L’ENM : un concours pour les juristes ? #1

Salut à tous / toutes !

            Pour le premier article de ce blog, j’ai décidé de frapper fort d’entrée de jeu en posant LA question qui travaille bon nombre d’étudiants en droit : le concours de l’École nationale de la magistrature est-il encore un concours pour les juristes ?

Le seul fait de se poser la question doit sans doute paraître une hérésie pour beaucoup et faire se retourner Paul Matter dans sa tombe, mais c’est volontairement provocateur. N’ayant moi-même jamais fait de droit avant de me décider à passer le concours de l’ENM, je combats tant que possible ce mythe selon lequel la magistrature est une fonction réservée aux juristes de formation. Oui, on peut tout à fait passer le concours – et même le réussir – en ayant jamais fait de droit avant ! (bon, ça suppose de se préparer quand même un peu avant hein…).

            En écrivant ces lignes, j’aimerais rassurer ceux qui se sont lancés dans la préparation et qui n’avaient jamais fait de droit avant (ou « juste » du droit public). Je sais qu’on peut ressentir un manque de légitimité au début de la préparation, entre certains camarades qui se plaignent de se faire « bouffer des places » par des non-juristes, ou des professionnels de la justice croisés en stage pour qui « un magistrat ça sort de la fac de droit », point barre. Que vous ayez fait des lettres comme moi, la fac, un IEP, une école de commerce ou d’ingénieurs, ou même exercé un emploi (il paraît que ça existe), vous êtes à votre place, et vous avez les mêmes chances que les autres de réussir le concours.

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Alexis Ballot-Beaupré, premier président de la Cour de cassation de 1900 à 1917.

« Des non-juristes en prépa ENM ? Traitrise ! Fumisterie ! » aurait-il déclaré sur son lit de mort.

            D’où viennent ces préjugés aussi tenaces qu’un trait de Stabilo dans un Code civil ? Cela mérite un petit retour en arrière. Depuis que l’ENM a été fondée en 1958, elle recrute ses élèves avec un concours très exigeant, les promotions n’étant composées en moyenne que de quelques dizaines d’élèves jusqu’à la fin des années 1970. Les épreuves sont très techniques, malgré la présence de dissertations, et des connaissances juridiques quasiment encyclopédiques sont attendues des étudiants : il valait mieux éviter l’impasse sur la procédure d’exécution d’un pacte commissoire en matière de nantissement.

            Les programmes étaient plus larges, comprenant le droit des sûretés et le droit international public. Les fondamentaux du droit civil comme le droit des personnes et le droit des biens devaient être archi-maîtrisés : une boulette dans ces domaines, et c’était le 5 assuré. Pour couronner le tout, les épreuves étaient notées très sévèrement et les cas pratiques, exercice emblématique de la formation juridique, étaient plus fortement coefficientés. La réussite au concours de la magistrature était l’accomplissement d’un parcours universitaire brillant, et récompensait généralement les premiers de chaque promotion des plus grandes facultés de droit. Pour un non-juriste, s’inscrire au concours équivaut alors à se rouler nu dans du verre pillé : inutile et douloureux.

            Pour encore beaucoup d’étudiants et de professionnels en droit, il semble impensable de devenir magistrat sans avoir fait cinq ans de droit – et encore moins en en ayant pas fait du tout. Vous l’avez peut-être entendu au cours d’un stage : certains magistrats se plaignent de cette ouverture récente aux non-juristes, que les nouveaux ne maitrisent plus les fondamentaux en droit, que l’augmentation du nombre de places à l’ENM provoque une baisse du niveau…

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La photo d’un magistrat qui se moque des non-juristes.

Le concours a complètement changé de physionomie depuis sa création, et est devenu accessible aux non-juristes, chaque année plus nombreux à le passer et à le réussir. Voici les principales raisons, qui j’en suis sûr donneront à un interne en radiologie l’envie de tout plaquer pour se mettre à la note de synthèse et aux QRC de public. (Je mets des numéros pour donner un effet « pensée bien organisée » et tout et tout).

[Alerte « redondance » : ceux qui préparent ou ont déjà préparé le concours devraient être familiers avec ce qui va suivre]

1 – Tout d’abord, La structure même du concours favorise l’émergence de nouveaux profils de candidats. Tout un symbole, la culture générale dispose du plus fort coefficient (5), soit plus que les deux dissertations juridiques (3). Autrement dit, avec une bonne note en culture générale (du genre 13-14-15), on part déjà avec un très sérieux avantage, qui peut permettre des notes plus faibles en civil et pénal. Avec un 16 (note maximale l’an dernier), l’admissibilité est quasiment garantie.

