L’ENM : un concours pour les juristes ? #2

Cet article est la suite d’un article plus général : L’ENM, un concours pour les juristes #1

Salut à tous / toutes !

Dans l’article précédent, j’ai tenté de vous convaincre que le concours de l’ENM était abordable même sans avoir jamais fait de droit, car l’essentiel est une question de méthode. En lisant l’article, vous vous êtes peut-être dit : « Boah, c’est valable pour les autres mais pas pour moi, mon parcours antérieur est beaucoup trop chelou ». Je relève le défi de vous prouver le contraire en distinguant les cas selon le type de formation antérieure effectuée.

En somme, je vous liste les points faibles et (surtout) les points forts qui devraient être les vôtres lors de la préparation en fonction de votre parcours. Bien sûr, je me base sur un profil-type bien caricatural comme il faut, avec un bon saupoudrage de clichés. En fonction de vos goûts personnels, de votre éducation et de votre culture, vous ne correspondrez pas forcément au profil. Certaines formations me semblent plus appropriées que d’autres pour envisager de passer l’ENM, et c’est pourquoi je vous propose même un petit classement maison.

J’ajoute un point important avant de commencer : certains se disent parfois qu’il faut s’inscrire à la fac de droit en même temps qu’une autre formation, voire refaire un cursus intégral. Ne perdez surtout pas votre temps ! Entendons-nous bien : la fac de droit, ce n’est pas du temps perdu en soi, mais si vous avez déjà effectué trois, quatre, cinq années d’études ou plus, ne vous embêtez pas à redémarrer une nouvelle scolarité. Vous aurez assez de temps durant l’année de préparation pour rattraper les connaissances nécessaires, et, dans le cas (improbable !) où vous échouez au concours, vous pourrez le repasser avec l’expérience d’un premier passage. Cela vaut mieux qu’accumuler des diplômes dont vous n’aurez pas besoin. De plus, la formation en fac de droit n’est pas vraiment conçue en vue de la préparation du concours.


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Karl Lagerfeld à Sciences Po en 2015 pour un passionnant cours de droit pénal de la mode intitulé « Cravates à rayures : motif de mise sous tutelle ou nécessité d’une sanction pénale ? »

1 – L’ENM après… Sciences Po / IEP

Forme/méthode : sur le plan de la méthode, vous devriez déjà être familier avec la fameuse dissertation en « deux parties-deux sous-parties », aussi célèbre que Julien Lepers dans les maisons de retraite. [Sachez au passage qu’une dissertation juridique ou de culture générale type ENM, c’est toujours deux parties-deux sous-parties : malheur à l’originalité.] Vous êtes aussi habitué à écrire beaucoup et à structurer votre pensée, d’autant plus si vous avez suivi un master du genre « Affaires publiques » conçu comme une « pré-préparation » aux concours administratifs. La forme et l’esprit du concours de l’ENM ne devraient pas vous paraître étrangers, puisqu’il s’agit justement d’un concours hybride, mi-juridique mi-administratif.

A l’oral, quand vous y parviendrez, vous aurez une longueur d’avance sur les autres concurrents souvent morts de trouille rétifs à l’idée de s’exprimer devant un jury. Vous, on peut vous cuisiner façon juge Burgaud devant la commission parlementaire, vous retombez toujours sur vos pattes tel un petit chat. Expression claire et variée, filouterie, capacité à manier avec maestria le fameux « bullshit Sciences Po », le discours en public ne vous fait pas peur. Pour ceux qui se sont frottés aux concours d’éloquence et autres associations de débats, c’est un plus très appréciable.

Connaissances : vous disposez normalement d’une vaste culture générale acquise lors de passionnants exposés et conférences subis suivis avec attention durant cinq ans. Histoire contemporaine, économie, actualité politique et géopolitique, rien n’a de secret pour vous et vous pourriez animer une émission de France Culture du jour au lendemain. Une culture superficielle ? Boarf, c’est possible (« Sciences Pipeau ») mais ça suffira amplement pour le concours : le jury n’attend pas en culture générale une maîtrise de l’histoire de la Mésopotamie ou de l’œuvre de jeunesse de Kant, mais juste des points de vue tranchés et argumentés sur la société actuelle. Vous êtes équipés.

Souvent, vous avez abordé de près ou de loin le droit public, ou au moins l’histoire des institutions. Ce sera très utile pour préparer les QRC : une grande partie du travail sera déjà fait (connaissance des institutions, de leur rôle, de la justice administrative, quelques grands arrêts même…) et vous gagnerez ainsi un temps précieux à ne pas tout découvrir (« dis, c’est quoi le Conseil d’État ? »).

Généralement, la scolarité à Sciences Po et en IEP rime avec année à l’étranger, ce qui signifie pour vous une bonne maitrise de la langue de Britney Spears. On appréciera à l’oral votre fluidité d’expression et votre vocabulaire (l’épreuve consistant à commenter un article de presse), et nul doute que le jury vous interrogera brièvement sur votre expérience au Royaume-Uni/Canada/États-Unis/Irlande (rayer la mention inutile). Pour ceux qui ont osé l’Italie, l’Allemagne, l’Espagne/Amérique latine ou un pays arabophone, c’est double bénéfice puisque vous pourrez demander un oral de langue facultative.

A améliorer / risques : l’étudiant-type Sciences Po court quelques risques lors de sa préparation du concours. En culture générale, attention à ne pas faire de copies trop « sciencespo-centrées ». J’entends par là les copies axées presque uniquement sur les sciences politiques, avec utilisation abusive du triptyque de la mort « Hobbes-Rousseau-Tocqueville », accompagné parfois du bonus Raymond Aron. Ce n’est pas une copie de philosophie politique : les exemples littéraires ou tirés de l’actualité ont autant de valeur, si ce n’est plus.

Vous devrez aussi (tenter de) saisir le raisonnement juridique, ce grand mystère de la vie à côté duquel le Da Vinci Code serait résolu en cinq minutes. Vous entendrez parler en prépa de « syllogisme », de « majeure », de « mineure » : pas de panique, ça finit par rentrer et ça vous sera utile pour progresser en cas pratique.

Enfin, gare à l’abus de « bullshit Sciences Po ». On est habitué(e)s à se pointer en DS sans bosser et maquiller la misère sous des « l’évolution de la situation géopolitique nous invite à blablabla… redéfinir notre rapport à blablabla », mais en droit c’est compliqué de cacher l’absence de connaissances et ça pourrait même énerver le jury. De manière générale, privilégiez un style sobre plutôt que du jargon sciencespiste qui fera ressembler votre copie à un épisode de « C dans l’air » sur France 5.

C’est selon moi le profil le plus approprié pour une « reconversion » en magistrat. La scolarité à Sciences Po et dans les IEP est généraliste, et vous fournit les bases de la méthode et les connaissances nécessaires pour réussir l’épreuve de culture gé et les QRC de public. Il ne vous restera qu’à acquérir les connaissances juridiques nécessaires et vous aurez toutes les chances d’obtenir des bonnes notes.

Certains IEP, comme Sciences Po, proposent un master d’enseignement juridique (par exemple « Carrières juridiques et judiciaires – CJJ ») : bien entendu, si vous êtes dans les trois premières années et que vous pensez éventuellement devenir magistrat, sautez dessus, ce sont d’excellentes (pré)préparations. Et vous pourrez toujours vous réorienter dans les autres professions juridiques en cas de désamour soudain pour la profession de magistrat (impossible !). J’ajoute qu’il n’est plus rare de voir de bons élèves de terminale qui veulent devenir magistrats préférer aller à Sciences Po/IEP et se rediriger ensuite vers le droit.


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Le bon vieux Jean-Paul Sartre. Il était votre meilleur ami en khâgne ou à la fac : il le restera dans vos copies de culture gé.

