil tu as rendez-vous avec Judith Rochfeld et son livre Les grandes notions du droit privé. Cela dit, si tu es en master de droit, tu dois déjà avoir eu durant tes cours de quoi alimenter des copies sur ce plan-là…

      Pour l’instant, rien ne presse : finis tranquillement ta scolarité, tu as probablement le recul nécessaire sur les matières d’ores et déjà, et tu peaufinas tout ça en prépa… Bonne continuation à toi!

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  3. Bonjour,

    Merci beaucoup de tenir ce blog si intéressant !! il est une aide précieuse pour préparer le concours !
    J’ai quelques petites questions 🙂
    J’ai lu sur un forum qu’il était possible à l’ENM de prendre des cours en options, quels sont ces cours ?
    De plus est ce que l’ENM dispense des cours de langues étrangères ? j’ai vu qu’il était possible de travailler dans des ambassades à l’étranger mais la langue reste un prérequis je suppose !

    Merci beaucoup !!!

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    1. Bonjour Emma et merci de tes compliments! Vous les lecteurs/trices êtes également très précieux!

      Pour les cours en option, je crains malheureusement que ce soit une rumeur comme il y en a beaucoup qui trainent sur les forums relatifs à l’ENM : non, il n’y a pas de cours en option, sauf les langues étrangères si tu le souhaites. C’est le jeudi entre midi et deux, et il y a allemand, italien et espagnol je crois. A part cela, tout le monde suit la même scolarité à la virgule près!

      Pour les langues étrangères, je t’ai en partie répondu : il y a des cours d’anglais hebdomadaires obligatoires, et les cours optionnels. Par contre, pour travailler dans des ambassades (ce qu’on appelle « magistrat de liaison », il y en a une quinzaine), c’est plutôt vers cinquante ans, après vingt-cinq ans de métier… Tu auras le temps de te mettre au serbo-croate ou au swahili d’ici là! 🙂

      Bonne préparation à toi!

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  4. Durant cette longue période d’attente avant les résultats, lire cet article sur le stage avocat est vraiment motivant! Vivement la suite ! Aurais tu quelques conseils sur le choix de la robe? Nous avons reçu une note de l’ENM avec un planning prévisionnel et des adresses de maisons spécialisées et, ça peut paraître idiot, mais l’idée de devoir commander à distance une robe à toute vitesse après les résultats me stresse d’avance…je n’y connais rien, bien évidemment…(bon je préfèrerais le stress de la robe au stress de la deuxième année de préparation bien sur 😉)

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    1. Bonjour Anaïs!

      Grand moment que celui du choix de sa précieuse robe d’audience, dans laquelle nous allons transpirer (de stress) lors de la prestation de serment, puis à cause de la chaleur insoutenable dans les palais de justice à l’approche de l’été. Je ne me prononcerai pas sur le choix d’un fabricant en particulier : ils se valent grosso modo tous (même si certains sont plus ou moins rapides et/ou sympathiques), et à vrai dire l’important c’est d’avoir une robe. Certains te proposeront des modèles en alpaga sauvage des hauts plateaux de Pérou élevés en biodynamie et sans pesticides, mais même une robe « peu chère » (tu verras que c’est la douloureuse sur ce point…) remplira parfaitement son office. A toi de voir la somme que tu es prête à investir là-dedans, en sachant dans tous les cas que l’indemnité versée par le ministère ne couvrira pas tout quoiqu’il arrive.

      Si tu dois la choisir à distance, opte peut-être pour l’un des deux plus grands fabricants que sont Ponsard & Dumas et L’artisan costumier, qui proposent il me semble d’envoyer tes mesures et de te fabriquer ton habit. Il existe un petit risque de manches trop longues ou trop courtes, mais dans un premier temps ça fera l’affaire en vue de la prestation de serment. En revanche, et tu l’as bien compris, il ne faudra pas trop traîner à la commander après les résultats d’admission : les couturiers sont généralement pris d’assaut et sont parfois amenés à refuser très rapidement des clients… Dans tous les cas, si ta robe n’était pas arrivée à temps pour la prestation de serment, il t’en serait prêté gracieusement une par l’école.

      Bonne fin d’attente des résultats à toi, en te souhaitant une bonne nouvelle à la mi-décembre!

