Grand oral ENM – L’entretien individuel

Salut à tous / toutes !

A force de vous répéter à longueur d’article que « ce n’est pas là que ça se joue », que « ce n’est pas là qu’on perd des points », vous allez finir par me dire – et c’est légitime – : « mais où est-ce que ça joue, bon sang de bois » ?

La réponse est simple : si le jury ne fait en théorie pas de différences d’appréciation entre les trois épreuves, c’est dans l’entretien individuel qu’il appréciera réellement l’intérêt que présente votre profil et vos capacités à exercer le métier de magistrat(e). C’est aussi la partie la plus longue de l’épreuve, où il décortiquera avec vous votre fiche individuelle pour tenter de « mieux vous connaître ». Bref, c’est la partie la plus importante du grand oral.

Ces mots provoquent quelques guilis dans le ventre ? Il ne faut pas. Oui, c’est en effet lors de l’entretien individuel que le jury formera son opinion sur vous et déterminera en grande partie la note qu’il vous accordera, mais c’est aussi une phase où vous avez désormais la maîtrise de l’épreuve, grâce à votre fiche individuelle cuisinée aux petits oignons. Fini de « prendre des coups » en essuyant des questions sur votre sujet de culture gé : désormais, c’est à vous de vous transformer en Mike Tyson et de distribuer les marrons en valorisant votre parcours et vos motivations ! (au sens figuré…)

D’où l’importance d’avoir rédigé une belle fiche début septembre, et de l’apprendre jusqu’à pouvoir la débiter à l’envers, en espagnol, et chantée sur un air de Charles Trenet ! Petit rappel néanmoins : vous n’aurez jamais la réponse « toute crue », et vous devrez sans doute tâtonner et l’élaborer à l’oral. Pas de panique : ne perdons pas plus de temps et entrons dans le vif de l’entretien…

brucelee

L’admissible avant/pendant l’entretien individuel.


Dans la tête des examinateurs

1 – Faisons connaissance

Derrière cet entretien individuel se cache une idée cardinale : « percer la coquille » de celui ou celle qui brigue les fonctions de magistrat, en apprendre davantage sur ses motivations et cerner quelques éléments saillants de sa personnalité. N’ayez crainte : pas de chandelles, de verrines fraise-gingembre et d’album de Barry White en fond sonore.

Ce que le jury attend tout d’abord du/de la candidat(e) parfait(e), c’est qu’il/elle accepte de se prêter au jeu. L’objectif est de recruter un(e) futur(e) collègue, pas de valider un acquis de connaissances comme au bac ou à la fac : on se rapproche un peu de la logique de l’entretien d’embauche dans une petite entreprise. La question qui trotte dans le cerveau des membres du jury, et notamment des magistrats, c’est : « Aurais-je envie de m’asseoir à côté de cette personne à la cantine du tribunal et de parler de la dernière réforme, ou du téléfilm d’hier sur C8 ? »

Pour avoir assisté à pas mal de grands zorros, on constate que certain(e)s sont beaucoup trop sur la défensive et semblent battre en retraite – sans doute par l’effet bien compréhensible du stress. Mais en sortant de l’oral, tant le public que le jury se dit qu’il ne connaît pas mieux cette personne après les quarante minutes d’entretien, en tout cas pas au point de lui faire assez confiance pour lui laisser les clés d’un bureau au TGI. Que vous soyez de nature timide ou au contraire plutôt expansive, il va falloir parvenir à vous jeter à l’eau et vous montrer conquérant(e) ! Et nous verrons comment dans la partie suivante.

Cet entretien doit permettre au jury de mesurer les apports du parcours (universitaire ou professionnel) du candidat, de connaître l’idée qu’il se fait des fonctions qui l’attendent, de l’institution elle-même, des qualités que doit avoir un magistrat, et d’apprécier le sérieux de sa motivation.

Rapport du jury d’entrée à l’ENM 2015

2 – Une certaine connaissance des fonctions et de l’institution

Ça peut sembler logique d’exiger cela d’un(e) admissible, et ça ne posera le plus souvent aucun problème, notamment si vous avez fait des stages en juridiction ou a fortiori été assistant(e) de justice. Je le précise parce que j’ai parfois vu certain(e)s candidat(e)s avoir une connaissance un brin vague du fonctionnement d’une juridiction et du rôle de chacun(e). Bien entendu, il ne s’agit pas de se mettre à réviser à la bougie les attributions du greffier en chef, mais au moins de connaître dans les grandes lignes le type de contentieux traité par chaque juge.

