Avez-vous les qualités pour être magistrat(e) ?

Salut à tous/toutes !

Il est une question que toute personne qui a passé, ou a un jour pensé passer le concours de l’École nationale de la magistrature, s’est forcément posée dans sa vie. Pour ne rien vous cacher, on se la pose en permanence à l’école, en espérant être à la hauteur de la fonction. « Ai-je les qualités personnelles et intellectuelles pour devenir magistrat(e) ? ».

Être magistrat semble parfois relever du sacerdoce et requérir des qualités humaines et intellectuelles hors du commun. La fonction demande en effet un peu de « solidité psychologique » : on est confronté quotidiennement à la misère, à la détresse ; on travaille dans l’urgence et souvent dans le manque de moyens matériels ; et accessoirement on ramasse de tous les côtés (avocats, médias, opinion publique, représentants politiques…)

Quand on est étudiant(e) et qu’on voit les magistrats à l’œuvre, en assistant à des audiences ou en les côtoyant, on se dit parfois qu’ils font preuve d’une force morale supérieure, qu’ils sont capables de tout encaisser avec détachement, et que la robe agit comme un bouclier. On se sent tout(e) petit(e) en comparaison. Et c’est sans doute valable pour les jeunes avocats qui voient plaider les Badinter, Dupond-Moretti, Berton, Szpiner et autres.

J’ai longtemps hésité avant de passer le concours, et j’ai même renoncé une première fois avant de me relancer dans l’aventure quelques années plus tard. Pourquoi ? Parce que j’idéalisais la fonction de magistrat et que je pensais ne jamais pouvoir être à la hauteur.

Et cela est notamment dû au fait que la représentation que la société a des magistrats est très stéréotypée – quoiqu’assez flatteuse. Elle ne reflète pas du tout la diversité des fonctions et la large palette des compétences et des qualités qu’un magistrat doit et peut avoir.

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L’immense Renaud van Ruymbeke. Affaires des Frégates de Taiwan, Clearstream, Cahuzac, Kerviel, Karachi, Robert Boulin… Il incarne la figure du juge d’instruction intrépide, pugnace et indépendant : quel meilleur modèle pour un(e) jeune magistrat(e) ?

Quand on parle des magistrats, les gens – et moi le premier avant de passer le concours – pensent à des figures médiatiques et populaires, qui passent pour téméraires, intrépides et farouchement indépendantes. Vous voyez de quoi je veux parler : des juges d’instruction. Devenir magistrat, ce serait forcément devenir le nouveau ou la nouvelle Renaud van Ruymbeke, Eva Joly ou Pierre Michel.

Les procureurs ? Le grand public n’en connait que deux : Éric de Montgolfier et François Molins. Des juges au profil civiliste ? Alors là, si vous trouvez quelqu’un de non-juriste qui peut vous sortir les noms d’Alain Lacabarats ou Pierre Bailly, je vous offre un Code Dalloz édition plastifiée.

Bref, tout ça pour dire que la magistrature est composée d’êtres de chair et de sang, qui ont leurs problèmes dans la vie, font tomber leur clé de bagnole dans la boue en allant bosser, et qui ont leurs qualités et leurs défauts : inutile de les idéaliser au point de s’auto-inhiber. Surtout, la magistrature est riche de la diversité de ses profils : la profession vous accueille tel(le) que vous êtes (à moins d’être un meurtrier multirécidiviste) et vous n’avez en aucun cas à vous conformer à un « modèle de magistrat » pour prétendre exercer cette profession.

Passons en revue les principales inhibitions qui peuvent décourager de passer le concours de l’ENM !


Est-ce que je peux être magistrat(e) si…

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– … je suis timide :

Oui. Certes, être magistrat demande un certain sens du relationnel, et vous imposera de prendre parfois la parole en public. Mais il ne faut pas exagérer les qualités requises : comme je le disais en introduction, nul(le) n’est tenu(e) devenir Marc Trévidic ou François Molins et de faire des points-presse devant une forêt de micros tendus. Il y a tant de fonctions à exercer ! Un juge aux affaires familiales, un juge de l’exécution, un juge d’instruction ou un juge d’instance exercent essentiellement leur métier en cabinet.

