Quel master pour le concours de l’ENM ?

Salut à tous/toutes !

On m’écrit presque quotidiennement pour me poser cette question, qui paraît sans doute cruciale lorsqu’on est étudiant.e et qu’on rêve d’intégrer l’ENM mais qui, brisons le suspense d’emblée, est un faux problème.

Des dizaines de pages Facebook, de hashtags ou de bons vieux forums autour du concours de l’ENM regorgent de discussions enflammées, où untel a entendu le cousin d’un ami de son beau-frère dire que le master « Droit, procédure et justice » de l’université d’Orléans est beaucoup mieux que le master « Procédure, justice et droit » de l’université de Mulhouse. Lequel est largement meilleur que le master « Justice, procédure » et droit de l’université de Clermont-Ferrand, cela va sans dire.

Loin de moi l’idée de blesser l’orgueil des Mulhousiens, Orléanais et Clermontois, mais vous aurez compris l’idée derrière cette boutade : toutes les facs de droit proposent des kilos de masters affublés du même nom (généralement avec le tiercé « procédure », « procès » ou « justice » à l’intérieur), et surtout absolument le même contenu – les fondamentaux de la procédure et du droit de fond. Faites le jeu vous-même en tapant « M1 droit et procédure » sur Google…

S’il est bien sûr légitime de s’interroger sur son choix d’orientation en master, il ne faut pas que celui-ci entraîne des mois d’hésitation et de questionnement métaphysique. C’est un réflexe malheureusement assez franco-français, qui surprend toujours les étudiant.e.s d’autres pays européens, que d’imaginer qu’à un métier ou un concours correspond forcément « le parcours parfait ». En somme, s’imaginer que nos chances sont réduites à néant si depuis le CM2 nous n’avons pas suivi la voie royale.

C’est l’occasion de le rappeler plus que jamais : peu importe le master de droit (ou d’autre chose) que vous ayez suivi ou suivrez, tout se jouera durant votre/vos année.s de préparation. Ce n’est pas le fait d’avoir suivi tel ou tel master qui vous fera intégrer ou pas, mais votre investissement régulier, vos capacités d’adaptation et de remise en question, et surtout votre motivation. J’exagère pour me faire comprendre, mais c’est presque comme si quelqu’un soutenait qu’il avait obtenu sa licence avec mention parce qu’il avait choisi le même sujet pour son TPE en première.

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« T’en penses quoi Mireille, on reste sur Droit privé, procédure, justice et procès, ou on suit l’idée de Jean-Marc avec Procès, justice, procédure et droit privé ? »


Le meilleur master pour préparer le concours de l’ENM

Spoiler alert : il n’existe donc pas de master parfait, ou même de master « voie royale » pour réussir le concours de l’ENM. Ne cherchez pas sur Internet de statistiques d’intégration par master : elles n’existent pas et elles seraient bien complexes à produire, car cela supposerait un suivi attentif du devenir des étudiant.e.s et un recoupement avec la préparation qu’ils/elles ont suivi. Il en existe par IEJ, mais là encore, vous savez ce que je pense de ces stats avec double, voire triple comptage comme je l’ai évoqué dans cet article.

Par ailleurs, même si j’aimerais pouvoir vous proposer un classement au banc d’essai des différents masters de droit, il en existe tellement (de surcroît totalement identiques) qu’il est impossible de pouvoir les comparer avec sérieux. Pour le dire plus crûment, je pense que dans la perspective de l’ENM, tous les masters du type auquel je fais référence depuis le début de cet article se valent absolument : ce n’est pas un cours de plus de ceci ou cela qui fera votre réussite.

On entend souvent qu’un master destiné à se « pré-préparer » pour le concours d’entrée à l’ENM doit être généraliste, centré sur les matières du concours, exigeant et/ou sélectif.

Être généraliste ?