2 – L’ENM après… lettres/sciences humaines (prépa, université)

Forme/méthode : rappelons-le, le concours est corrigé par des magistrats en poste, en plus de leur temps de travail. Le tarif par copie n’est pas très élevé et peu d’instructions précises sont données aux correcteurs. Bref, vous l’aurez compris, c’est malheureux mais tout incite à une correction rapide, donc en partie basée sur la forme de vos copies. En théorie, vous disposez de bonnes capacités de rédaction et faites peu voire pas de fautes d’orthographe et de grammaire. Cela peut sembler anecdotique mais le jury rappelle chaque année son attachement à une bonne maîtrise de la langue. Lecteur averti, vous saurez varier votre expression et choisir le vocabulaire qui fait mouche. « Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement » (je vous laisse méditer).

Quant à la méthode, on apprend en prépa littéraire (hypokhâgne/khâgne) la dissertation en « trois parties/trois sous-parties ». Vous verrez qu’on a aucun mal à s’habituer à la dissertation type ENM : au contraire, on est dans nos petits chaussons avec nos jolies oppositions binaires gentiment déployées en deux parties. Finies les dissertes où on case Barthes comme un cheveu sur la soupe dans toutes les troisièmes parties (histoire vécue).

Connaissances : vous ne connaissez (encore) rien aux procédures civiles d’exécution et au droit pénal spécial, mais vous gérez Flaubert, vous êtes spécialiste de l’histoire de l’art du Haut Moyen-Âge byzantin ou des relations diplomatiques slovéno-maltaises ? Impeccable. Si vous devrez bien sûr acquérir les connaissances juridiques, vous pouvez déjà vous appuyer sur une solide culture générale, notamment dans les domaines historiques et littéraires. Gracq, Sartre, Rousseau, Houellebecq : faites feu de tout bois et réutilisez tout ce que vos anciennes études ont pu vous apporter. Les références historiques constituent généralement le socle d’une copie de culture générale, et les références littéraires viendront agrémenter le propos et – c’est quand même ça le but – doper votre note. Aux oraux, vous ferez merveille avec votre parcours atypique, qui attisera la curiosité du jury et dont il faudra savoir parler, et vous pourrez aussi réutiliser vos compétences en langue.

Si vous avez fait une prépa littéraire, c’est presque une insulte que de supposer que vous avez la capacité de travail nécessaire pour réussir le concours de l’ENM. Naturellement que vous l’avez, rois de la dissertation, machines à engloutir du manuel ! [Alerte cliché] Si vous étiez à la fac, la demande de travail sera sans doute plus inhabituelle, mais avec une ambition précise vient l’envie de se lever le matin et courir à la bibli (gardez vos forces pour la journée de boulot quand même).

A améliorer : le principal risque qu’encourent les « lettreux » est de vouloir un peu trop « bien écrire », « faire du style ». Les correcteurs sont des magistrats en principe cultivés mais en aucun cas des « intellos » : ils détestent les tournures verbeuses, l’emphase et la « crypto-littérature » dans les copies. Ils l’interpréteront comme une volonté de votre part de maquiller un manque de connaissance. Si ça pourrait à la rigueur être toléré par un correcteur – dans un bon jour – en culture générale, ce sera carrément rédhibitoire en droit. Les dissertations juridiques supposent un style sobre, précis, tranchant et efficace (on y reviendra) : allez droit au but, il y aura d’autres occasions de faire le Stendhal en herbe.

Pour les historiens, attention à la copie strictement chronologique en culture générale. La méthode est un peu artificielle, car souvent les deux parties suivent un enchainement chronologique, mais forcez-vous à « saupoudrer » des informations d’actualité dans tout le devoir : il s’agit d’une « composition sur la société contemporaine ». Attention aussi à l’overdose d’histoire. Les références historiques sont primordiales, mais point trop n’en faut : on passe vite pour un geek métalleux fan d’heroïc-fantasy avec des « Comme nous le montre l’exemple du roi franc Childebert 1er … » ou des litanies sur des empereurs romains dont même Stéphane Bern ignore l’existence.


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Kévin, 22 ans, diplômé d’HEC, abandonne les dollars pour la magistrature.

3 – L’ENM après… une école de commerce (prépa ECE/ECS)

Forme/méthode : là encore, vous devriez rapidement vous adapter à la dissertation juridique, puisque vous avez dû rendre des devoirs à peu près similaires en prépa. Sans chercher midi à quatorze heures, l’objectif est le même : pondre une copie précise, qui ne déborde pas forcément de connaissances mais qui va droit au but. Bref, la méthode à acquérir ne sera pas un obstacle pour vous. Je vous épargne la redite : après une prépa, quelle qu’elle soit, vous avez largement les capacités de travail pour réussir le concours.

Connaissances : en principe, vos domaines de connaissances principaux sont l’histoire/géographie, les sciences économiques et un chouïa de sciences humaines et sociales (un brin de sociologie, parfois une pincée de philo). Vous devriez avoir une culture générale convenable, même si elle vous semble un peu superficielle. Il s’agira de bases à partir desquelles approfondir le travail pour pouvoir exceller dans l’épreuve de culture générale.

Quant aux apports des cours en école de commerce, on ne va pas se mentir : les bitures quotidiennes à la Kronenbourg tiède et les soirées babyfoot sont difficiles à réemployer en tant que tel dans une copie. En revanche, votre profil devrait vous permettre de faire mouche lors des oraux. Vous devriez avoir un bon niveau d’anglais, ce qui est déjà ça de pris, ainsi que de bonnes capacités d’expression orale. Dans le meilleur des cas, vous vous débrouillez dans une seconde langue étrangère et pourrez gratter les fameux cinq points bonus. Cerise sur le gâteau pour ceux qui ont même pu aborder un peu le droit commercial ou le droit du travail au cours de leur scolarité.

A améliorer : dans les copies de prépa commerce, les correcteurs tolèrent parfois les généralisations à grands traits, les simplifications et les remarques teintées de subjectivité. Au concours de l’ENM, il faut à tout prix éviter les propos qui pourraient paraître superficiels, notamment dans les matières juridiques. Enfin, il sera attendu un niveau de langue et une précision du vocabulaire supérieure à celle autorisée dans les copies des concours d’écoles de commerce.


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Prochainement sur le blog, une interview de Doc Brown, scientifique fou de Retour vers le futur devenu juge de la mise en état au tribunal d’instance de Bourgoin-Jallieu.

4 – L’ENM après… les sciences exactes (maths, physique/chimie) / médecine / école d’ingénieur

Forme/méthode : beaucoup d’étudiants n’ayant pas réussi le concours de première année de médecine se tournent ensuite vers le droit, et excellent bien souvent dans la suite de leur parcours. [Bienvenue à Clichéland] Les « scientifiques » ont généralement un esprit logique et une bonne capacité à articuler les idées, ce qui sera très utile en dissertation. Rappelons au passage que le droit a longtemps été considéré comme une science comparable aux mathématiques. Après l’année-marathon passée en médecine, vous savez ce qu’est un concours compétitif et avez l’envie de vous dépasser.

Connaissances : là, à part vos connaissances personnelles (suivi de l’actualité, lectures personnelles, etc.), peu de chances que ayez croisé le droit en cours de physique/chimie, de maths ou de biologie. A part un peu de droit médical pour les anciens de médecine, les matières n’ont clairement rien à voir. On s’en fout : vous avez la tête bien faite et vous pouvez la remplir avec de la biologie moléculaire comme avec du droit de la famille. Et si vous parvenez à résoudre des équations au troisième degré, vous pouvez bien arriver à retenir ces foutus délais de recours devant la chambre de l’instruction.

A améliorer : fréquemment, depuis le lycée, vous avez peu écrit de longues copies et n’êtes pas habitué à engloutir de gros manuels avec plein de texte dedans. Si vous êtes un grand lecteur, ça ira sans problème, mais sinon, un petit temps d’adaptation pourra être nécessaire. Un effort pourra être utile pour pallier la perte de contact avec l’écriture, mais c’est comme le vélo, ça revient assez vite. Si Nathalie Kosciusko-Morizet, mathématicienne, a fini par réussir le concours de l’ENA, vous pouvez bien y parvenir aussi…

Voilà, c’est tout pour cet article déjà très long. Pour résumer : en fonction de votre profil, vous aurez diverses forces et faiblesses lors de la préparation du concours de l’ENM. Si les « sciencepistes » et les littéraires sont selon moi favorisés, tout le monde peut passer le concours et le réussir avec de la volonté.

