Culture générale ENM – Les dix choses à ne pas faire dans une copie

Salut à tous / toutes !

Devenu(e) auditeur/trice de justice, j’ai eu l’immense honneur, que dis-je, l’incroyable privilège de corriger des copies de culture générale. Le réflexe que j’ai eu après avoir lu la prose tremblante des sémillant(e)s candidat(e)s au concours suprême a été de dépenser les euros gagnés dans des fringues vous faire partager mon expérience de correcteur, car oui, je suis entré(e) pour de vrai dans la peau du correcteur.

L’expérience est passionnante car je me revois assis(e) sur mon banc en amphi, la boule au ventre, en train d’essayer de raconter des choses intelligentes sur, au choix, la solidarité, la famille ou le ping-pong dans la société contemporaine. Elle me permet surtout de vous délivrer de petits conseils supplémentaires pour la rédaction de copies de culture gé : corriger soi-même fait sauter aux yeux certains défauts qui pouvaient probablement plomber un peu mes propres copies.

Tout ne se joue pas dans les détails, bien entendu, mais si le/la candidat(e) finit par réunir trop de ces petits défauts dans ses doubles-feuilles du samedi matin, le correcteur va inconsciemment ou non être porté à avoir le stylo rouge qui frétille. Certains sont plus ou moins agaçants à la lecture, mais tous ont pour effet de vous classer parmi le/la candidat(e) sympathique mais moyen(ne), et de vous empêcher de sortir de la masse des participant(e)s.

Les dix principaux défauts que les correcteurs retrouvent sans arrêt dans les copies de culture gé sont souvent très simples à éviter. Cela ne demande pas de remettre en cause toute sa méthode, de prendre rendez-vous avec son prof de prépa pour pleurer sur son épaule délicatement parfumée ou suivre des cours avec Acadomia. Cela demande juste de prêter attention à ces différents points pour que votre style de rédaction les élimine petit à petit, et que vous pondiez des chefs-d’œuvre sans même vous en apercevoir.

Ces réflexes à intégrer, ces formules à bannir et ces écueils à éviter, les voici en exclusivité ! Vous ne parviendrez sans doute pas à tout mettre en pratique la première fois, mais à court terme, en faisant l’effort, c’est au minimum deux points de gagnés.

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Le ping-pong dans la société contemporaine :
I – Une pratique au coeur du projet républicain, mais génératrice de tensions
A – Les enfants adorent le ping-pong
B – La tendinite au poignet, un risque méconnu

II – Repenser la place du ping-pong dans le contrat social
A – La république s’est fait smasher dessus
B – Le ping-pong, réponse à la crise financière et à la crise des migrants


1 – Les soucis de forme mineurs

Je me répète : les correcteurs du concours vous corrigent en plus de leur temps de travail en juridiction et sont (plutôt) plus âgés que nous. Ils peuvent très rapidement « tiquer » sur des maladresses d’expression et des formulations étranges. Autant mettre toutes les chances de votre côté en tentant d’en éliminer le plus possible dès le stade de la rédaction – sans virer non plus à la paranoïa et hésiter trois minutes sur chaque mot.

Je vous propose ici une sorte de « liste noire » des termes ou expressions qui surviennent très fréquemment dans les copies et qu’il faudrait bannir des copies (voire de la langue française tout court #grammarnazi) :

« impacter » et « solutionner » : ces verbes venus de l’anglais, bien que souvent employés même par les politiques et les médias, arrachent les yeux à l’écrit. Bannissez-les purement et simplement de toute copie (et de tout jugement lorsque vous serez magistrat/e !). De manière générale, ne réservez les anglicismes que dans les cas où c’est strictement nécessaire.
– le soulignage : on ne souligne que les noms d’ouvrages, pas ceux des auteurs ni des articles.
– l’emploi de la 1ère personne du pluriel, du genre « Ce que le sujet nous montre » : je sais que certaines prépas tolèrent l’usage de « nous » dans les copies, mais je sais aussi que certains correcteurs sont moyennement fans ; on ne sait jamais qui nous corrige.
– les questions directes ailleurs qu’en problématique : règle d’or, ne posez pas de questions avec un point d’interrogation ailleurs que dans la problématique.
– les questions rhétoriques : dans le même genre d’idée, évitez les fausses questions où l’on fait semblant de s’interroger (« Quid du rapport entre... »). Et évitez aussi « quid », tant qu’on y est.
les fautes dans les noms propres et titres d’ouvrage : on y reviendra plus loin.