Surtout, si vous êtes timide, vous aurez le loisir de travailler la question à l’ENM. De nombreux auditeurs ressortent métamorphosés après leur passage à l’école, où on enchaine les cours de mise en situation, et où on peut être amené à plaider durant les stages. L’habitude vient vite, et bientôt prendre la parole en public devant avocats, justiciables et collègues devient naturel. Le cocon s’est transformé en un flamboyant papillon (#métaphorepourrie).

J’ajoute que même des magistrats bien gradés comme il faut ont parfois une élocution étrange, un comportement de misanthrope et lisent avidement leurs notes à l’audience de peur de mal requérir. Ce qui compte avant tout, ce sont vos qualités personnelles, la pertinence de votre raisonnement et l’investissement que vous mettrez dans votre travail : un bon juriste sera préféré à un amoureux de la prouesse verbale, à la recherche du bon mot plutôt que de la rigueur factuelle et juridique.

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Portrait du justiciable ordinaire devant la chambre correctionnelle du TGI de Bourgoin-Jallieu.

– … je n’aime pas la violence, le sanguinolent / j’ai peur d’être choqué(e)

Re-oui. Inutile de mater douze Faites entrer l’accusé à la suite sur des cannibales et des pédophiles pour vous endurcir le cuir. Dédramatisons : c’est un métier (presque) normal ! Certes, vous serez peut-être confronté à la violence verbale de certains, à des récits et des photographies elles aussi empreintes de violence, et vous serez peut-être – au parquet notamment – amené à assister à des découvertes de corps et/ou des autopsies. Si vraiment, vraiment au plus haut point, vous êtes à deux doigts de défaillir à la vue du sang ou à l’évocation d’une scène de crime, alors là, oui, magistrat n’est peut-être pas le métier pour vous.

Mais si vous êtes juriste, j’imagine que vous vous êtes déjà probablement posé(e) la question auparavant – et je suis même prêt à parier que parmi les lecteurs et lectrices de cette page se trouvent des pénalistes assoiffés de sang et d’histoires glauques attirés par les enquêtes et la criminologie.

Et puis, comme je l’ai déjà écrit plus haut, quand on s’imagine un(e) magistrat(e), on pense tout de suite à un juge d’instruction ou un président de cour d’assises, mais il est injuste de réduire la diversité des fonctions de magistrat à ces deux seules ! La justice civile est l’éternelle oubliée et demeure très méconnue des citoyens. Certains magistrats ne seront jamais confrontés à des trucs sanguinolents ou particulièrement choquants ! Trancher un litige portant sur le montant d’une indemnité d’éviction dans un bail commercial, vous m’accorderez qu’on est loin de Saw et de Massacre à la tronçonneuse.

Il est totalement légitime de se poser la question, bien entendu. Les magistrats sont en effet confrontés à différentes formes de violence au quotidien. Mais même si vous êtes un peu sensible, cela ne doit pas brider vos ambitions. J’avais moi-même beaucoup d’appréhensions, n’étant pas juriste de formation et pas spécialement attiré par la criminologie, mais le « blindage » psychologique se construit très vite, dès les premiers stages.

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Après deux-trois ans de pratique de l’audience correctionnelle, on prend vite la confiance.

– … je manque de fermeté, d’autorité

Personne n’est né avec le charisme de Julia Roberts dans Erin Brockovich. L’autorité et la fermeté, c’est comme tout, ça se travaille et on la développe avec le temps, au fil des stages et après la première prise de poste. Durant mon stage d’immersion, j’ai constaté que les plus jeunes magistrats avaient tendance à en faire un peu trop à l’audience, sans doute pour asseoir une autorité qu’ils sentent encore un peu faiblarde. Le président de chambre, plus expérimenté, faisait quant à lui preuve de recul, de détachement et avait de ce fait une autorité beaucoup plus naturelle. « Tout vient à point à qui sait attendre » !

En plus, inutile de s’inquiéter : à la sortie de l’école, 80% des postes proposés sont des postes de substitut du procureur, de juge des enfants et de JAF. Vous serez accompagnés, suivis, et on ne vous fera pas requérir aux assises dans un procès pour crime contre l’humanité deux mois après la sortie d’école.