J’ai sans doute oublié des types de parcours : n’hésitez pas à me signaler les manques dans les commentaires. N’hésitez pas non plus à m’écrire si vous avez une question concernant la comptabilité de votre parcours avec le concours de l’ENM : je tâcherai d’y répondre du mieux possible !

From ENM, with love


35 réflexions sur “L’ENM : un concours pour les juristes ? #2

  1. Un article très encourageant pour ceux qui se destinent – comme moi – au 2ème concours! Merci pour le temps que vous passez à communiquer ces informations.
    Je fais partie de la catégorie numéro 4, clairement la moins représentée. Selon vous ayant moins de chances que les autres catégories? Y a-t-il des auditeurs-trices de justice dans ce cas dans votre promo?

    Une amie qui suit un cursus en droit m’a indiqué que certains candidats, passant le 2ème concours et n’ayant pas validé de diplôme de droit, étaient particulièrement taclés par certains membres du jury qui ne seraient pas du tout ouverts à des profils hybrides. C’est arrivé à une de ses amies à qui le jury a clairement fait comprendre de manière véhémente qu’il ne comprenait pas son changement de carrière. Et pourtant elle avait argumenté. Elle a quand même eu le concours car elle a été très bonne sur les épreuves techniques.
    En conséquence, on m’a conseillé de valider des années de droit par correspondance (j’ai un travail à temps plein) en plus de mon travail personnel. Qu’en pensez-vous svp?

    Merci à vous pour vos conseils!

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    1. Bonjour Anne!
      Sur le premier point : c’est en effet la reconversion la moins courante, mais cela ne change pas grand chose à l’affaire! Dans la mesure où, comme dans tout concours, l’essentiel se joue sur la méthode, le principal est d’avoir une « tête bien faite » plutôt qu’une « tête bien pleine ». Je pense qu’avec une formation puis une carrière en sciences exactes, tu auras largement les capacités pour acquérir les connaissances juridiques attendues d’un(e) futur(e) magistrat(e). Le reste est une question de motivation! Quant à débusquer les scientifiques dans la promotion, je n’y suis pour l’instant pas parvenu(e), mais j’imagine qu’il y en a qui doivent se terrer quelque part… J’avais cru entendre qu’un(e) thésard(e) en physique avait intégré au titre de l’article 18-1, mais je n’en suis plus sûr(e)…

      Quant à ce jury rétif aux profils hybrides, cela me surprend parce que le but du 2ème concours est justement de recruter des magistrats à l’expérience juridique plus mince. Pour dire les choses telles qu’elles sont : 90% des gens recrutés au titre du 2ème concours sont des greffiers. Le fait de voir une fonctionnaire non-greffière (prof ?) les a peut-être surpris, mais c’est idiot de leur part si c’est le cas.

      Dans tous les cas, cela ne doit pas te décourager. Même si tu n’as pas fait de droit, montre un appétit pour les matières juridiques le jour de l’oral et tout devrait bien se passer. Les membres du jury seront probablement renouvelés en plus…

      Quant aux années de droit par correspondance, je pense franchement que tu y perdras ton temps et de l’argent : tu auras sans doute des difficultés à cumuler les cours avec ton travail, et tu auras le temps d’acquérir les connaissances juridiques durant l’année que tu consacras à la préparation. En plus, face à un jury réticent, je pense que ce n’est pas une formation par correspondance qui les convaincrait… Si tu veux commencer à préparer le terrain, tu peux bosser avec des manuels tranquillement, sur du temps libre : ça suffira amplement, en l’attente de la prépa!

      Bon courage à toi pour cette reconversion qui se prépare! Tu viendras grossir les rangs des non-juristes devenu(e)s magistrat(e)s, et représenteras fièrement les scientifiques au milieu des juristes!

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  2. Bonjour,
    Tout d’abord, je me dois de vous dire que je trouve votre blog très intéressant et que j’apprécie particulièrement votre touche d’ humour. On a trop tendance à penser que le magistrat est fade, trop sérieux.Bon, pour exercer de telles fonctions, il vaut mieux.
    Je m’invite sur votre article consacré au profil type du candidat à l’E.N.M parce que je me sens concernée par le sujet : je suis tout sauf une juriste.
    En effet, je suis enseignante en langue étrangère et je me suis découvert une passion tardive pour le monde de la justice. Je regrette de ne pas avoir fait d’études de droit plus tôt, quand j’étais « jeune » : mon rêve aurait été d’être magistrate mais je pense qu’avec une maîtrise en langue, cette reconversion est quelque peu difficile à envisager. Je me suis inscrite l’année dernière en qualité de candidate libre aux cours de droit pénal et de procédure pénale, et je dois avouer que j’ai rarement été aussi enthousiaste en cours magistral: cela tenait en partie à la personnalité du professeur mais aussi au sujet qui me captivait . Le professeur en question, un procureur adjoint, voulait à tout prix que je tente le deuxième concours de l’E.N.M. au lieu de celui de greffier des services judiciaires car, je le cite, « j’allais m’ennuyer » et que la justice avait besoin de magistrats aux profils variés. Il était même prêt à m’accueillir en stage pour que je découvre le métier. Je lui soutenais, et je soutiens encore, qu’étant une véritable ignare en droit, il est mission impossible de tenter ce concours réservé aux bêtes à concours extrêmement cultivés et qui ont le nez plongé dans leurs codes H.24.Comment moi, enseignante dans le secondaire, pourrais-je intéresser des magistrats à la recherche de leurs pairs ? A moins d’être particulièrement brillant…
    Je vois bien qu’il y a PARFOIS parmi les auditeurs de justice des gens n’ayant pas d’expérience juridique ni de master de droit, mais ces profils là restent tout de même rares , et ils doivent faire montre de bien de qualités exceptionnelles pour inciter les jurés à les recruter.
    J’aimerais bien tenter le 2 ème concours, mais est-ce que j’ai mes chances sans expérience juridique ? Je ne le pense pas. Le profil recherché est certes celui d’un futur magistrat ouvert sur le monde et cultivé, mais il n’en demeure pas moins qu’il doit être un fin juriste .
    J’en viens donc ( enfin) à ma question qui est : Connaissez-vous des enseignants du secondaire ou des auditeurs complètement étrangers aux métiers du droit qui seraient devenus par le plus grand des hasards magistrats ? J’ai besoin de motivation.^^

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    1. Bonjour Marie et merci pour tes compliments, qui m’encouragent à poursuivre la rédaction de nouveaux articles!

      Avant d’aborder le sujet principal de votre message, je tiens justement à préciser qu’un magistrat ne doit pas forcément être fade ou trop sérieux : la fonction appelle bien sûr une certaine dignité et du professionnalisme, mais si possible en évitant de laisser croire que les magistrat(e)s sont des gens ternes et sans personnalité. Elle sera au contraire très utile durant la carrière – c’est en tout cas la conception que j’essaie de défendre.

      Sur le fond, je me reconnais beaucoup dans ce que vous écrivez. J’étais moi aussi à mille lieues du droit durant mes études universitaires, et j’ai failli passer les concours de l’enseignement secondaire en histoire/géo. Je me suis moi-même auto-censuré(e) pendant des années en me disant que je n’étais pas juriste, que je ne correspondais pas au profil etc. Or, il n’y a pas de profil-type de l’auditeur de justice ou du magistrat : juste des gens qui peuvent et veulent apporter quelque chose à la magistrature. C’est tout le sens de mon blog : inviter les gens passionnés par la justice à oser tenter l’une des voies d’accès à la profession.