C’est un petit avantage, mais ce n’est en aucun cas nécessaire. Certes, suivre un cursus sans aucun rapport avec les matières du concours peut apparaître comme une perte de temps : se lancer dans une licence d’islandais médiéval risque de vous faire prendre un certain retard. Si votre master peut vous servir de « pré-prépa », en abordant les matières du concours, c’est ma foi un peu de temps de gagné. Vous consoliderez vos connaissances en procédure et approfondirez votre savoir juridique dans la perspective de votre année de préparation.

Mais, comme je le répète à coups d’articles depuis désormais trois ans bientôt, tout se jouera durant votre préparation. Vous suivez un master uniquement consacré au droit civil, ou au droit pénal ? C’est parfait ! Le master apporte tellement peu, en comparaison avec les révisions intensives et les doses gourmandes de méthodologie, qu’avoir suivi un master juridique moins généraliste ne sera aucunement un handicap. Les connaissances fondamentales, vous les reverrez en prépa. Je préfère le dire clairement : un master, aussi bien pensé soit-il, n’atteindra jamais en efficacité le tiers du quart de la moitié d’une prépa.

Être très exigeant et/ou sélectif ?

Là encore, peu importe. Si vous avez la possibilité d’intégrer un master renommé dans les plus anciennes facultés parisiennes, tant mieux pour vous, mais votre parcours n’est pas jugé au grand oral sur sa « valeur » ou la réputation de telle ou telle formation. Déjà, la réputation, ça va et ça vient. Surtout, le jury ne s’y connaît pas plus que quiconque dans cette jungle de master identiques : la fac, c’était il y a 40 ans pour lui.

Si votre master est exigeant, c’est une bonne chose dans la mesure où vous pourrez avoir un avant-goût du rythme à adopter en prépa pour progresser rapidement. Mais il faut bien prendre garde à ne pas arriver sur les rotules en octobre et débuter sa préparation, plus longue encore qu’un marathon, avec un gros « point de coté ».

Certain.e.s entreprennent de passer le concours en même temps que leur M2. Personnellement, il me semble très difficile de boucler un M2 avec sérieux et de se préparer convenablement au concours (hormis dans les formations faites pour cela, comme le master CJJ de Sciences Po). Si vous choisissez cette option, vous devrez probablement arbitrer entre l’investissement pour obtenir votre master et la nécessité de vous ménager d’importantes plages de travail personnel pour le concours. Bref, mettre un peu le M2 au second plan

Le plus important : s’y sentir bien et s’épanouir

Mon titre ressemble à un slogan de Weight Watchers pour une pub de l’après-midi sur France 3. C’est pourtant le principal : rien ne serait pire que de se dire « Le droit social / des affaires / de l’environnement / de la propriété intellectuelle etc. m’intéresse énormément, mais bon ce serait mieux de faire ce master en vue du concours de l’ENM ».

Se farcir à tout prix un master « généraliste » pour maximiser ses chances est contre-productif. Outre que vous reprendrez tous les fondamentaux durant votre prépa, énormément d’auditeurs.trices et de jeunes magistrat.e.s ont étudié d’autres spécialités du droit que le sacro-saint DPG – entendez par là « droit privé général ».

Au grand oral, le jury se fiche complètement du master que vous avez suivi, mais alors complètement de chez complètement. Outre qu’il ne se repère que difficilement dans les parcours universitaires actuels, ses membres ayant passé eux-mêmes des DESS et des maîtrises, le jury n’attend plus ce fameux parcours emblématique du juriste classique (le célèbre trio licence / master Droit privé général à Paris I ou Paris II suivi de l’IEJ). Ce temps-là est révolu et le jury l’a bien intégré. Accessoirement, je rappelle qu’il n’y a que trois magistrats judiciaires sur les sept membres présents lors de l‘épreuve…

Un master un peu original, en France ou à l’étranger (c’est encore mieux !), sera un atout de choix lors des épreuves d’admission, et ne vous portera pas préjudice lors de la préparation des écrits. Un léger retard en octobre est facilement avalé en janvier…

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« Un LLM en litigation/arbitration et un DU en droit de l’environnement ? C’était dans le cadre d’un DESS ou d’un DEA ? ».