Et entre nous, quand on est assis sur son siège (ou debout pour le parquet) en situation réelle, même si on se fait un peu secouer, on accepte les règles du jeu et on se transcende ; personne jusqu’à présent n’a encore fondu en larmes en pleine audience après une remarque un peu « sportive » d’un avocat ou d’un prévenu.

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Permanence parquet, TGI de Bobigny, 2h30 du matin. A ceci près qu’ils n’ont pas encore reçu un ordi avec écran plat.

– … je n’arrive pas à travailler dans l’urgence

Vous lisez et rédigez lentement ; vous avez besoin de temps pour travailler de manière productive ; vous n’arrivez pas à prendre des décisions rapides ? Ça pourrait poser problème au parquet, notamment dans les grands tribunaux, où les substituts répondent à la chaine aux policiers et gendarmes et doivent rapidement décider de la suite (ou non) de l’enquête.

Les juges, quoiqu’on en dise, disposent de davantage de temps pour s’organiser. Ils sont plus libres de leurs horaires : une fois l’audience achevée, certains disparaissent aussitôt comme par magie avec les dossiers sous le bras et préparent leur délibéré bien au chaud, chez eux, avec du chocolat devant Netflix avec toute la documentation juridique nécessaire. Certains sont carrément absents du tribunal les trois-quarts du temps : ils calent leurs audiences le lundi-mardi, et filent dans leur maison de vacances pour le reste de la semaine – pour travailler dur, assurément.

– … j’ai peur de ne pas être assez indépendant(e) / de manquer d’objectivité

A ce sujet, je ne trouve pas de meilleure formule que celle employée par l’Association des jeunes magistrats : « L’indépendance est une construction permanente, une lutte de tous les instants contre ses préjugés ». Se laisser convaincre en toute objectivité, cela s’apprend : laissez l’école vous inculquer ce plus beau devoir du magistrat qu’est l’indépendance.

**********************************

Vous devinez la réponse à la question posée en introduction.

L’École nationale de la magistrature recherche un ensemble de talents, pas un profil stéréotypé ou un modèle abstrait du « magistrat parfait ». Il y a autant de styles de magistrats qu’il y a de magistrats, et :
• soit vous trouverez les fonctions adaptées à votre personnalité, vos compétences, et vos affinités intellectuelles (pénal, famille, enfants, instance…) ;
• soit vous vous découvrirez d’autres traits de caractère.

Bref, une fois de plus, si vous avez envie de passer le concours, lancez-vous et ne vous freinez pas vous-mêmes de peur ne pas correspondre à un modèle préconçu de magistrat !

A moins d’avoir commis des faits de cannibalisme, d’être un voleur compulsif ou de frauder le fisc depuis quinze ans, oui, vous avez les qualités requises pour devenir magistrat(e).

From ENM, with love


15 réflexions sur “Avez-vous les qualités pour être magistrat(e) ?

  1. Je suis ravie de découvrir votre site. Je n’ai pas eu encore le temps de tout parcourir cependant le peu déjà lu, est très intéressant. Je souhaite en effet passer le 3e concours, en passant bien évidemment par une prépa. Mais cette prépa je la prépare également!!!!
    Merci pour ce travail de partage.

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    1. Merci à toi Hafida!

      Bon courage à toi pour la suite de ta reconversion par le 3ème concours! Mais pas d’inquiétude ni de surmenage précoce : la prépa devrait te donner toutes les clés pour progresser rapidement, donc conserve quelques forces pour le début des festivités! 🙂

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  2. Coucou! Je suis en L2 Droit en présentiel et Philo (à distance ) et je veux devenir Magistrat depuis la terminale. Donc j’ai décidé de faire un double cursus droit philo pour ne pas être qu’un juriste,(étroitesse d’esprit non merci) parce que j’adore la philo et surtout pour cartonner à l’epreuve de culture générale (que je passerai dans 4 ans je l’espère, ahah projet de long terme comme tu peux le voir). Je te remercie pour ton blog, ça fait du bien de voir des auditeurs non coincés et qui osent donner leurs avis de façon anonyme, certes (ce que je comprends à 100% don’t worry) mais surtout le donner d’une façon accessible et non standardisée (genre trop académique), c’est rafraîchissant! J’avais une question : est-ce que c’est vrai qu’un juge des enfants n’est pas exclusivement JDE et en cela peut-il juger des adultes en parallèle de sa fonction « de base » puisqu’il est et demeure Magistrat? Comment devient-on Juge antiterroriste puisque ça ne fait pas parti des fonctions proposées ? Est ce une nomination spéciale ? Si tu réponds à tout ça à un jeune étudiant qui se pose 1000 questions sur la magistrature (qu’il désire follement embrasser) tu serais the best. Merci. Elyes.