      Après avoir découvert le monde de la justice en assistant à des audiences, je m’y suis mis(e), ça m’a demandé des efforts et un travail acharné, mais j’y suis arrivé(e). Le fait d’être prof de langues, apiculteur ou docteur en physique nucléaire n’a aucune importance : seule compte ton envie de devenir magistrate et d’apporter ta pierre à l’édifice. Avoir été prof sera un grand atout pour toi et ne fera aucunement obstacle à ton admission, bien au contraire. Beaucoup d’enseignants ont été recrutés, par le 2ème concours, l’article 18-1, le concours complémentaire ou l’intégration directe. Et l’école valorise les recrutements au titre de l’expérience professionnelle antérieure. Je t’invite à lire le dernier ENM Info, en pdf sur le site de l’école, qui traite de la question.

      Quant à ton niveau en droit, je vais verser un peu dans la provoc, mais c’est secondaire : la question principale est ton envie d’apporter quelque chose à la magistrature et tes qualités personnelles. Bien sûr, il faudra acquérir un bon niveau en droit, mais ne te laisse pas freiner par ça. As-tu envie de devenir magistrate? Si oui, tu le deviendras, d’une manière ou d’une autre. Et puis les profils de magistrats sont très variés : certains sont de « forts juristes » et occupent des postes qui nécessitent d’importantes connaissances juridiques ; d’autres ont plus des fonctions de « terrain ».

      Je clos mon propos : tu as toutes tes chances d’intégrer la magistrature, si tu le souhaites et que tu es prête à travailler pour cela. Continue à te préparer, mais dans tous les cas ton niveau en droit ne sera pas un obstacle : la formation à l’école est très exigeante et te permettra de rattraper ce que tu dois rattraper. Bon courage à toi pour ta reconversion, et peut-être à bientôt en juridiction!

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  3. Bonjour,

    Je découvre avec joie ton blog… qui me fait du bien.
    Je fais partie des profils chelou également. Master sciences sociales, 4 ans d’expérience dans le domaine associatif caritatif, une grosse remise en question et me voici en L2 de droit (à distance). La magistrature m’a toujours intéressée, mais je ne l’ai pas assumé jusqu’ici (« le concours est très difficile », « le métier est très difficile », « suis-je vraiment faite pour ça », « mais pourquoi j’ai pas fait Sciences Po »…).
    Je voulais tenter le concours avec une prépa IEJ, mais elle n’accepte que des diplômés M1 de droit. Ce qui me laisse, vu mon âge, 1 tentative possible pour le 1er concours.
    Je m’interroge alors en te lisant: ne devrais-je pas démarrer une prépa sans attendre d’avoir mon M1 de droit?
    Est-il utile de terminer la licence de droit à distance pour le 1er concours ou autant se concentrer uniquement sur la préparation?
    Autant de questions qui vont me tarauder ces prochains jours, je le sens. Il s’agit aussi de trouver la prépa adéquate…
    Merci en tout cas pour tout ce que tu écris. Tes articles me permettent de confirmer mon envie de tenter le concours et d’exercer ce métier !

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    1. Bonjour Marie et merci à toi. Ton commentaire est exactement la raison pour laquelle je me suis lancé(e) dans la rédaction de ce blog : inviter toutes celles et ceux qui hésitent encore à passer le concours en raison de leur parcours, mais ont envie d’exercer le métier de magistrat(e), à tenter l’aventure.

      Ma réponse à ta question principale sera très claire : dans la mesure où tu es « menacée » par la limite d’âge et que tu as déjà un master en sciences sociales (parfait pour le concours, cela dit en passant), je t’invite à préparer le concours dès que possible avec une prépa. Des années supplémentaires à faire du droit des sûretés et des commentaires d’arrêt n’aura aucun intérêt pour toi. Les IEJ, avec leur politique de recrutement, se privent volontairement de bons profils comme le tien, et c’est tant mieux car tu n’as pas besoin d’eux non plus! Très franchement, inscris-toi dès août/septembre/octobre à la prépa privée de ton choix, suis les cours, avale tes polycopiés, fais les devoirs en temps surveillé, et avec ton expérience ça passera tout seul! Notamment grâce à la culture gé… Tu peux aussi continuer à lire mon blog, hein!

      Bon courage à toi et bonne continuation!

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  4. Bonjour,
    Je me permets de laisser de nouveau un commentaire car je souhaiterais savoir si tu as fait une prépa privée. Si oui, était-ce en parallèle d’un IEJ comme beaucoup semblent le faire? As-tu des recommandations/conseils? Merci à toi.

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    1. Bonjour Marie! Désolé(e) si j’avais omis de répondre à un précédent commentaire, j’essaie d’y répondre en temps réel mais il peut arriver que j’en oublie un ou deux…

      Je compte écrire prochainement un article là-dessus, car la question m’est souvent posée. Oui, j’ai suivi une prépa privée, comme 91,5% des admis au 1er concours de ma promotion. Soyons clair(e)s : c’est devenu quasiment obligatoire à l’heure actuelle, ou dans tous les cas ça maximise considérablement les chances d’intégrer. Pourquoi en est-on arrivé là ? Le mouvement est parallèle : d’un coté, ces prépas ont très bien compris les attendus du concours et proposent une méthodologie clés en main, avec matériaux de révisions adéquats, pour progresser très rapidement. De l’autre, les IEJ n’ont absolument pas pris le train en marche : profs complètement déconnectés de la réalité, cours hors programme, très peu de devoirs, aucune méthodologie… D’où des résultats catastrophiques (les plus médiocres n’ont pas vu d’admis depuis près de dix ans).

      Mon conseil est donc très simple : choisis la prépa privée qui semble te convenir le mieux quant au prix et au lieu (elles se valent à peu près toutes), et fuis les IEJ qui ne te serviront pas à grand chose, à part gonfler les stats des IEJ qui font semblant de ne pas savoir que les admis(es) ont suivi une prépa privée en parallèle dans 99% des cas… Bon courage à toi pour ta prépa(ration) !

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  5. Bonjour, je viens de valider la L2 de droit et j’aimerais l’année prochaine commencer une licence de philosophie à distance, parce que je suis passionnée par cette matière, et parce que j’envisage peut-être de passer dans le futur le concours de la magistrature. Je me demande si faire de la philo pourrait m’avantager pour le concours ou au contraire me désavantager.

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    1. Bonjour Amel!

      A l’évidence, toute matière suivie en plus du droit ne pourra être qu’un plus, du moment que tu arrives à bien poursuivre ton cursus principal en droit! La philosophie pourrait tout particulièrement être utile pour la suite, mais fais ta licence avant tout si la matière t’intéresse, pas forcément avec l’objectif de l’ENM en vue. Dans tous les cas, toutes les expériences sont valorisées, et cela ne saurait te porter préjudice, bien au contraire! Le jury du grand oral est très friand des profils qui diffèrent un peu du juriste classique…

      Bon courage à toi pour la suite de tes études, en droit et/ou en philosophie!

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  6. Hello !
    Merci pour tes précieux conseils 🙂
    Ton blog est une lueur d’espoir, et je pèse mes mots.
    Je suis à la recherche d’une prépa privée (à distance) et j’ai l’impression qu’elles ne courent pas les rues !
    De plus, il est rare de trouver des avis récents/argumentés sur les programmes existants.
    Tu auras sans doute deviné ma question : qu’elle prépa as-tu choisi pour bosser le concours ?
    Merci à toi et bonne continuation !

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    1. Bonjour Priscilla, et merci à toi pour tes chaleureux remerciements qui sont le moteur de ce blog (qu’il faut que je trouve le temps d’alimenter davantage) ! Si je peux par mes modestes articles montrer que le concours de l’ENM est très loin d’être inaccessible et qu’une préparation bien organisée permet à tout le monde d’y entrer, mon objectif est pleinement atteint!