En résumé, dans la perspective du concours, à peu de choses près, tous les masters se valent. Droit pénal, droit civil, un peu des deux, ou encore droit des affaires, de la propriété intellectuelle, de l’environnement, droit public… On s’en moque totalement, du moment que ce n’est pas un master de grammaire swahili ou de littérature slovène (quoique, pour le grand oral…).

Tant que vous vous y épanouissez et que vous conservez votre objectif dans la ligne de mire, inutile de parcourir la France pour choisir le prétendu master parfait : sélectionnez-en un qui vous intéresse, qui vous fait envie, qui vous convient sur le plan pratique et personnel.

Inutile aussi de se retourner le cerveau et passer huit heures sur des forums ou des pages Facebook pour interroger vingt personnes à propos de la valeur d’une formation. Chercher à tout prix à contacter le petit cousin de la sœur d’une amie qui a fait ce master, cela ne sert à rien et c’est une source de stress bien inutile (à supposer qu’il existe un stress utile !). Se préparer au concours de l’ENM et suivre un master sont deux choses totalement différentes, et qui se recoupent finalement assez peu…

From ENM, with love


15 réflexions sur “Quel master pour le concours de l’ENM ?

  1. Lecteur assidu depuis le début de ma préparation au concours, je ne suis pas tout à fait d’accord avec cette article :
    – Les jurys déplorent la surreprésentation des profils pénalistes parmi les candidats. je pense qu’une maîtrise du droit civil (et surtout de la procédure civile!) donne un avantage au concours par rapport aux pénalistes.

    – Les masters de préparation au concours d’entrée à l’ENM (M2 justice, procès et droit parcours magistrature et le M2 carrières judiciaires d l’UVSQ) ne sont pas évoqués alors qu’il y a chaque année des admis ou des admissibles qui sortent directement de ces masters !

    En revanche, je vous rejoins sur un point : mieux vaut donner priorité à un master qui nous plait ou un master à l’étranger, qui permet d’avoir un parcours épanouissant ou atypique.
    De même, il est toujours possible de rattraper son retard dans une ou plusieurs matière si on prend une année de préparation, pas de drame si le Master convoité n’est pas obtenu.

    Merci encore pour ce blog.

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    1. Bonjour B! Nous sommes tout à fait d’accord sur le fait que la surreprésentation des pénalistes (90% à vue de nez) pose un problème au jury (et désormais en juridiction…), mais je ne sais pas si pour autant le fait qu’un.e candidat.e ait fait un master uniquement consacré au droit civil lui donne réellement un avantage particulier. C’est plutôt le fait d’avoir réalisé des stages dans un service civil ou d’exprimer sa volonté d’être juge civiliste qui fera marquer des points de ce côté-là. De toute manière, les trois quarts des candidat.e.s ont fait des masters généralistes, mais se considèrent pénalistes quand même, si bien que le jury ne peut réellement savoir quel est le profil juridique du candidat par son seul master.

      – Je n’ai pas évoqué ces masters tout simplement parce que je ne les connais pas, et que je n’évoque aucun master en particulier dans l’article. Dans chaque master (ou presque), des candidat.e.s parviennent à être admissibles et admis, et tant mieux ! Mais cela ne change rien au fait qu’à quelques exceptions près (tenant aux compétences exceptionnelles de certain.e.s candidat.e.s), un master n’est pas fait pour « préparer » le concours en soi, malgré ce que tentent de vendre certaines facs avec des formations « hybrides », mi-master mi-prépa. Je suis curieux.se de voir ce que ça donnera dans quelques années, mais pour l’instant les statistiques ne montrent rien de très probant…

      Merci à toi et bonne préparation!