Ces petits défauts de forme sont aussi agaçants pour le correcteur que très faciles à régler : un « nous » ou un « impacter » qui traînent ne vont pas vous entraîner automatiquement vers les profondeurs de la notation, mais c’est si simple de les éliminer, alors, pourquoi se priver ?

Veillez à ne pas les employer et vérifier éventuellement lors de votre relecture. Surtout, passez au radar votre problématique, car ce sont les phrases les plus « visibles » du devoir.

2 – « Creuse, Michel, creuse ! » : un ouvrage = cinq lignes

C’est un problème assez récurrent dans les copies : les exemples tirés d’ouvrages ne sont pas assez développés, voire uniquement mentionnés. C’est une règle inscrite dans le marbre depuis la Grèce antique : « Tout ouvrage mentionné doit voir au moins cinq lignes lui être consacrées ». C’est là que vous marquez des points, en faisant bien progresser votre démonstration grâce à un exemple exploité en profondeur, et en faisant s’évader le lecteur par une belle référence.

Quand le correcteur lit sous votre plume le nom d’un auteur ou d’un ouvrage intéressant, il se pourlèche les babines en espérant constater que vous allez en tirer le meilleur. Il va fondre en larmes si vous le gratifiez d’un : « l’homme est un animal politique, comme l’écrit Aristote dans La politique ». Parfois, le nom de l’auteur est tout simplement mis entre parenthèses derrière un maxi-résumé d’une de ses œuvres : « L’Union européenne est une forme de contrat social (J-J Rousseau) ». De même, l’emploi de « notamment » invite souvent au name-dropping : « comme le dit notamment Christine Bravo dans son magnifique ouvrage… ».

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Le correcteur de culture gé face aux exemples de deux lignes.

3 – Les conseils avisés

Dans beaucoup de copies, on trouve des formulations impératives, du genre : « Pour réinvestir le projet républicain, les citoyens français doivent… », ou encore « L’État doit absolument réinvestir ses missions premières de… ». Le correcteur risque de se dire : « Merci du tuyau amigo, je transmettrai l’info à l’État quand je le croiserai ».

Plus sérieusement, ce genre de formules donne un ton un peu docte, voire donneur de leçons. S’il faut bien sûr faire œuvre de « proposition » dans le II B) de votre copie, il faut le formuler plus subtilement. Par exemple par un « La solution à XYZ pourrait résider dans… ». Ce défaut n’est pas grave du tout – et c’est pour cela que je me suis permis de plaisanter un peu – mais c’est toujours ça de pris.

4 – Les jugements de valeur

Il est assez fréquent de retrouver des jugements de valeur dans les copies, portant tant sur le sujet (notamment s’il s’agit d’une citation) que sur les propres exemples du candidat.

J’ai parfois lu des phrases comme « L’opinion de Pierre Bourdieu à ce sujet est particulièrement éclairante / pertinente », ou inversement, notamment si le sujet est une citation : « Les propos de Jean-Paul Sartre s’avèrent infondés ». Nous ne sommes pas là, modestes forçat(e)s de la prépa, pour juger de la véracité ou de la qualité de propos d’auteurs illustres. Il faut en revanche les exploiter et en discuter : focalisez-vous sur le contenu, et sur ce que leur pensée peut apporter à votre démonstration, sans porter d’appréciation.

Plus gênants en revanche, les jugements laudatifs sur la démonstration du/de la candidat(e) lui/elle même. C’est assez rédhibitoire pour le coup, mais c’est aussi très rare. Il m’est arrivé(e) de lire : « Cet exemple illustre parfaitement l’idée selon laquelle... » ou « A travers cette démonstration, on voit clairement que… ». Si vous utilis(i)ez ce genre de formules, patientez : vous aurez tout le temps de voler la place du correcteur lorsque vous serez devenu(e) magistrat(e) !

5 – Le manque de sobriété et de simplicité

« Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement ». Cette phrase de Boileau résume parfaitement ce qu’on attend d’un(e) candidat(e) au concours d’entrée à l’ENM. Je tente une traduction actualisée : « Si c’est le bordel dans ta tête, ça va être le bordel sur ta copie ».