      La question des prépas privées m’est très fréquemment posée. Je compte écrire prochainement un article sur l’utilité de suivre une prépa privée, mais je me refuse à écrire un article « comparatif » pour passer les prépas au banc d’essai : très franchement, à mon avis, elles se valent globalement toutes (les trois principales j’entends : ISP, Autre prépa/Sciences Po, et CFJ). Je risque de te décevoir là encore, mais je ne souhaite pas révéler la prépa que j’ai suivie car le site a eu quelques soucis à l’ENM, et que je tente de protéger ce qui me reste d’anonymat! Et je ne voudrais pas être accusé(e) de rouler pour l’un ou pour l’autre! Cela dit, en lisant entre les lignes, tu pourras peut-être deviner de laquelle il s’agit… (et ce fut un excellent choix !) 🙂

      Pour résumer, en espérant ne pas t’avoir déçue par mes réponses de normande, choisis la prépa à distance qui te convient le mieux au niveau du prix, et privilégie celle dont le mode de fonctionnement t’arrange le plus : peu importe la prépa, c’est toi qui travailleras d’arrache-pied et réussiras brillamment le concours! Bon courage à toi!

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  7. Bonjour !
    Merci pour votre blog qui est une réelle mine d’or pour ceux souhaitant préparer le concours de l’ENM 🙂
    J’ai terminé ma L3 de droit privé et je suis quelque peu perdue quant aux choix de mon Master. Comme d’autres ici, à cause de la limite d’âge, je devrai passer le premier concours de l’ENM en fin de master 2 (j’ai eu une carrière d’opticienne avant de reprendre mes études en droit il y a 3 ans). C’est pourquoi je cherche à optimiser les deux prochaines années. Je suis intéressée par le Master 1 (et 2 également) « carrières judiciaires » de l’UVSQ, ayant été admissible mais non admise au master CJJ de Sciences po. Pensez-vous qu’il est jouable de combiner ce M2 Carrières judiciaires avec une prépa privée type « Autre prépa » ou même la prépa ENM de Sciences po ? Serait-il judicieux de m’inscrire à un IEJ ? Auriez-vous des conseils (de tout ordre) pour mettre à profit ces deux ans de master et avoir plus de chances de réussir le concours en fin de master 2 ?

    Je m’y prends tôt mais mon choix de M1 est conditionné par ces décisions futures…

    Je continue d’éplucher tous vos articles très instructifs !

    Nesrine

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    1. Bonjour Nesrine et merci pour tes gentils compliments! Je suis ravie que tu aies pu trouver des renseignements utiles…

      Je vais tenter de synthétiser ma réponse à tes différentes questions. Dans la mesure où tu es embêtée par la limite d’âge qui se rapproche, le mieux est en effet de tenter le concours en fin de M2. Mais si tu as un M1 d’autre chose, obtenu dans le cadre de tes études antérieures, tu as le droit de t’inscrire au concours, et dans ce cas, je te conseille tout simplement de te consacrer pleinement à la préparation. Avec une prépa privée, notamment en présentiel, on reprend tout depuis la base : peu importe le master 1 ou 2, et peu importe même le fait d’être juriste (même si ça aide). Beaucoup passent désormais le concours sans avoir jamais fait de droit (Sciences Po, lettres, commerce…). Toi tu as déjà une licence en droit, donc tu as les bases, et la prépa te permettra de mettre en musique avec efficacité tes connaissances en te donnant une méthode en acier.

      Si tu n’as pas de master, en effet, inscris-toi dans le master de ton choix. Je ne connais pas ce master car je n’ai jamais été dans une fac de droit et que je ne connais pas son contenu, mais s’il est généraliste civil/pénal et pas mono-spécialité, il fera l’affaire! Mais prends avant tout le master le plus près de chez toi et qui t’arrange, inutile d’avoir à déménager pour trouver ZE master pour l’ENM : tout se passera durant la prépa.

      Combiner le M2 avec L’autre prépa à distance, ça peut se faire, oui, mais avec celle de Sciences Po, non, ce sera trop de boulot : il y a des semaines entières de cours 8h-21h qui t’empêcheront d’être aux deux endroits en même temps. Quant à s’inscrire en IEJ… Epargne-toi ça, sauf si une prépa privée t’apparaît trop chère : ils sont notoirement inadaptés dans leur grande majorité à la préparation du concours…

      En espérant ne pas avoir rajouté de confusion à la confusion, bon courage à toi pour ton orientation et ta préparation!

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      1. Bonjour et merci pour ta réponse !

        En effet je n’ai pas de Master du tout pour le moment. Celui que je compte faire me plaît car il regroupe les matières du concours, ce qui fait qu’il est assez généraliste (tronc commun avec ceux du parcours « carrières publiques ») et ça me correspond bien, les matières enseignées me plaisent.

        C’est vrai que la prépa Sciences Po m’intéresse, mais je sais qu’il faut s’y consacrer à fond, j’envisage de la tenter en cas d’échec en fin de Master 2 avec, si possible, un poste d’AJ. En effet je ne me fais pas trop d’illusions quant à ma réussite directe en fin de Master 2, mais c’est une session que je suis obligée de tenter, sans quoi je la perds définitivement. Je veux néanmoins en tirer un maximum d’enseignements en cas d’échec.

        Quant aux autres prépas privées (peu importe laquelle, ISP, l’autre prépa…), elles proposent plusieurs formules et du présentiel sur Paris. À ton humble avis, est-il plus judicieux, avec du recul, d’opter pour des sessions intensives 3/4 fois dans l’année, ou pour des cours du soirs et dimanche pour préparer le concours ? La deuxième me conviendra sûrement mieux d’un point de vue pratique si je combine ces prépas avec mon Master 2, mais je n’ai pas encore pu recueillir d’avis concret sur ces deux méthodes de préparation.

        Je te remercie encore pour ton travail et ta disponibilité, j’espère que tu continueras ce blog, il n’a pas d’égal et nous renseigne très bien !

        PS : des infos sur la réforme du concours qui aurait lieu en 2020 ?

        Nesrine

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      2. (Re)-bonjour Nesrine et désolé(e) de ce retard honteux!

        A vrai dire, je pense que c’est à peu près équivalent, les deux méthodes ont leurs avantages et leurs inconvénients. Si les cours du soir sont plus pratiques pour toi dans le but de combiner M2 et préparation, opte pour cette formule-là : de toute façon, les cours sont un complément utile sur le plan des connaissances et un moyen d’acquérir une méthode, mais l’essentiel du boulot consistera dans l’apprentissage que tu effectueras seule avec tes manuels!

        Quant à la réforme du concours qui a l’air dans les tuyaux, quelques éléments ont filtré des conseils d’administration via nos délégués, mais il est impossible d’en savoir plus pour l’instant, ni si cette réforme est vouée à aboutir… Ce qui semble plus ou moins sûr, c’est que de petits aménagements des épreuves sont prévus à la marge, mais là encore je ne dispose pas d’infos précises!

        Merci à toi et bon courage pour ton master et ta préparation à venir!

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  8. Bonjour! Je vais me rajouter à la liste des gens détaillant leur profil en espérant un conseil sur la voie à suivre… Merci de ce blog et des avis précieux que tu y donnes en tout cas 🙂
    Personnellement je sors d’un double diplôme en quatre ans entre Sciences Po Paris et une fac anglaise. J’ai donc déjà le niveau BAC+4 requis pour le concours, il me semble. Pour l’année prochaine, j’ai été prise pour un master en un an assez côté en Angleterre; j’ai également une place dans le diplôme CJJ à Sciences Po.
    Idéalement, j’aimerais faire les deux, cependant l’idée de devoir encore enchaîner trois années d’études avant de tenter le concours me refroidit un peu! Je considère donc actuellement l’idée de faire le fameux master en Criminologie puis une prépa en un an pour passer l’ENM (celle de Sciences Po, probablement).
    Est-il possible de préparer le concours ainsi en un an, même en ayant fait très peu de droit auparavant? Est-ce ce que tu as fait? Je n’arrive pas bien à m’imaginer à quel point cela serait difficile. Faut-il que je privilégie le passage en CJJ?