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    1. Bonjour Elyes! Tu te prépares sacrément « en amont » dis donc! C’est beau d’avoir la vocation comme cela, ça devrait constituer une source de motivation et te permettre d’enquiller les heures de boulot que nécessitera la préparation au concours! Avoir choisi de continuer la philo en parallèle sera à l’évidence quelque chose de valorisé par le jury, et cela te servira sans doute pour la culture générale, mais également pour ta construction personnelle. Quant à mon blog, merci de tes compliments : c’est en effet l’objectif que de donner une vision « sans filtre » de la vie d’auditeur/trice de justice, plus concrète et sans la langue de bois et les huit couches de vernis habituelles!

      Je réponds à tes deux questions. Sur le juge des enfants, il s’agit d’une fonction dite « spécialisée » : son travail se divise en gros entre les dossiers d’assistance éducative, et la présidence des audiences pénales du Tribunal pour enfants et les jugements dits « en cabinet » (pour les affaires les moins « graves »). Mais il est avant tout un juge, et à ce titre, il sera amené à exercer la fonction d’assesseur en Cour d’assises et au Tribunal correctionnel, comme tous les autres juges d’ailleurs (JAF, juge d’instruction, etc.). Dans les petits tribunaux, le juge des enfants est même souvent appelé à remplacer un juge d’instruction manquant, un JAP ou présider des audiences. Pour résumer, au-delà des fonctions, tout juge peut être amené à présider ou être assesseur d’audiences correctionnelles.

      Quant à savoir comment on devient « juge anti-terroriste », c’est un mystère bien gardé! Cela concerne avant tout les juges d’instruction, qui, en raison de leur appétence pour le domaine et de leurs connaissances en la matière, vont être rattachés à un « pôle » antiterroriste. Il se trouve uniquement à Paris et comprend huit magistrats à ma connaissance. Mais ce n’est pas une fonction spécialisée : il est probable que les juges « antiterroristes » soient également chargés de dossiers ne relevant pas du terrorisme. Si c’est ton ambition, après le concours et la formation à l’ENM, deviens juge d’instruction et bataille dur pour obtenir l’un de ces huit postes!

      Bon courage à toi pour la suite de tes études, et au plaisir de te compter un jour parmi mes collègues!

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  3. Bonjour et merci pour ce site fort intéressant, le tout avec un peu d’humour, très agréable !

    J’ai une question à poser cependant si vous (tu?) avez le temps de répondre. En fait, c’est plus un conseil que je cherche.

    Après une licence d’histoire, je me suis réorienté en droit avec comme principale motivation l’ENM (j’ai d’autres projets en tête, mais l’ENM est ce qui me motive le plus à survivre au droit !). Je rentre en L3 cette année.

    Le problème, c’est qu’à la fin du master 2, j’aurai 28 ans, en juin. Bien sur je savais cela avant de venir en droit, mais plus les années avancent plus je me pose de questions.

    Avec une année de prépa qui semble être la norme, je vais passer le concours à l’âge vénérable de 29 ans. Imaginons que je le passe une deuxième fois, j’aurais 30 ans. Alors bien évidement, si j’ai le concours, devenir auditeur de justice à 30 ans ne me pose aucuns problèmes, loin de là, mais l’ENM étant très sélectif, la crainte de me retrouver à 29/30 ans sans rien est assez angoissante.

    Donc je me demande si c’est bien raisonnable, si viser des concours plus accessibles ou des master 2 avec des débouchés n’offrent pas des solutions plus sereines pour moi, même si ca m’excite un peu moins…

    Etant donné que tu es auditeur/trice) de justice, je pense que ton avis sur la question peut être intéressant !

    Merci d’avance en cas de réponse, et sinon merci pour tous les conseils que tu donnes 🙂

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    1. Bonjour Johan et merci à toi!