En effet, on lit parfois des phrases alambiquées, hyper complexes, peu voire pas compréhensibles, à côté desquelles le correcteur n’a malheureusement pas d’autre choix que de tracer un point d’interrogation au stylo rouge. Souvent, on perçoit que le/la candidat(e) s’est emmêlé(e) les pinceaux, qu’il/elle essaie d’exprimer une idée complexe mais qu’il/elle n’a pas exactement les mots pour le faire. C’est excusé, à condition que cela ne se reproduise pas trop.

Deux options : abandonner votre idée si vraiment vous ne parvenez pas à l’exprimer clairement ; segmenter au maximum votre expression en utilisant de courtes phrases et des termes simples. En gros, éviter à tout prix la phrase de sept lignes comprenant quatre subordonnées et trois points-virgules.

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Gilles Deleuze aurait-il eu le concours de l’ENM ? A l’écrit, ce n’est pas sûr, mais il aurait fait un malheur à l’oral avec ce col roulé en laine d’alpaga.

6 – La philosophie de terminale ES

C’est en lien avec le paragraphe précédent. Le/la candidat(e) qui a tenté de se confronter à la complexité du monde et qui a (un peu) échoué, ça passe. Quand le correcteur sent que c’est une volonté de faire du style et d’épater le lecteur en jouant à Gilles Deleuze, il sanctionne impitoyablement.

Sans vouloir offenser les (brillants) terminales ES de France et de Navarre, certaines copies présentent parfois le défaut de sombrer brutalement dans l’abstraction la plus totale. Plus aucun exemple, généralement plus aucun lien avec le sujet non plus, mais une analyse en profondeur de la notion du sujet, en s’arrêtant sur chaque terme, avec l’étymologie latine et l’avis de Descartes sur la question.

Si vous y tenez vraiment, ce genre de passages a sa place en intro, mais dans le développement, cela coupe l’élan de votre copie et c’est généralement incompréhensible. Comment remarquer qu’on joue à Schopenhauer ? Généralement, si après huit lignes vous voyez que vous n’avez mobilisé ni exemple ni référence, il faut vous interroger sur la pertinence du passage.

7 – Les exemples juridico-juridiques

Les correcteurs du concours rechignent souvent à corriger le droit pénal et le droit civil : après une bonne journée de travail, on n’a pas exactement envie de passer sa soirée avec « les preuves » ou « l’exécution du jugement ». Je l’ai déjà écrit ailleurs, le correcteur de culture gé est le plus chanceux de tous et il veut s’évader. Vendez-lui de l’american dream, des penseurs engagés, des œuvres émouvantes et des films mythiques !

« L’article 9 du Code civil définit le droit à la vie privée comme… » ou « Comme la loi de réforme de la prescription pénale en dispose dans son annexe n°B-56-771… », ça calme direct. Oui, si le sujet a une forte dimension juridique (cf. le terrorisme), vous pouvez mobiliser des (petits) exemples tirés du code civil, du code pénal ou de la jurisprudence de la CEDH. Mais en culture gé, par principe, c’est « tout sauf le droit ».

8 – L’oubli d’un pan du sujet

Parlons peu, parlons bien : l’oubli d’un pan du sujet, ou pire, le hors-sujet total est clairement la pire chose qui peut vous arriver dans une copie. On est souvent stressé(e) devant notre sujet en se demandant si on ne passe pas à côté du bol du sangria.

Pourtant, s’il est difficile de bien cerner les enjeux du sujet et d’être toujours en plein dedans, il n’est pas compliqué d’éviter le hors-sujet. Tout d’abord, forcez-vous à bien rappeler les termes du sujet au cours de votre rédaction et à les employer fréquemment, notamment dans les titres de sous-parties, pour rappeler aussi au correcteur que vous êtes dans les clous.

En rédigeant, demandez-vous également si vous n’avez pas retenu qu’un seul des termes du sujet, dans le cas où il y en a plusieurs. Parfois, on se concentre sur une seule notion, sans la confronter aux autres contenues dans le sujet. Cela donne lieu à des développements souvent intéressants mais qui sont un peu hors-sujet. Petit exemple : en imaginant un sujet « L’État-nation face à la crise », vous ne pouvez pas consacrer une sous-partie entière, voire davantage, à des développements sur le seul État-nation ou la seule crise. Il faudra sans cesse mettre les deux notions en rapport.