    J’espère que mes explications ne sont pas trop confuses! Je serais ravie si tu pouvais m’aiguiller – merci encore pour ton blog et bonne continuation.

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    1. Bonjour Lucie et merci à toi!

      D’abord, très clairement, dans tous les cas, tu feras un très bon choix. Faire de la criminologie en Angleterre, ce sera une expérience très intéressante, à l’étranger, tu reviendras bilingue, tu auras acquis des notions de common law, bref, le pain béni pour le grand oral. Le master CJJ, c’est la voie royale vers l’ENM : quasiment 100% de ceux qui enchainent avec la prépa ENM sont reçus, et il arrive que sur les quinze premiers, sept ou huit aient fait CJJ.

      Si je devais trancher (allez, je me lance, c’est mon métier après tout !), je choisirai la solution que tu envisages. En allant en Angleterre et en « zappant » la phase CJJ, certes, tu auras un peu moins de garanties d’avoir le concours la première année, mais tu seras largement prête en un an de prépa à Sciences Po. Je n’avais pas fait non plus de droit avant la prépa ENM, comme beaucoup de candidat(e)s désormais : tous les compteurs sont remis à zéro et il n’y a plus de juristes ou de non-juristes!

      Pour résumer mon propos, en espérant moi aussi ne pas avoir été trop confus(e) : faire les deux risque d’être long et redondant ; faire CJJ ne te sera pas forcément nécessaire pour avoir le concours, mais renforcerait tes chances ; donc suis ton cœur, file vers l’Angleterre, et reviens prête à tout casser l’année suivante en prépa ENM! Bon courage à toi!

      (et tant que j’y suis, n’hésite pas à lire mes deux articles L’ENM : un concours pour les juristes ?, qui traitent un peu du sujet !)

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  9. Bonjour, tout d’abord merci pour ce travail incroyable qui m’a rassure sur le fait de pouvoir devenir magistrat en étant non juriste, j’avais des doutes mais depuis quelques mois que je lis vos articles ma motivation s’est décuplée! Cependant j’ai une interrogation qui pourra peut être vous sembler bizarre mais pas grave je tente : je suis en l3 de fac d’anglais, ce qui fait que je passerai le concours dans trois ou quatre ans et je ne peux m’empêcher de penser que dans ce laps de temps les conditions d’inscription au concours peuvent changer : par exemple que les non juristes ne soient plus acceptés d’ici quelques années. Étant « dans le milieu » désormais avez vous parfois des échos comme quoi ce serait possible dans un avenir proche? Ne serait il pas judicieux de recommencer à zéro en face de droit pour être sûr de pouvoir passer le concours? Je sais que ma question peut paraître étrange mais en ce moment je n’arrête pas de penser à ça. Encore merci pour votre blog et bonne continuation!

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    1. Bonjour Clément et merci! Si mes articles ont pu te décider à te lancer dans l’aventure et à envisager de passer le concours, mon objectif est pleinement rempli : ce blog est né de ma volonté d’éviter l’auto-censure de beaucoup (dont moi au départ) qui ne s’estiment pas légitimes pour passer le concours.

      Quant à ta question, ma réponse sera franche : aucune inquiétude a avoir de ce côté-là. Certes, les sujets visaient cette année à combattre un peu le sciencepiste pur jus et les prépas privées, mais l’école ne cesse de vanter la diversité de son recrutement, même au stade du premier concours. Recommencer un cursus en droit à zéro serait une immense perte de temps : mets-toi au droit tranquillement en solo, avec des manuels pour découvrir la matière, essaie de suivre un cursus de master avec un contenu juridique, et donne tout en prépa dans quelques années – c’est là que tout se jouera! Ton parcours en licence d’anglais ne sera absolument pas préjudiciable, bien au contraire.

      Bonne continuation à toi, en te souhaitant de conserver la motivation nécessaire à la réussite du concours!

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  10. Bonjour fromenmwithlove,

    Merci à vous pour votre blog de grande qualité. Il est extrêmement rare de pouvoir avoir accès à un contenu de qualité comme le vôtre, où l’auteur n’a rien à vendre, mais prend juste plaisir à partager ses connaissances et son savoir-faire.
    L’altruisme me semble être une qualité rare de nos jours.

    Je n’ai encore pas lu l’intégralité de vos articles, mais je vais prendre le temps dans les semaines à venir de bien m’imprégner (et de me délecter) de tout le contenu de votre blog. Issu du milieu sanitaire et médico-social, je n’ai jamais osé me reconvertir dans le domaine du droit et encore moins vers la profession fascinante et prestigieuse de magistrat. Pourtant, à 40 ans, je me dis que c’est le moment ou jamais et votre blog est une formidable source de motivation pour les non-juristes. Après tout, pourquoi ne pas tenter ce concours. Même si l’aventure doit aboutir à un échec, l’idée est de prendre du plaisir à « découvrir » le droit, à se lancer un défi immense, et surtout ne pas regretter dans quelques années d’avoir laissé passé ma chance de pouvoir exercer un métier passion.

    J’ai cependant 2 questions à vous poser :
    – A 40 ans et sans aucune connaissance en droit, n’est-ce pas rédhibitoire au niveau du jury ?
    – Je comptais reprendre des études de droit à distance, mais à la lecture de vos réponses, il me semble plus judicieux de commencer à découvrir les différentes matières par l’intermédiaire d’ouvrages, puis de me lancer dans une prépa d’ici 1 ou 2 ans. Par contre, ce ne pourra être qu’une prépa à distance. Existe-t-il une prépa à distance de qualité selon vous ?

    Merci d’avance pour votre réponse.

    Cordialement,

    Jérôme

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    1. Bonjour Jérôme! Merci à toi pour tes agréables compliments, qui ont cerné l’objectif que je poursuis avec ce blog : encourager à passer le concours et apporter de la motivation en partageant humblement mon expérience et les petites techniques qui ont permis ma réussite. J’espère pouvoir continuer encore longtemps et élargir encore le champ de mes articles!

      Pour répondre à tes deux questions : d’abord, tout dépend si tu comptes passer le 2ème ou 3ème concours, ou si tu comptes postuler à une procédure d’admission par dossier (18-1, concours complémentaire). Dans le premier cas, pour pouvoir briller lors des épreuves écrites (qui ont les mêmes sujets que le premier concours), tu devras te mettre au droit public, pénal et civil, mais une prépa privée de qualité est largement en mesure de te donner toutes les connaissances nécessaires à ta réussite. Le taux de sélectivité est en outre bien plus faible que pour le premier concours. Le jury de ces deux concours est bien conscient du fait que les candidats devant eux effectuent une reconversion professionnelle et n’ont souvent pas le niveau juridique des 1er concours les plus brillants, mais ce n’est pas cela qui compte : ils recherchent avant tout des profils intéressants et diversifiés ; tout le reste se passe à l’ENM et les compteurs sont remis à zéro. Ton profil me semble par ailleurs correspondre parfaitement aux tendances actuelles de recrutement!

      Si tu comptes postuler pour l’admission via l’article 18-1, là encore, les entretiens successifs viseront à évaluer tes connaissances juridiques, mais il ne s’agira pas d’un quiz de droit civil avec des jurisprudences à citer. Là encore, sur le niveau en droit, c’est presque secondaire : l’enseignement à l’ENM permet à tout le monde de rattraper d’éventuels lacunes dans certaines disciplines. Il te faudra bien sûr avoir des connaissances générales, mais inutile de prétendre devenir un juriste d’exception en quelques mois!

      Sur les prépas à distance, à vrai dire, je n’en ai pas suivi, mais j’ai ouï dire que plusieurs proposent des enseignements intéressants avec cette formule, par des cours filmés et diffusés sur une plateforme notamment, et des corrections de copies par courrier. Pour les raisons que tu indiques en début de ton message et parce que je ne voudrais pas être accusé de « rouler » pour l’une ou pour l’autre, je ne donnerai pas de noms précis, mais toutes les formules proposées ont l’air satisfaisantes : l’essentiel sera le travail que tu fourniras à partir des matériaux de révision fournis.