Si on vous demande : « Quelles sont les compétences d’un juge aux affaires familiales ? », il faudra être capable de répondre au moins sommairement, dans la mesure où cela reste bien sûr théorique tant que l’on n’a pas exercé les fonctions soi-même. Souvent, comme on le verra plus tard, le jury pose des questions reliées à votre parcours personnel, et pas sur des choses qui n’ont rien à voir : attendez-vous à de petites questions « d’élargissement » autour de vos stages…

3 – Dénicher les qualités que doit avoir un magistrat

Le jury dispose d’une liste un peu gnan-gnan, que l’on retrouve sur le site de l’école, et qui liste les principales compétences et « savoirs-être » attendus d’un(e) auditeur/trice de justice. Avec la suppression des tests psychologiques d’entrée, le grand oral joue également le rôle de filtre à café pour les quelques grains non moulus qui auraient eu la malice de vouloir finir dans la tasse.

Ces qualités et ces compétences, vous les avez ou vous ne les avez pas : difficile de les « travailler » et de les développer avec volontarisme en vue de l’oral. Le mieux que vous pouvez faire, c’est de parvenir à laisser croire au jury que vous appartenez presque déjà au corps, que vous vous comportez déjà comme un(e) magistrat(e) et qu’il serait par conséquent insensé de faire obstacle à votre entrée à l’école.

Petite remarque en passant : c’est le jury qui déduira de votre échange si vous avez les qualités requises ou non (c’est oui dans 99 % des cas, hein). Il ne s’agit pas de reproduire la logique d’un entretien d’embauche pour un cabinet de conseil et de se vendre comme une laitue vers treize heures à Rungis. Cela peut vous paraître idiot, mais j’ai un jour vu un candidat se lancer dans un vibrant « J’ai l’esprit d’équipe, je suis dynamique et entreprenant… ». J’ai tremblé sur ma chaise en craignant que soient prononcés les mots disruption, win-win et team building.

C’est sur ce point que les candidats gagneraient à ne pas reproduire des discours convenus sur le rôle du juge et les attraits des fonctions, qui se retrouvent dans un très grand nombre de fiches et dont la répétition trahit le manque de spontanéité et l’artifice.

Rapport du jury d’entrée à l’ENM 2015

4 – La chasse aux bêtes à concours

L’ENM, et la magistrature en général, voit d’un assez mauvais œil les chasseurs de concours, qui vont enchaîner comme un triathlon ENM, ENA, IRA, directeur d’hôpital, attaché territorial et directeur de piscine municipale. S’il est compréhensible que l’on cherche à évaluer le sérieux de la motivation des candidat(e)s, je trouve que l’idée selon laquelle un(e) futur(e) magistrat(e) doit nécessairement être habité(e) d’une vocation semi-divine est malheureusement encore trop prégnante.

Or, même si notre métier est sans doute le plus beau du monde, il reste selon moi un concours administratif « comme un autre », et il n’y a absolument aucune honte à diversifier un peu ses débouchés. Passer en même temps d’autres concours que l’ENM ne signifie pas que vous serez un(e) candidat(e) moins motivé(e) et déterminé(e), ni un moins bon professionnel que celles et ceux qui voulaient devenir magistrats depuis le CE1. Accessoirement, cette hésitation peut être totalement sincère, ce qui est bien normal après de belles études où les possibilités s’offrant à vous sont multiples et toutes alléchantes.

Si selon moi le fait de passer d’autres concours administratifs la même année ne devrait même pas faire l’objet d’une remarque, tant il est normal qu’un(e) étudiant(e) ne souhaite pas mettre tous ses œufs dans le même panier, se poser volontairement en jeune Rastignac venu conquérir la fonction publique pourra vous attirer des ennuis. Si vous avez ce profil de croqueur/se de concours (un grand bonjour fraternel aux sciencepistes), il va falloir ruser un peu.

Si le jury venait à vous faire une remarque là-dessus, ne tombez pas dans l’excès inverse en tentant de faire croire à une vocation née à l’école maternelle, en tranchant les conflits opposant vos camarades pour des cartes Pokémon. Préparez à l’avance des justifications pour attester du sérieux et de la cohérence de votre projet, en démontrant que votre désir de devenir magistrat(e) est un processus construit et abouti. Tout parcours antérieur, quel qu’il soit, est non seulement justifiable, mais surtout valorisable à votre profit !

Triathlon: ITU World Championship Series San Diego

– « Youpi, les inscriptions viennent d’ouvrir pour le concours d’inspecteur URSSAF ! »


 

Comment tout casser ?

Je ne dispose malheureusement pas de méthode « clés-en-mains » pour embuer les yeux du jury de larmes de bonheur : chaque grand oral, et a fortiori chaque entretien individuel, est totalement différent – et il y a mille manières de le réussir. Les maigres conseils que je peux vous donner sur cette question, je les ai déjà glissés ça et là dans d’autres articles, mais ça ne peut pas faire de mal de se les rappeler !