« Deux pierres posées par terre, c’est deux pierres posées par terre. Deux pierres que l’on frotte, ça fait des étincelles ». Proverbe créé par moi après deux caïpirinhas

9 – La sous-partie historico-descriptive : du présent dans tout le devoir

Très souvent, le I) A se prête à un rappel historique, un retour chronologique sur la notion du sujet. C’est alors qu’on voit débouler les cosaques et les destriers, les plaines de l’Anjou et les frimas de Pologne, la verve de Cicéron et d’Émile Zola, les traités de paix et les déclarations de guerre, les bons mots de Clovis et de Winston Churchill…

Certes, cela donne une idée de l’étendue de la culture historique du/de la candidat(e) ; c’est déjà ça. Mais dans la mesure où il s’agit d’une copie portant sur la société contemporaine, plus que d’une véritable copie de culture générale, il faut s’efforcer d’aborder notre époque actuelle dans tout le devoir, et ne pas juste guerroyer à cheval avec Philippe Le Bel ou délibérer à la boulè avec Périclès. Tant que possible, saupoudrez des « pépites de présent » dans votre I) A.

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Une après-midi sous le cagnard à Athènes, à essayer de légiférer pour des mecs qui ne pensent qu’à s’enduire d’huile d’olive et lancer des javelots ? Je passe mon tour.

10 – Trafic et recel d’exemples en bande organisée

Interpol a alerté les correcteurs de culture gé de la prolifération de gangs de trafiquants d’exemples : ils auront l’œil ouvert cette année encore. En utilisant un exemple, il faut veiller à l’exploiter le plus honnêtement et le plus fidèlement possible. Or, on lit trop souvent des exemples totalement détournés et dénaturés. Ni plus ni moins, c’est faire dire à un auteur ce que son œuvre ne dit pas.

Au mieux, cela passe pour une simplification involontaire ou une mécompréhension. Au pire, le correcteur l’interprète comme une volonté de l’embrouiller. Cela va jeter un doute sur tout le reste de vos exemples et la confiance que le correcteur leur portait. Exemple lu : « Tocqueville, dans De la démocratie en Amérique, estime que les droits de l’homme sont au fondement de l’État de droit ». Certes, ce n’est pas totalement faux, mais c’est faire une exploitation bien trop lisse de la pensée – bien plus fine – de l’auteur.

Par ailleurs, attention au trafic de noms propres. Le correcteur n’est pas dupe et sait bien que vous n’avez pas lu Léviathan ou Émile ou de l’éducation entre deux révisions de droit public, mais forcez-vous à orthographier correctement les noms des auteurs et des ouvrages cités, sinon c’est totalement grillé. Petit recueil des noms propres et des titres les plus fréquemment écorchés : Hannah Arendt, Vers la paix perpétuelle (Kant), Du contrat social (et non LE contrat social)…


J’espère ne pas vous avoir assommé(e) par ce grand déballage de défauts petits et grands retrouvés ça et là dans les copies de culture gé. Pour nombreux qu’ils soient, ils sont généralement très faciles à éliminer, pour peu qu’on y prête attention. En plus, je doute fortement que vous vous retrouviez dans tous les comportements rédactionnels mentionnés plus haut : vous faites probablement déjà « comme il faut » à 90 %.

Si vous suivez une prépa, essayez vraiment de mettre ces conseils en pratique dans vos devoirs : vous devriez progresser à vue d’œil. Bien entendu, impossible de bannir toutes ces pratiques du jour au lendemain, mais rien qu’en s’efforçant d’y parvenir, on épure son style et on améliore sensiblement ses copies. La perfection ne peut jamais être atteinte, mais le 14 en culture gé, oui.

From ENM, with love


10 réflexions sur “Culture générale ENM – Les dix choses à ne pas faire dans une copie

  1. Merci pour cet article. Quand je lis « en culture gé, par principe, c’est « tout sauf le droit » », cela m’interroge étant donné l’intitulé de l’épreuve: « Une composition portant (…) dans ses dimensions judiciaires, juridiques… » ?!