      Bon courage à toi et bravo pour ta reconversion, je te souhaite de conserver la motivation jusqu’au bout (il n’y a pas de raison) !

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  11. Merci fromenmwithlove pour votre réponse complète et vos encouragements.
    Au vu de ma situation, je ne suis éligible qu’au 3ème concours, mais aussi au 1er puisque je ne suis pas soumis aux conditions liées à l’âge.
    Je ne pense pas répondre aux critères de l’article 18-1 que je trouve trop vaste pour être réellement précis. Je travaille dans le médico-social et j’ai un M2 de management, ainsi qu’un CAFDES. Il me semble que cet article cible nettement les professionnels du droit, comme les greffiers, juristes …
    Pour l’instant, je ne vais pas partir sur une préparation à distance, mais plutôt prendre le temps de découvrir les matières. J’ai lu vos articles (je les ai même imprimés au cas où votre site venait à disparaître pour je ne sais quelle raison ;-)). Vous avez fait quelques préconisations d’ouvrages, mais pour le complet néophyte en droit que je suis, comment voyez-vous les apprentissage en solo chez soi ? Par quoi commenceriez-vous ?

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    1. (Re)bonjour Jérôme et merci, tu seras la mémoire du blog s’il était impitoyablement supprimé!

      Pour les conditions liées à l’article 18-1, je crois qu’elles sont plus larges : il y a par exemple dans ma promotion des auditeurs qui exerçaient des profession dans les ressources humaines, dans la banque, dans la finance, dans la grande distribution ou le commerce au sens large, sans qu’ils n’aient de véritable expérience juridique. Les greffiers ont plutôt tendance à viser le 2ème concours ou le concours complémentaire.

      Quant au démarrage de ton apprentissage en solo, je compte écrire un article sur la question, mais pour synthétiser son contenu en avant-première, je dirais que l’idéal serait de commencer par l’essentiel : deux manuels de fond à maîtriser sur le bout des doigts, en civil et en pénal. J’ai utilisés les deux manuels éponymes de la collection LGDJ (couverture verte) de Voirin et Goubeaux, et Fricero pour le civil et la procédure, et deux auteurs dont j’ai oublié le nom en pénal et procédure pénale. Très accessibles, ils seront tes compagnons jusqu’au concours, et tu pourras y revenir très fréquemment pour approfondir tes connaissances. En public, tu peux suivre les ouvrages que j’ai conseillés dans mon article, ils sont accessibles même à des néophytes. Et Internet fourmille d’excellentes références en cas de petit doute sur la signification d’un terme en particulier. Pour cimenter tout ça, tu peux éventuellement lire le Terré (Introduction générale au droit), qui te donnera une culture juridique nécessaire pour comprendre où le droit civil et pénal s’insèrent dans l’ordre juridique.

      Et je mènerais tout de front, pour éviter la lassitude et progresser de manière égale! Par ailleurs, si tu arrives à mettre la main sur des cours de licence, n’hésite pas à les feuilleter. Sur Youtube, certaines facs ou prépas ont aussi mis des cours en ligne, mais ils sont souvent trop ciblés et peu appropriés à la préparation du concours. Bon courage à toi pour ta reconversion qui semble bien engagée, et n’hésite pas à me tenir informé(e) de tes progrès et de tes réflexions, cela peut bénéficier à d’autres futur(e)s collègues qui nous lisent!

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  12. Bonjour fromenmwithlove,

    Tout d’abord, un immense merci pour cet article (et pour tous les autres!). Je suis tombée sur votre blog un peu par hasard, et cherchant des témoignages de non-juristes intéressés par l’ENM, et ça fait plus d’une heure que je parcours vos articles avec intérêt.

    Comme vous n’aviez (il me semble) pas de diplôme de droit avant de préparer l’ENM, j’aimerais vous poser quelques questions, si vous avez bien entendu le temps d’y répondre.

    Je suis actuellement à Sciences Po en dernière année de master en affaires publiques, mais plusieurs stages sur les questions judiciaires, notamment au ministère de la Justice, me font envisager la carrière de magistrat. J’aimerais donc intégrer la préparation à l’ENM de Sciences Po l’année prochaine. Je me pose toutefois certaines questions :

    – Est-il envisageable de suivre un M2 de droit en même temps, type master de droit économique de Sciences Po ? J’ai cru comprendre en lisant vos précédentes réponses qu’effectuer le M2 carrières judiciaires en parallèle était quasi-impossible, mais je me demande si cela vaut pour tous les M2 de droit.

    – Ca rejoint un peu la première question, mais quelle aurait été votre « porte de sortie » en cas d’échec à l’ENM ? N’ayant pas de diplôme de droit, je me demande en effet quelles sont les possibilités de poursuite dans les carrières juridiques, car je ne sais pas si la préparation à l’ENM de Sciences Po est certifiante auprès des professionnels…

    – Enfin, pensez-vous qu’il soit possible d’effectuer la prépa ENM en étant, en parallèle, assistante de justice (dans l’éventualité où effectuer un M2 de droit serait impossible) ? J’ai cru comprendre que ce pouvait être très enrichissant (en plus d’assurer un petit revenu non négligeable).

    Désolée pour toutes ces questions, et à nouveau un grand merci pour vos excellents articles.

    Très bonne journée,

    Marge

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    1. Bonjour à toi Marge, et désolé de ce retard honteux dû à la fin du stage juridictionnel… Cela t’aura peut-être laissé le temps de parcourir les autres articles du blog, en espérant qu’ils aient pu t’apporter quelques éléments de réponse dans l’attente! Je vais te répondre point par point pour plus de clarté.

      – A vrai dire, c’est plutôt l’inverse qui est possible : une dizaine d’étudiants en M2 CJJ suit chaque année la prépa en même temps, avec un taux de réussite généralement de 100% à l’admission… Suivre le master droit économique, outre qu’il n’a quasiment aucun lien avec la préparation, serait beaucoup plus compliqué… A savoir également, il me semble que CJJ n’accepte pas d’étudiants en M2 uniquement : il faut suivre le cursus en master les deux ans.

      – Sur ma « porte de sortie » : en effet, la prépa ENM n’est pas diplômante en soi et n’a pas grande valeur sur un CV, à part démontrer des qualités de travail certaines. J’ai eu le concours dès mon premier passage, et je l’aurais repassé si j’avais échoué. A part cela, je me serais sans doute reporté sur d’autres concours juridiques : DPIP, directeur d’établissement pénitentiaire, commissaire de police/OPJ, ou éventuellement d’autres concours de la fonction publique. Le barreau est également tout à fait envisageable après une année de prépa ENM, tout en sachant que les épreuves se déroulent en septembre.

      – Etre AJ en même temps que la prépa risque d’être très compliqué, surtout pour une première tentative. Certain(e)s le font, mais plutôt après un premier essai. Des tribunaux acceptent d’adapter les horaires, mais d’autres sont moins flexibles, ce qui pourrait se révéler embêtant lors des périodes de cours intensifs que propose la prépa. Au vu de ton profil, un stage de deux mois suffira amplement dans l’optique du grand oral!

      Pour finir en te donnant mon sentiment général sur ta situation, pour avoir un profil très proche du tien : inutile de refaire un master en droit quand on vient d’AP (ou plutôt Politiques publiques !). Tu as probablement largement les capacités pour t’engager en prépa et acquérir rapidement les connaissances nécessaires à ta réussite. N’hésite pas à demander à la responsable de la prépa ce qu’elle en pense! Bon courage à toi pour la suite de ta préparation!