Les questions sur votre parcours

Je me répète là aussi, mais s’il n’y avait qu’une chose à faire en vue de l’entretien individuel, et même du grand o’, c’est de maîtriser sa fiche individuelle comme Jimi Hendrix maîtrise sa guitare enflammée.

Tout élément mentionné dans votre fiche individuelle peut être potentiellement « activé » par le jury au moyen d’une question. S’il appuie sur le bouton, la machine (vous) doit recracher « du tac au tac » un petit développement lié à cet élément. Je ne reviens pas sur ma métaphore du fusil à pompe développée ici : le jury a tendance à lire à haute voix votre fiche, mentionner un élément et vous laisser enchaîner. Si le président vous dit « Donc vous avez fait un master de droit privé… », la bonne réponse n’est pas « oui », ou pire un hochement de tête (je l’ai vu…), mais « oui, à l’université XYZ, avec spécialité sciences criminelles en M1 ; j’ai rédigé un mémoire sur… ».

Par ailleurs, tentez si possible d’ « équilibrer » un peu le profil que vous présentez (sans que cela ne vire à l’obsession permanente non plus). Si vous êtes un(e) pur(e) juriste, tentez d’élargir un brin en insistant sur les expériences autres que juridiques ou judiciaires ; si vous ne l’êtes pas et que vous sentez que votre profil « manque de droit », insistez en revanche sur ces éléments.

Petite remarque sur les années sabbatiques ou échanges à l’étranger, de plus en plus fréquents dans nos CV de jeunes Européen(ne)s né(e)s avec Erasmus et Easyjet. Les échanges seront à l’évidence très bien considérés par le jury, qui devrait logiquement vous interroger là-dessus. Les années sabbatiques peuvent également constituer un temps fort de votre entretien, à condition de bien les valoriser et de ne pas donner l’impression que vous avez vécu un spring break d’un an et demi à Prague . J’ai vu une candidate justifier à merveille deux années de working-holiday visa en Australie : envie d’aventure et de nature, volonté de perfectionner son anglais, apprentissage acharné du didgeridoo

Les questions sur vos centres d’intérêts et expériences

Durant l’entretien individuel, le jury va mêler quelques questions de culture générale aux questions sur votre parcours, le plus souvent en prenant appui sur des éléments de votre fiche. Exemple concret de la question en cascade : vous avez indiqué apprécier la sculpture, et notamment l’œuvre de Rodin ? Voici le « bloc de questions » qui pourrait vous être posé :

1 – « Vous avez indiqué apprécier la sculpture, et notamment Rodin. Pour quelles raisons ? »
Forçat(e) : blablabla, Rodin c’est le plus fort, blablabla… (je vous laisse le soin d’améliorer ma proposition).

2 – « Quelle peintre fut la maîtresse d’Auguste Rodin ? »
Forçat(e) : Camille Claudel, of course !

3 – « Quelle est votre œuvre préférée de Camille Claudel, et pourquoi ? »
Forçat(e) : une sculpture en bronze intitulée L’âge mur, qui fait écho à L’âge d’airain, l’un des premiers succès de Rodin…

4 – [élargissement final, avant de changer de sujet] : « Pensez-vous qu’il est souhaitable d’exercer le même métier que son conjoint, ou même de travailler ensemble ? ».

Tendance récente constatée avec le nouveau jury, les questions sur votre région de naissance, de résidence et/ou d’études. Sauf pour les Franciliens, renseignez-vous un poil sur votre région d’origine pour distribuer les tartes au maroilles, les fondues savoyardes, les munsters fermiers et les brillat-savarin. Idem si vous avez séjourné longuement à l’étranger, ou si vous avez des origines étrangères. Préparez-vous à expliquer les raisons de votre choix d’aller vivre au Canada, outre l’attrait évident pour le hockey sur glace, les pancakes au sirop d’érable et Natasha Saint-Pier. Derrière cette question en apparence assez badine, le jury veut que vous l’extrayiez quelques instants de la rue de Belfort et que vous l’emmeniez au bout de la terre, au pays des merveilles, il me semble que la misère serait moins pénible au soleil.

Dernière remarque avant d’achever cet article qui fait passer Belle du Seigneur pour un haïku, les assistants de justice disposent d’un immense atout dont il faudra absolument tirer parti. Les AJ ont côtoyé des magistrat(e)s et participé au fonctionnement d’une juridiction, même coincés dans un cagibi au fin fond du TGI. La question tombera dans 99 % des cas : quelles étaient vos tâches principales ? Qu’avez-vous appris ? Soyez prêt(e) à décrire un peu vos fonctions, à évoquer un dossier marquant…

Enfin, les candidats qui ont exercé des fonctions d’assistant de justice ou qui ont effectué des stages à l’étranger ou en juridiction en retirent un avantage certain, qu’ils doivent être en mesure de mettre en valeur à l’occasion de cet entretien.