      Je vais tenter de répondre au mieux à cette angoisse tout à fait légitime qu’est la possibilité de ne pas réussir le concours proche de l’âge limite (pour le premier concours). Certes, le concours de l’ENM est assez sélectif, mais il demeure tout à fait accessible avec une préparation adaptée et une motivation de fer tout au long de ce marathon. Avec ton expérience d’historien et ta formation actuelle en droit, cumulées avec une prépa qui te donnera la méthode nécessaire pour produire de bonnes copies, il n’y a pas de raisons que tu ne parviennes pas à intégrer l’école. Dans ma promo, beaucoup d’admis(es) au premier concours ont 27, 28, 29 ans ou plus, et je n’étais moi-même pas une sortie de la fac quand j’ai intégré!

      C’est vrai que la perspective de se retrouver « sans rien », avec uniquement un master destiné à préparer les concours, peut effrayer, mais je suis persuadé que quelqu’un qui a suivi un master généraliste standard et s’est investi dans la préparation du concours de l’ENM n’aura pas de difficultés à se « reconvertir » par la suite, même hors des concours. Et j’ajoute que même si tu ne réussis pas à intégrer l’école par la voie des concours, l’histoire n’est pas terminée : il existe des procédures d’admission sur dossier auxquelles tu pourras prétendre… Tu l’auras compris, mon conseil est de te lancer si tu éprouves l’envie de devenir magistrat, et qui sait, tu pourrais d’ailleurs être admis dès ton premier passage… Bon courage à toi, en espérant ne pas avoir aggravé ton indécision!

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  4. Bonjour,

    Tout d’abord merci pour ce blog, je viens aussi de le découvrir et n’ai pas encore eu le temps de tout parcourir.
    Je suis actuellement en deuxième année à Sciences Po Bordeaux et j’aimerais beaucoup être juge des enfants. Mais voilà le problème c’est que pour le moment juge des enfants est le seul métier qui m’attire après l’ENM.
    Est-il raisonnable de vouloir préparer ce concours si seul juge des enfants m’intéresse?
    Ma deuxième question concerne la possibilité même de devenir juge des enfants, si jamais j’ai la chance d’intégrer l’ENM. Une fois cette école intégrée, est-il sure de pouvoir devenir juge des enfants ?

    Merci d’avance pour votre réponse 🙂

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    1. Bonjour Rault!

      Mmmm… Disons que si la perspective d’exercer d’autres fonctions que juge des enfants te donne de l’urticaire, ça pourrait être problématique. Tout d’abord, il faut savoir que durant ton stage juridictionnel et à l’école, tu devras passer par toutes les fonctions civiles et pénales. Dans de petites juridictions, les juges des enfants exercent parfois aussi d’autres fonctions en « dépannage », comme JAP ou juge d’instruction. Dans tous les cas, chaque juge doit prendre une ou plusieurs audiences correctionnelles (juge unique) par mois, quelle que soit sa fonction. Ce qui n’est pas forcément compliqué pour un(e) JE, qui préside régulièrement le tribunal pour enfants.

      Quant à la possibilité de le devenir en sortie d’école, oui, il est quasiment certain de pouvoir devenir juge des enfants, si tu n’es pas regardante sur la localisation et pas fermée à l’outre-mer. Cela varie selon les années, mais généralement une trentaine de postes sont proposés. Tout n’est ensuite qu’une affaire de classement… 🙂

      En somme, pour lier mes deux paragraphes, je disais que ce n’est pas déraisonnable de vouloir uniquement devenir juge des enfants, mais que si vraiment toute autre perspective te répulse, il faudra que ton rang de classement te permette d’accéder à un poste de JE en sortie d’école… Mais je suis persuadé(e) que ton opinion évoluera à l’école et en stage : nous avions tous des envies et des ambitions en entrant à l’école, et elles ont toutes varié vingt-cinq fois durant le stage juridictionnel. Bonne scolarité à toi et bon courage pour ta préparation future!