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  13. Bonjour Fromenmwithlove,

    je voudrais d’abord vous remercier pour ces analyses qui m’ont rassurées concernant le choix de mon parcours. Je suis en Terminale (ES) et j’ai pour vocation de devenir magistrat, mes professeurs m’ont donné divers conseils en ce qui concerne le choix de mon parcours. Pour la majorité ils m’ont conseillé de faire Sciences Po (dont je passerai prochainement un entretien pour le Havre et Reims par procédure internationale) soit de faire une prépa lettres. Ces deux parcours m’intéressent et je me retrouve ainsi dans un dilemme car j’ai du mal à faire mon choix. En effet, le caractère multiculturel et pluridisciplinaire de Sciences Po m’attirent (ayant de plus une bonne formation pour les épreuves du concours) mais d’un autre côté la prépa est aussi un bon compromis car j’aime particulièrement étudier les textes littéraires puis il y a un petit effectif permettant une bonne intégration, un accompagnement régulier des professeurs (de plus elle se situe non loin de mon lieu de résidence et c’est gratuit hors les frais d’inscriptions…) Bon si je suis refusée à Sciences Po après mon entretien mon choix ne sera pas compliqué (je n’aurais qu’à aller en prépa puis continuer en fac de droit à l’issus de ces 2 années) mais si je suis acceptée j’aurais beaucoup de mal à faire un choix…

    Je vous serais très reconnaissante que vous partagiez votre opinion.

    Cordialement.
    Mihiri.

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    1. Bonjour Mihiri, et toutes mes félicitations pour ton beau parcours scolaire (qui ne s’arrêtera pas là !).

      C’est formidable d’être déjà décidée sur ton choix d’orientation, ce qui était très loin d’être mon cas à la sortie du bac! Sur le choix entre Sciences Po et l’hypokhâgne, sois déjà certaine que dans les deux cas, ce sera un excellent choix. D’un côté, une formation ancrée dans les enjeux contemporains, qui te permettra de passer une année à l’étranger et d’avoir surtout une place garantie en master CJJ puis dans la prépa ENM. De l’autre côté, l’hypokhâgne et sa méthode en béton, tes capacités de travail et de réflexion décuplées, des rencontres avec des professeurs inspirants et des camarades dont on conserve l’amitié bien des années plus tard. Mais aussi un rythme de travail et un stress plus important qu’à Sciences Po, où les trois premières années, soyons honnêtes, ne se caractérisent pas par un travail acharné (doux euphémisme…).

      Bref, à l’heure du choix, si j’étais toi, j’opterais pour l’hypokhâgne : elle seule te donnera avant la prépa ENM des capacités de travail hors du commun et enrichira ta culture bien plus que Sciences Po. Allez, je me lance : c’est à coup sûr mon hypokhâgne/khâgne qui m’ont permis d’intégrer l’ENM. Comme tu le dis, tu pourras ensuite rejoindre la fac de droit, puis Sciences Po en master, pour te diriger vers l’ENM… Mais c’est bien parce qu’il faut choisir quelque chose : dans les deux cas, tu seras sur la voie royale vers l’ENM. Bonne fin de terminale à toi et conserve surtout ta motivation et ta détermination à devenir magistrate, c’est le plus important!

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  14. Bonsoir,
    Découvrant et votre blog (superbement bien informé et conçu bravo, bravo !!!!) et les questions de Jérome BERTHOT, je m’en pose à mon tour une, de question : pour le 3e concours, l’âge est 40 au plus selon le site et pour le 2e 48 et 5 mois, seulement les limite d’âge ont été supprimées pour les concours fonction publique, sans parler du 1er avec un 31 ans comme plafond (cf. https://infos.emploipublic.fr/article/concours-de-la-fonction-publique-les-limites-d-age-en-voie-de-disparition-eea-6899). Tous les concours de la fonction publique ne comportent plus de l’imite d’âge (sauf pour la fonction publique active). Quel est le fondement de cette exception ?
    Cordialement,
    Jeanne

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    1. Bonjour Jeanne!

      Je ne voudrais pas te dire de bêtise sur la question, mais après m’être renseigné(e), il semble en effet que les concours de la fonction publique ne comportent plus de limite d’âge. Par ailleurs, un auditeur de ma promotion a intégré par le 2ème concours à l’âge de 58 ans. J’ignore comment il a procédé, mais cela accrédite l’idée que ces limites d’âge seront peut-être bientôt obsolètes… Wait and see : je risquerais de t’induire en erreur en me risquant à interpréter tout cela! Merci de tes compliments en tout cas!

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  15. Bonsoir Fromenmwithlove,

    Merci pour ta réponse. L’auditeur de 58 ans que tu évoques a peut-être bénéficié des disponibilités portant sur le recul ou la non opposabilité des limites d’âge.
    Ce qui me surprend c’est que rien dans l’ordonnance de 58 ne prévoit la limite d’âge, et que à ma connaissance tous les autre concours de la fonction publique l’ont supprimée suite aux textes de 2005 (la limite restait si une scolarité de 2 ans ou plus était prévue) puis de 2009 (fin de la limite due à la loooongue scolarité). Ainsi l’ENA a supprimé les limites. Seules exceptions les concours de la fonction publique active. Un magistrat appartiendrait-il à la fonction publique active ????
    Certes un PR court pas mal après la perm ou les requises mais bon, c’est quand même pas non plus le niveau sportif du GIGN !

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  16. Bonjour !

    Je ne suis pas visée directement par cet article (tout aussi bien fait que l’ensemble du blog, franchement ça fait du bien de se raccrocher à une plateforme qui parle concrètement de l’ENM et surtout du concours). En effet, je suis typiquement une candidate juriste classique, j’ai passé la première épreuve des écrits de 2019 et je me fais un certain souci concernant les oraux d’admission…

    J’ai notamment une grande inquiétude concernant le grand oral, dans la mesure où mes 5 années de droit à la fac ne m’ont clairement pas préparée à quoi que ce soit du genre. Mon expression orale ne vaudra jamais celle d’un étudiant de Sciences Po, les langues étrangères n’en parlont même pas.. Mon questionnement pourrait apparaître comme étonnant, mais j’ai réellement peur de passer pour quelqu’un de fade aux yeux du jury, avec ce parcours qui est le mien. En réalisant ma fiche personnelle, ce sentiment ne fait par ailleurs que grandir.

    Auriez-vous(/tu?) des conseils, non plus pour une non-juriste, mais pour une juriste classique qui craint de ne pas savoir se démarquer ?

    Merci par avance, et bonne continuation surtout !

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    1. Bonjour Adviennequelira, et merci pour cette avalanche de compliments!

      Trêve d’autoflagellation! Mes articles au ton (et au titre) légèrement provocateur ne doivent pas être mal compris : le fait d’être non-juriste n’est pas un obstacle en soi pour passer le concours de l’ENM, et cela donne mêmes des avantages à plusieurs égards, mais cela comporte également des inconvénients. Dans les faits, 95% des auditeurs sont des « juristes classiques » comme toi, et la réforme du concours 2020 va encore renforcer leur « domination » au concours. Bref, il ne faut pas imaginer une armée de sciencepistes déferler sur les oraux : cela ne représente que vingt à trente auditeurs à tout casser!

      Ne t’inquiète donc pas de passer pour « fade » aux yeux du jury : dans ta fiche personnelle, il faudra valoriser au mieux tes expériences passées et présentes, mais la quasi-totalité des admissibles sera logée à la même enseigne. N’imagine pas que tout le monde arrive avec sur sa fiche deux années à Harvard, six mois de bénévolat en Tanzanie et un stage chez Google à San Francisco. C’est plutôt les éternels stages au parquet de Bobigny et autres cabinets d’avocat locaux! Quant à l’expression orale, ne surestime pas les étudiants de Sciences Po et des IEP : avec de l’entrainement (on en revient toujours à cela !), tu peux progresser très rapidement. Le tout est de se jeter à l’eau et de ne pas imaginer que les autres seront forcément meilleurs que toi!

      Pour la rédaction de ta fiche, j’ai tout expliqué dans mes deux articles consacrés à la question 🙂 Détaille bien tes stages et expériences, et mets-toi dans la peau du jury pour imaginer ce qui pourrait l’inciter à poser une question. Et surtout, crois en tes chances et ne pars pas du principe que tout est joué : c’est absolument faux!

      Bon courage à toi et bonnes épreuves!

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