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  5. Bonsoir !

    je me permets de rebondir sur ce que tu as dit plus haut concernant l’absence de lien entre les notes obtenues durant le cursus et le concours. Justement, c’est une question qui me trotte dans la tête… J’ai l’impression peut être à tort, que l’on recherche davantage des personnes qui font « tout bien » et non des personnes un peu cabossées par la vie dirai-je. Je n’ai pas personnellement un cursus linéaire, j’ai écoué plusieurs fois (redoublement) et j’ai peur que cela me soit reprochée si par miracle j’arrivais à l’entretien individuel.

    J’ai une grande motivation et je souhaite bien évidemment réussir ce concours. Penses-tu qu’un cursus non linéaire soit préjudiciable ?

    En te remerciant par avance,

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    1. Bonjour Lilas! Je te réponds sans détours : ton parcours antérieur n’a absolument aucune incidence sur tes chances d’admission, à l’écrit comme à l’oral. A partir du moment où tu satisfais les conditions pour te présenter au concours (c’est-à-dire avoir l’âge requis et un M1), tous les compteurs sont remis à zéro et c’est uniquement ton travail et ta motivation qui feront la différence. Très franchement, le jury de l’oral se moque bien de savoir si tu as redoublé, si tu as effectué des réorientations, ou des années à te « chercher » un peu : quelqu’un qui est parvenu aux oraux est en soi extrêmement méritant et son parcours antérieur n’a pas de réelle importance. Il faut aussi savoir que le jury de l’oral disposera de la fiche personnelle que tu auras remplie au préalable, qu’ils la lisent rapidement avant ton entrée dans la salle et qu’il y a de très grandes chances qu’ils ne s’aperçoivent même pas que tu as redoublé.

      Bref, pas de soucis à avoir de ce côté-là : les concours sont justement faits pour permettre aux candidat(e)s les mieux préparé(e)s, quel que soit leur cursus antérieur, de démonter leur valeur et leurs qualités personnelles et professionnelles! Bonne préparation à toi!

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      1. Bonjour,

        Je te remercie pour la rapidité de ton retour.

        Tu me redonnes espoir et cela me permet de me concentrer uniquement sur le concours. Tu me ôtes d’un grand poids 😉
        J’aurais également quelques petites questions à te poser s’il te plaît :
        -Est il possible d’effectuer un stage à temps partiel compatible avec un emploi à temps plein ?
        (J’ai pensé poser un RTT par semaine pour pouvoir faire le stage ? )
        -Penses-tu qu’une prépa privée à distance puisse être tout aussi efficace qu’une prépa en présentiel ?
        Je sais que tu as une préférence pour la seconde, mais la prépa en présentiel ne me convient pas dans le sens où l’on est nombreux (environ 60/70) et surtout les horaires.

        Lorsqu’on travaille à côté on est souvent fatigué par la journée du coup, on est moins attentif pour prendre des notes en fin de journée. En tout cas c’est mon cas.

        Mais du coup je me demande si l’on opte pour une prépa à distance, il est quand même possible de poser des questions aux enseignants ? :s

        Je lis ton blog quasiment chaque jour, c’est très motivant. Merci encore pour tout le travail que tu fournis.

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      2. Re-bonjour à toi! Tu peux constater que le second retour a été un peu moins rapide, la faute aux stages de fin de scolarité à l’ENM…

        Pour les horaires de stage, c’est généralement négociable avec les magistrats, mais un jour par semaine risque fort ne pas convenir : à mon avis, le minimum qu’un tribunal acceptera, c’est trois jours par semaine, car il sera impossible de confier des tâches à un(e) stagiaire dont la présence sera aussi réduite. Cela dit, tu peux éventuellement solliciter le tribunal pour effectuer une sorte de stage d’observation. Et dans tous les cas, rien ne t’empêche de tenter ta chance!

        Pour la prépa à distance, comme je l’écris dans mon article sur les prépas, une prépa à distance ne sera jamais aussi efficace qu’une prépa en présentiel, c’est certain, mais cela demeure une excellente solution et ça permet plus de « flexibilité ». Pour ma part, c’est justement le fait d’être nombreux que j’avais recherché : d’ailleurs, dans les prépas en présentiel, on est plutôt 180 à 200 que 60/70! Et j’imagine qu’en plus des cours en vidéo et des copies à renvoyer, il est possible de contacter les enseignants par mail.

        Merci à toi de suivre mon blog, je suis ravi(e) qu’il guide autant de forçat(e)s dans leur préparation!

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