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  2. Bonjour FEWL,

    Ta conclusion est très logique et s’entend parfaitement, à fortiori à la lumière des articles dans lesquels tu démontres qu’un étudiant non-juriste peut parfaitement réussir le concours et qui m’ont, plus que convaincu, persuadé que c’est la préparation au concours qui importe véritablement dans sa réussite.

    Toutefois je ne peux m’empêcher de remarquer que tu t’es intéressé(e) au fond des masters, et effectivement le contenu des enseignements varie très peu d’un master à l’autre.
    J’ai le sentiment en revanche que la « forme » du master peut aussi avoir son importance (certes dans une moindre mesure).
    Il est en effet des professeurs dont l’enseignement est particulièrement fascinant : suivre les cours du professeur Leveneur en doit de la famille ou du professeur Grimaldi en droit des successions permet en mon sens à l’étudiant d’appréhender la matière d’une façon singulière. Je cite ces deux professeurs car je les connais par le biais de brillants articles de doctrine et de divers colloques. Le hasard fait qu’ils enseignent tous deux dans la même faculté, et j’ai bien conscience que mon discours a une teinte « corporatiste », mais je tiens à préciser que je n’étudie nullement dans cette faculté.

    Ne penses-tu pas que suivre l’enseignement de ces éminents professeurs peut donner un léger plus dans le sens où ils permettent d’aborder ces matières quelquefois arides (such as les successions) de manière limpide et de prendre une hauteur bienvenue pour la préparation du concours?

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    1. Bonjour Matthieu!

      Suivre l’enseignement de grands professeurs est une expérience enrichissante qui laisse des souvenirs toute une vie, et qui permettra sans doute d’avoir des « longueurs d’avance » là où d’autres auront abordé la matière comme de bons petits soldats devant leurs manuels. A l’heure où l’on est saturé d’informations (y compris juridiques), le savoir et le talent de grand.e.s universitaires est précieux pour l’étudiant.e et le/la candidat.e. Toutefois, si c’est un « plus » indéniable, je pense que la présence de tel ou tel professeur ne peut constituer à elle seule un atout de nature à peser de manière déterminante sur les chances de réussite. Il y en a en effet beaucoup trop de matières, de sous-matières et de sous-sous-matières, avec leurs coefficients différents, pour que l’enseignement d’une ou deux figures dans leur domaine, aussi brillantes soient-elles, puisse faire une réelle différence. Mais cela dit, dans la mesure où tous les masters se valent peu ou prou dans la perspective du concours, le fait de vouloir suivre les cours d’un.e grand.e spécialiste est un facteur de choix tout à fait pertinent! On ne saurait toutefois trop en espérer…

      Bonne préparation à toi et merci!

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  3. Bonjour Fromenmwithlove et merci pour cet article encore très intéressant !

    J’ai cependant une petite question personnelle concernant le concours et le parcours des candidats.

    Pour résumer simplement, à cause de problèmes de santé j’ai triplé ma troisième année de droit, ne pouvant pas me présenter aux examens… J’ai cependant eu ma troisième L3 à 13 de moyenne et le M1 à 14,2, donc j’ai réussi à rattraper mon retard (et ma santé va très bien, c’est le plus important !). Mais je me demande si cette tâche sur mon dossier peut me porter préjudice pendant les oraux, voir me coûter le concours d’une manière ou d’une autre.

    Je précise que j’ai une licence de philo qui s’est bien passée et j’ai aussi fais un service civique volontaire d’un an après le bac. J’ai aussi fais un stage en juridiction pendant 2 mois, donc mon dossier n’est pas non plus un désert aride.

    Le problème c’est que je n’ai pas fais de L1 et que je n’ai pas fais de M2 non plus, étant donné que je me rapproche de l’âge limite du concours, et je pense que la préparation est plus importante qu’une nouvelle année sur les bancs de la fac que j’ai déjà bien fréquentés (et je me sens prête pour le grand marathon de la prépa). Mais je n’ai pas beaucoup d’années « valables » à présenter, uniquement la L2 et le M1.