Rapport du jury 2015


Ça y est, nous sommes arrivés au bout des trois parties du grand oral, et avec l’entretien individuel s’achève un long marathon débuté vers le mois d’octobre de l’année précédente. Intense moment de libération, on peut enfin planifier le voyage de nos rêves et laisser retomber la pression (et couler les pressions). Certes, l’attente des résultats n’est pas comparable à une après-midi passée dans un jacuzzi, mais pour une grande partie d’entre vous, forçat(e)s, la réussite sera au bout du tunnel.

J’espère que cette série d’articles vous aura été utile pour envisager le grand oral avec sérénité, et comprendre que cette dernière épreuve, comme toutes les autres, n’est qu’une question de préparation. Toute fiche individuelle est toujours valorisable et n’importe qui peut se tirer de là avec une note au minimum satisfaisante. Même si c’est toujours plus simple à dire qu’à faire, l’essentiel est d’entrer rue de Belfort avec l’esprit conquérant et la détermination à prouver que vous n’êtes plus un(e) étudiant(e), mais déjà un(e) magistrat(e) en devenir.

Bon courage à toutes et tous !

From ENM, with love


8 réflexions sur “Grand oral ENM – L’entretien individuel

  1. Bonjour, merci pour cet article. Pensez-vous que le fait de ne pas avoir été assistant de justice et d’avoir effectué un seul stage en juridiction peut être un désavantage par rapport aux étudiants ayant occupé ce poste ? Je vous remercie par avance

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    1. Bonjour Aurélie!

      Non, en aucun cas! Être assistant(e) de justice, c’est très bien, mais le jury est bien conscient du fait que tous les candidats ne peuvent pas l’avoir été, et il ne t’en tiendra absolument pas rigueur. Quant au stage, qui est devenu plus ou moins une norme, l’essentiel est d’en avoir fait au moins un, et c’est le cas pour toi! D’ailleurs, moi aussi je n’en avais fait qu’un seul, et de toute manière cet oral file à une vitesse telle que tu n’aurais pas pu aborder trois, quatre ou cinq stages… Bon courage à toi si tu passes l’oral prochainement, ou si tu prépares les écrits ! (bon courage tout court, en fait !)

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  2. Bonjour,
    Pensez-vous qu’avec un profil non-juriste (science po), le fait de n’avoir fait aucun stage en juridiction puisse être rédhibitoire ?
    Je vous remercie,
    Bonne journée

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    1. Bonsoir Renaud!

      Je vais publier très prochainement deux articles sur la question des stages, portant tant sur les intérêts d’en faire un que sur les moyens de les décrocher. Dans l’attente, je te réponds malgré tout que le fait que tu sois sciencepiste ne change pas fondamentalement la donne ; cela va uniquement de demander de bien « blinder » les questions relatives à la cohérence de ton parcours, plus que pour un juriste. Ce ne sera en aucun cas rédhibitoire, même si faire un stage en juridiction est plus ou moins devenu la norme. C’est plutôt pour ton information personnelle et ta découverte du métier que cela pourrait être intéressant, mais si tu ne peux ou veux pas faire un stage, c’en est ainsi et cela ne t’empêchera pas de réussir le concours. Bon courage à toi pour ta préparation!

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      1. Bonjour Marie! Elle fait peur à l’honnête candidat.e, cette note éliminatoire, mais c’est un peu comme le père Noël ou la Vierge Marie : pour qu’on continue à y croire, il faudrait la voir plus souvent. Blague à part, les rapports du jury des dernières années indiquent qu’elle n’est donnée généralement qu’une ou deux fois par an, voire pas. J’interprète les textes et les rapports du jury, mais j’imagine qu’une note éliminatoire se justifie lorsque le/la candidat.e pose un problème manifeste et évident, qui rend incompatible son profil avec la fonction. Qu’on s’entende bien : on obtient pas une note éliminatoire parce qu’on a fait un « mauvais oral », une mauvaise mise en situation ou qu’on a dit deux ou trois bêtises. Il faut que le jury, de manière plus ou moins unanime, se soit dit : « Bon, là c’est chaud… ». Pour aller au bout de ma pensée, ce sont notamment les comportements agressifs, l’insolence envers le jury, ou les propos provocateurs et/ou blessants (aussi étonnant que cela puisse paraître, ça arrive…). Bref, c’est un faux-problème : bonne préparation à toi!

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  3. Bonjour,

    J’ai une question par rapport au public présent dans la salle, combien y a t-il de personnes présentes et est ce que c’est encore plus intimidant ?

    Merci d’avance.

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    1. Bonjour Aboubacar!

      Il y a très exactement dix chaises dans la salle, pas forcément remplies d’ailleurs (notamment le matin en pleine semaine…). Très franchement, on est tellement concentré qu’on a oublié le public à peu près trois secondes après être entré! Bonne préparation à toi !

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