    Je me pose une autre question concernant le fait de mettre des exemples tirés de la culture scientifique: est-ce bienvenu si le sujet s’y prête? Il n’est pas mentionné explicitement la dimension scientifique mais peut-être que cela se cache dans le terme « culturelles » ?

    Aimé par 1 personne

    1. Bonjour Anne!

      J’ai utilisé cette formule de manière un peu provocante, pour faire passer mon message : oui, un peu de références juridico-judiciaires seront bienvenues en II) B), mais le correcteur attend fondamentalement autre chose que du droit en culture gé. J’ai insisté là-dessus car j’ai trop souvent lu des tartines de plusieurs paragraphes sur la CEDH, la DDHC ou la dernières jurisprudence du Conseil constitutionnel… Or, l’objectif de cette épreuve est justement de permettre d’évaluer la culture du candidat en dehors de son champ d’étude (le droit, en principe). Avec grande modération donc!

      Quant à la culture scientifique, elle sera non seulement bienvenue, mais fera tout simplement un malheur auprès du correcteur : les exemples tirés des sciences économiques et des sciences expérimentales, très rares, vont tirer les larmes de votre lecteur. Je ne l’avais pas mentionné explicitement, mais oui, tu fais bien de le demander – je vais le rajouter dans l’article.

      Merci encore à toi, bonne préparation!

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  2. Merci pour cet article. Quand on le lit, on comprend davantage les carences de raisonnement d’un certain nombre de magistrats.
    1) Vous n’appréciez pas beaucoup ceux qui évaluent la position d’un « auteur illustre », mais encouragez tout de même à les discuter pour déterminer ce qu’ils sont susceptibles d’apporter à la démonstration. Mais oui mais bien sûr! Il semble tout de même nécessaire de rappeler que « l’apport » d’un auteur est conditionné à la validité de son raisonnement. Or (étape du syllogisme), la validité dépend d’une évaluation. Evidemment, cette remarque ne vaut pas si l’on assume le fait de ne pas penser, mais seulement celui de faire « comme si » on était entrain de le faire.
    2) Vous avez un amour très particulier de la pétition de principe : l’emploi de la première personne du pluriel est proscrit, les questions indirectes aussi, et, parce qu’il semble que vous ayez certains positions esthétiques fortes, l’utilisation du terme latin « quid ». Je préfère ne pas m’attarder sur l’idée, forte elle aussi, qu’il faudrait 5 lignes au moins pour évoquer un auteur ( 1 ou 5, quelle différence?). Pour tout cela, apparemment, il est vain, pour eux comme pour vous, de se demander « pourquoi? ».
    3) »En culture gé, par principe, c’est tout sauf le droit ». Ce « par principe » est savoureux, vous n’en démordez donc pas avec la pétition susnommée. Et puis, au fond vous avez raison ; le droit organise la vie collective et détermine ses principes. Il est donc parfaitement logique d’évoquer d’autres champs qui ont le même objet (philosophie politique, sociologie, littérature etc.) en laissant le droit de côté.
    Je n’ai personnellement rien contre vous. Je suis en revanche particulièrement inquiet du niveau de construction intellectuelle des élèves-magistrats, dont la médiocrité s’entretient apparemment de façon circulaire, puisque, auditeur de justice, vous êtes déjà jugé apte à faire office de correcteur. Et j’espère sincèrement, en tant que citoyen, que vous ferez l’effort de vous former intellectuellement. Un conseil, commencez par un manuel élémentaire de logique formelle.
    Bien cordialement,

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    1. Bonjour Pareja,

      La publicité que m’a offert l’article du Monde, involontaire quoique bienvenue, a conduit quelques fins esprits comme vous jusqu’à mon modeste site. La vie serait fade sans un peu de trolling de bas étage. Je n’ai pas de temps à perdre à vous répondre sur le fond, et je ne reviens pas sur la teneur de votre propos, pour le moins confus (j’ai lu assez rapidement, je le concède).

      C’est un blog qui vise à diffuser des conseils de préparation au concours, essentiellement formels car la méthode y est prépondérante. Il ne révèle en rien le degré de formation, le niveau en droit ou le « niveau de construction intellectuelle » des jeunes magistrat(e)s. Cela vous choque peut-être, mais j’essaie en effet de donner des clés pour réussir un concours où la réflexion est secondaire : libre de chacun(e) de poursuivre son épanouissement intellectuel une fois à l’école ; un concours n’est pas là pour former des esprits libres et indépendants.