    Donc je sais bien que c’est un concours et que c’est plus le niveau des candidats à l’instant T qui est jugés, mais je ne peux m’empêcher de me demander ce que le jury va potentiellement penser de cette vilaine tâche sur mon dossier.

    C’est peut être une inquiétude bête, mais je pense que ton avis peut être intéressant 🙂

    Merci d’avance, et surtout merci pour ce blog qui est une vraie source d’inspiration et de motivation !

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    1. Bonjour Louise et désolé.e de ces deux longs mois de délai de réponse! Pour être totalement franc.he, et en me basant sur ce que je vois des grands oraux chaque année, cela n’a absolument aucune importance. Il faudra bien sûr préciser dans ta fiche individuelle le fait que tu as connu des problèmes de santé importants – une partie spécifique est réservée à cela. D’ailleurs, les notes et mentions ne sont pas demandées dans cette fiche, même si certain.e.s aiment les ajouter. Si tu vas assister aux oraux, tu verras que le président du jury prend quelques secondes pour lire le parcours du candidat, puis l’interroge plus au fond sur les matières étudiées, le mémoire réalisé etc. A moins d’avoir fait une L3 de javanais ou quelque chose d’intriguant, personne ne viendra t’embêter là-dessus… N’oublies jamais qu’au stade du grand oral, la seule admissibilité suffit à démontrer les qualités académiques du candidat : tu peux donc te préparer tranquille!

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  4. Bonjour,

    Pour l’étudiant en M1 que je suis et qui envisage l’ENM, merci pour ce site génial que je viens de découvrir qui est une vraie mine d’or.

    J’aimerais ton avis sur le Master 2 Magistrature crée conjointement par les universités de Brest, Nantes et Rennes en partenariat avec l’ENM. En effet, il se vend comme un diplôme qui fait office de M2 et de préparation publique au concours (2 en 1 en quelque sorte). Pour tout étudiant qui souhaiteraient passer le concours en 2021 après le M2 (dont moi), ça semble être le meilleur compromis. Et justement, comme je suis en plein dans les candidatures pour les M2, j’y ai candidaté à tel point que c’est mon vœu prioritaire (je compte beaucoup dessus, à tort peut-être ?). Cependant je n’ai pas réussi à trouver des avis dessus. As-tu eu des retours sur ce M2 ? Si oui, quels sont-ils ? Penses-tu qu’il peut vraiment servir pour passer le concours directement à la fin du M2 sans autre préparation ?

    Merci d’avance pour tes réponses et merci encore pour ce site !! 🙂

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    1. Bonjour E et merci de tes compliments!
      A vrai dire, j’ai coutume de ne pas donner mon avis sur des formations en particulier pour ne pas être soupçonné.e ou accusé.e de rouler pour quiconque, et aussi parce que je ne connais en détail que la formation que j’ai moi-même suivie. Cette formation a en outre été créée pendant que j’étais à l’ENM, et je n’en sais donc absolument rien d’autres que de vagues éléments qu’il ne m’appartient pas de relayer!

      Cela étant, quant à ta dernière question, on en revient toujours à la même chose : plus de 90% des auditeurs ayant intégré par les trois concours ont suivi une prépa (en plus ou sans suivre une scolarité en IEJ), au moins pour les oraux. Les préparations proposées par les facultés s’améliorent d’année en année, mais rien n’équivaut pour l’instant aux prépas privées et à celles des IEP, en termes d’enseignements proposés comme de résultats. Mais les plus motivé.e.s et les plus travailleurs obtiendront toujours le concours, peu importe l’endroit où ils se préparent! Bon courage à toi pour ta préparation future et la fin du confinement! 🙂

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  5. Bonjour FEWL !