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  5. Bonjour!
    Je suis étudiante en 3ème année de droit en région parisienne (Paris X).
    Je souhaite, depuis mon entrée à la fac, devenir magistrat et donc préparer ce concours.
    Cependant je ne pense pas avoir ma licence avec mention… Je ne pense donc pas pouvoir intégrer des facs comme la Sorbonne ou Assas pour mon master. Est-ce que j’ai néanmoins mes chances au concours? Faut-il un parcours de 1er de la classe pour réussir ? (ne pas hésiter à me le dire si c’est le cas je suis prête à tout entendre)

    Merci d’avance!

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  6. Mathilde, pour répondre à ta question franchement, je connais bon nombre d’étudiants ayant réussi le concours en ayant passé pas mal de fois au rattrapage à la fac et donc avec un dossier moyen . Comme je connais des premier de classes avec un excellent dossier qui n’ont pas réussi le concours.
    Pour le concours, c’est comme au bac, on est tous à égalité. Le passé universitaire n’est pas prise en compte mais seulement la réussite ou non aux épreuves du concours.
    Voilà pour ma petite expérience

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    1. Bonjour Sophie et Mathilde!

      Je n’aurais pas pu répondre mieux que ne l’a fait Sophie : ton parcours universitaire n’a pas d’importance dans la préparation du concours, car les compteurs sont remis à zéro en prépa. Peu importe le master que tu feras, l’important est de trouver une bonne préparation et de s’investir à fond : dans la mesure où 80% se joue sur la méthode, on se moque bien de savoir qui avait 8 ou 14 en droit des biens en L2… Bonne préparation à toi (à vous ?) !

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  7. Bonsoir!

    Je poste mon deuxième commentaire de la soirée; ce blog est une pépite! Tu écris divinement bien, et j’apprécie beaucoup l’humour de tes articles.

    Je possède un défaut très handicapant pour être magistrat, ou même avocat/greffier: je suis hématophobe. Au risque de devenir blême comme un cadavre et de tomber dans les pommes, je ne peux voir du sang ou entendre des histoires sanglantes, ni en lire (je préfère prévenir), mais à une condition: ces visions / histoires doivent être particulièrement trash, gores, voire barbares. Je n’ai vu aucun film d’horreur, et je ne regarde pas non plus de séries policières ou dont le synopsis concerne le domaine médical. En effet, j’ai beaucoup de mal à voir les opérations des patients, les plans sur les organes… J’ai du quitter à plusieurs reprises la salle de mon cours de droit pénal spécial ce semestre, à l’évocation de faits de certaines jurisprudences sordides.
    Et mauvaise nouvelle: j’adore le droit pénal, qui est ma matière favorite (bien sûr, sinon ce ne serait pas drôle). Heureusement j’adore aussi le droit civil donc je pourrai être (et je serai) de toute façon, magistrat, mais je voudrais aussi pouvoir toucher au droit pénal dans cette carrière.

    En dépit de cette phobie, je pense tout de même pouvoir exercer dans le pénal et recouvrir un bon nombre d’affaires: les correctionnelles, les affaires de crimes / délits sexuels ne me posent pas de problème (tant qu’il n’y a pas une quantité astronomique de sang). En fait, la « blessure » de la victime, ou le crime ne doit pas être un pur carnage digne des pires films d’horreur… Dès qu’il y a une certaine arme qui sort des classiques (tronçonneuse, hache, ou que sais-je), ou certains organes plus sensibles visés (yeux, parties génitales) en jeu dans le litige, c’est fini pour moi.

    Je sais que je ne pourrai pas me permettre d’être si sélective, une fois magistrat, mais j’aime me rassurer en me disant que tout de même, je suis capable d’encaisser la plupart des affaires pénales. Ou bien penses-tu que je devrais vraiment abandonner le pénal ? As-tu déjà rencontré des personnes comme moi qui ont réussi à s’endurcir petit à petit ?

    Je sais que mon message est très explicite et pourrait en surprendre certains, mais il me parait intéressant d’avoir l’avis d’un(e) auditeur de justice sur la question.

    Merci par avance

    Agathe

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  8. Chère Madame ou cher Monsieur (et oui, vous êtes incognito) :-)) Permettez moi de vous féliciter pour ce blog qui est une « pépite » épinglée en première page de mon ordinateur, comment vous contacter en privé j’aimerais vous poser 2/3 questions personnelles, dans l’attente… Bien à vous

    Aimé par 1 personne

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