      Quant à mon statut de correctrice, une lecture un peu plus attentive vous aurait permis de comprendre en toute logique que je corrige pour des organismes de préparation au concours, et non, à l’évidence, les copies du concours d’entrée.

      Enfin, si c’est une mauvaise expérience avec la justice en général ou avec un(e) magistrat(e) en particulier qui ont conduit à l’expression de votre frustration, j’en suis désolé(e). Si c’est un échec antérieur au concours de l’ENM ou une inquiétude quant à votre niveau en droit, n’hésitez pas à parcourir les articles du blog.

      Cordialement,

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  3. Un grand merci de la part d’une future candidate au concours! J’ai découvert votre blog ce mois-ci seulement et je regrette deja de ne pas avoir pu consulter vos articles plus tôt. Je trouve que c’est plutôt sympathique de votre part de prendre le temps de l’entretenir malgré l’emploi du temps souvent charge des auditeurs et « forçats » de Prepa (dont je fais actuellement partie). Une question sur la notation en prepa, pensez-vous qu’il s’agisse d’un indicateur « fiable » des notes qui seront obtenues au concours ? Merci à vous et bonne soirée !

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    1. Bonjour Marlène et merci à toi! C’est vrai qu’il est difficile de trouver le temps, que ce soit à l’ENM ou maintenant en juridiction, pour alimenter le blog, mais j’essaie de faire de mon mieux!

      Ta question est simple, mais je te propose une belle réponse de normand(e) : pour ma part, c’était assez fiable, j’ai eu sensiblement les mêmes notes, hormis en civil et en public où j’ai eu des notes bien plus élevées au concours! Mais cela dépend sans doute de la prépa dans laquelle tu te trouves, de son niveau, et du fait que certains correcteurs peuvent noter assez sévèrement… Si tu es dans une prépa privée assez sélective, où les résultats sont bons d’année en année, il y a de fortes chances que tu aies de meilleures notes au concours car ta copie sera mélangée avec celles de candidats « a priori » (avec plein de guillemets) moins forts (avec plein de guillemets aussi). Dans tous les cas, mon conseil est le suivant : que tu aies eu des notes bonnes, moyennes et faibles, tes notes de prépa sont un indicateur, mais juste un indicateur : donne tout et n’en tiens pas compte, les bonnes surprises sont très fréquentes!

      Bon courage à toi pour le concours!

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  4. Bonjour From Enm,

    Face à un sujet qui oppose deux idées/notions, est-il possible de prendre une position claire en faveur de l’une ? D’un côté on nous demande de savoir prendre des décisions argumentées mais de l’autre prépas et IEJ conseillent de rester « dans le moule » en ne s’aventurant pas sur ce chemin.
    Par exemple, si un sujet de CMC porte sur : mariage : contrat ou institution ? Opter pour une position claire en faveur du contrat est-il redhibitoire, en ce sens qu’il n’y aurait pas d’idée d’équilibre entre les deux conceptions ?

    Merci pour tes conseils

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    1. Bonjour Elo! Je ne sais pas trop quoi penser de cette injonction nouvelle à proposer des réponses personnelles : à mon avis, il faut faire très attention avec cela et bien comprendre ce que le jury entend par là. Plutôt que de « prendre position » ou donner son avis sur des aspects du sujet, il faut proposer un propos qui ne soit pas purement descriptif, mais qui demeure très nuancé.

      Sur le sujet que tu proposes, il n’y aurait selon moi pas de problème à démontrer in fine que le mariage est plutôt l’un ou l’autre, dès lors que c’est soutenu par ton développement. Et de manière générale, rien n’est « rédhibitoire » en culture générale quant à la réponse proposée, du moment que tu livres un propos argumenté et intéressant : seuls le hors-sujet, les propos « limite » et les gros contresens peuvent entraîner une note très basse. Bon, par contre, il est impossible que le jury propose un sujet aussi juridique, et la tendance est plutôt aux grands sujets complètement mous et inintéressants du genre « Enjeux et perspectives de la solidarité/du vivre-ensemble/de la poterie… dans la société contemporaine ». Il me paraît très improbable que le jury place les candidat(e)s fasse à un tel choix à effectuer, mais sait-on jamais… Bonne culture gé à toi!

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