    Je me demandais si un master d’histoire du droit peut être une formation intéressante pour l’ENM.

    Je sais que la prépa compte certainement plus que le master, mais j’ai l’impression que le parcours classique des admis est droit pénal, privé, enfin de manière générale, des matières en lien direct avec le concours.

    Mais peut être que l’histoire du droit peut donner un recul sur la matière, une réflexion moins basée sur la technique pure.

    J’aimerais votre avis sur la question 🙂

    Dans tous les cas, merci pour ce blog !

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  6. Bonjour cher guide des forçats de la prépa,
    Après avoir passé la prépa à écumer vos articles, et notamment ceux relatifs au stress durant la prépa, je me demandais s’il serait possible d’avoir votre avis sur le stress durant la formation (les actuels forçats de la prépa : KEUWA Stress encore ?).

    Evidemment c’est propre à chacun mais me concernant, entre le syndrome de l’imposteur, la future confrontation aux réalités du métier, les angoisses de ne finalement pas être à la hauteur du Graal (on dirait une annonce d’une émission Capital), je me sens presque aussi angoissée qu’à la même période l’année dernière avant les oraux techniques, à la veille de la reprise des cours à Bordeaux.

    Ce statut assez particulier de mi-encore-élève/mi-j’ai-prêté-serment est un peu compliqué à appréhender pour ma part.

    Merci par avance!

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    1. Bonjour Jeune auditrice en panique, et merci à toi de continuer à suivre le blog depuis la rue des frères Bonie (et ses superbes préfabriqués Algeco…) ! A vrai dire, j’ai reçu de nombreux messages d’auditeurs/trices exprimant les mêmes doutes, craintes et angoisses que toi quant à la scolarité bordelaise. Le tien m’a déterminé à préparer un article sur la question (qui sera publié très prochainement), et de manière générale à consacrer désormais plus d’articles à la vie à l’école.

      Je parlerai plus longuement de mon expérience dans l’article que je suis en train de consacrer à la question, mais en effet, au risque de surprendre les malheureux (et néanmoins valeureux) forçats de la prépa, la scolarité bordelaise comporte aussi son lot d’anxiété alors qu’on imaginait l’envisager plus sereinement. Pour la promotion à laquelle tu appartiens, la situation est de surcroît assez spéciale dans la mesure où la scolarité a débuté en ligne en raison du confinement, et que les auditeurs et les enseignants ne se sont que peu rencontrés.

      Tu résumes très bien, dans ta dernière phrase, ce paradoxe inhérent à la scolarité à l’ENM : le fait d’être considéré comme un.e professionnel.le dans le regard des autres (partenaires extérieurs lors des stages, notamment à l’étranger) et de voir sans cesse rappelées nos lourdes responsabilités et la « mission sacrée » dont nous sommes investis ; et dans le même temps être fréquemment ramené à une situation d’étudiant.e, assis 30 heures par semaine sur les bancs de l’école, avec tout ce qui va avec (règles, notation, évaluation permanente, spectre du redoublement et du classement de sortie…).

      Par ma maigre expérience et celle de mes camarades de promotion récemment entrés en fonction, je constate que les angoisses de ne pas être à la hauteur s’effacent partiellement en stage juridictionnel, puis quasiment totalement après quelques mois de fonctions, lorsqu’on commence à « faire le tour de son office » et se sentir plus à l’aise. Je peux t’assurer que tout le monde arrive archi-prêt lors de son stage juridictionnel, et que les magistrats avec de l’ancienneté sont très souvent surpris par nos qualités professionnelles, notre réactivité et notre dévouement – même si bien sûr la « professionnalisation » reste à effectuer. Mais le spectre du classement de sortie, le climat d’évaluation permanente qui règne à l’école, et surtout notre propension de bons élèves à nous mettre une pression de dingues, créent cette anxiété de l’auditeur/trice (partagée par 95% de tes camarades, mais qui ne l’avoueront pas – ou ne se l’avoueront pas).

      Si j’avais quelques modestes conseils pour te permettre d’envisager la scolarité plus sereinement, ce seraient ceux-ci : se rappeler de la difficulté et de la sélectivité du concours, qui fait que notre place, « nous ne l’avons pas volée » ; que celles et ceux qui affichent une décontraction ou une assurance suspecte ne sont généralement pas les meilleur.e.s, loin de là ; et surtout, que la formation n’a jamais été aussi exigeante et que nous arrivons en juridiction prêt.e.s à produire une justice de qualité, ce que confirment nos collègues plus âgés. Plus généralement, dis-toi que le métier de magistrat n’est pas une « fonction sacrée » qui suppose d’atteindre la perfection et d’exceller chaque instant : l’essentiel est de donner le meilleur de toi, mais dans les limites du possible. Bon courage à toi pour la suite de la scolarité, avec le recul et le détachement nécessaire pour en tirer les bénéfices et laisser de côté le climat anxiogène qu’elle véhicule! 🙂

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  7. Bonjour,

    Je suis actuellement en Master 2 Droit public et aimerai à l’issue de mon cursus universitaire passer le concours ENM.

    On m’a clairement fait comprendre autour de moi que ce master vise plutôt le concours pour accéder au corps des Magistrats administratifs (et non au concours de l’ENM).

    Pourtant, j’ai pu lire sur le rapport du jury ENM 2019 l’information suivante: « Reste à s’interroger sur les raisons pour lesquelles les étudiants titulaires d’autres masters 2 en droit civil et procédure civile, droit social et droit commercial ou droit public, notamment, sont si peu nombreux à se présenter alors que les besoins de magistrats biens formés en ces matières sont particulièrement importants ».

    De ce fait, j’ai la ferme intention de poursuivre mon M2 Droit public plutôt que faire un M2 qui me plait moins. En effet, j’ai cru comprendre que tout se jouait lors de la prépa ENM 🙂

    Ma question est la suivante: Avez-vous une idée de la raison pour laquelle  » les besoins de magistrats biens formés » en droit public « sont particulièrement importants »? Je crains que le jury (en cas d’admissibilité) ne me demande pourquoi je ne passe pas plutôt le concours de Magistrat administratif….

    Merci par avance pour votre retour!

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    1. Bonjour Kali!
      A mon avis, il ne faut pas attacher trop d’importance à cette phrase lâchée un peu à la va-vite dans le rapport du jury, sans doute dans la volonté de ne froisser aucune catégorie de juristes. Si le manque de civilistes en général, et tout particulièrement de spécialistes du droit social et du droit commercial, est absolument criant aujourd’hui, le fait de disposer de magistrats judiciaires bien formés en droit public n’est pas un enjeu prioritaire, et à juste titre à mon sens. Il y a bien des possibilités de détachement vers les tribunaux administratifs au cours de la carrière, mais c’est très anecdotique. Bref, cette phrase a selon moi pour objectif de ménager la chèvre et le chou, mais ne veut pas dire grand chose en soi.

      En revanche, tu as bien compris que l’important est de suivre le M2 qui nous plaît et que tout se joue lors de la prépa ENM : fonce vers le royaume de Nicolo, des Semoules et de la Compagnie d’éclairage du gaz de Bordeaux 🙂 Tu auras une avance précieuse en droit public, et tu n’auras pas de mal à te remettre au droit privé : on reprend quasiment tout depuis la base, et un bon étudiant est un bon étudiant, quelle que soit sa matière de spécialité. Quant à la possible (et fort probable) question du jury lors de l’oral, il faudra t’y préparer car elle risque de t’être posée, mais ce sera sans malice aucune : l’ENM cherche à diversifier les profils et ce même pour le premier concours… Bon courage à toi pour ton master et ta préparation future !

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