Ce qu’il y a de bien avec la culture gé, c’est que tout est mobilisable dans vos copies, et notamment les formations antérieures ou les expériences personnelles. Pour ceux qui ont étudié les lettres, les sciences humaines ou étaient dans un IEP, la culture générale deviendra clairement votre meilleure amie : c’est le principal atout des gens qui n’ont pas fait de droit avant, et c’est là où vous devrez « faire vos points ». Je reviendrai sur les subtilités de cette épreuve passionnante dans un article dédié.

2 – Dans un second temps, La dissertation. Autant le dire tout de suite, en commentaire d’arrêt ou en cas pratique, le non-juriste se fait cueillir tel l’edelweiss par le botaniste sur les cimes enneigées. Une manière poétique d’évoquer une pluie de 3, de 4 ou de 5 qui s’abattra sur vous. Mais la dissertation est parfaitement adaptée à la réussite d’un non-technicien : ce qui prime, c’est une méthode en fer forgé, dans laquelle on insuffle un nombre de connaissances limitées mais bien maitrisées.

            Dans les deux cas pratiques, chasse gardée des juristes, vous allez sans doute prendre quelques gamellas comme on dit en Espagne. Mais c’est un petit coefficient de rien du tout (1). Et puis avec un peu d’entrainement, on peut arriver à choper des notes pas dégueu du tout. Là encore, on y reviendra ; dans tous les cas, ne pas perdre trop d’énergie et de motivation à essayer de réussir les cas pratiques – un non-juriste qui se fait étaler là-dedans, c’est dans l’ordre des choses.

3 – L’ENM recherche des profils différents. Ce n’est pas moi qui fait de la méthode Coué, ce sont les rapports du jury qui, année après année, se plaignent du manque de diversité des parcours et du formatage des candidats. Ils réclament des gens ouverts, avec une culture générale, et un côté « hors du moule » ? Vous allez les gâter. Au grand oral, le jury est toujours ravi de pouvoir parler littérature, histoire, ou même sciences exactes. Bref, si l’existentialisme est un humanisme, le magistrat version 2017 est un humaniste.

4 – Le métier lui-même a évolué. Ceux qui ont fait des stages au parquet dans de grands tribunaux ne me démentiront sans doute pas. Pour remplir des citations ou des soit-transmis au TGI de Bobigny ou de Nanterre, pas besoin d’avoir lu une thèse de 1976 sur le renouveau de l’action paulienne ou d’avoir un master 2 en droit des sûretés. En revanche, l’esprit de synthèse et des capacités de rédaction seront plus utiles pour se taper les douze tomes d’un dossier d’instruction…

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(C’est assez clair…)

            Pour résumer (et parce que l’article est déjà trop long), le concours de l’ENM n’est pas qu’un concours pour juristes. Oui, il demeure un concours juridique, qui va demander un approfondissement de vos connaissances en droit civil et pénal ; oui, la grande majorité de ceux qui le préparent et qui le réussissent sont des juristes « 100% pur jus » ; oui, en ayant jamais fait de droit, vous buterez sans doute de temps à autre devant quelques difficultés techniques (qui se résoudront bien vite).

            Mais non, l’obstacle n’est pas insurmontable : le concours est autant basé sur la méthode que sur les connaissances, et il s’est beaucoup rapproché des autres concours administratifs (ENA, INET, IRA, etc.). Non, le droit ce n’est pas impénétrable, et ce n’est pas faire offense à la discipline que de dire qu’en bossant sérieusement et en avalant des manuels, les connaissances requises peuvent être assimilées en quelques mois.

            Si vous hésitez encore à vous lancer, que vous soyez étudiant ou professionnel visant les 2ème et 3ème concours, j’espère vous avoir motivé et incité à vous jeter dans le grand bain, comme je l’ai fait il y a quelques temps. Vos connaissances actuelles ne doivent pas être un frein : le simple fait d’avoir envie de le passer justifie de se lancer !

From ENM, with love

P.S : n’hésitez pas à me faire savoir en commentaire si vous êtes d’accord ou pas, si vous avez vous aussi préparé l’ENM après une autre formation que le droit, ou si vous pensez que j’ai oublié de mentionner quelque chose d’important…


28 réflexions sur “L’ENM : un concours pour les juristes ? #1

  1. Bonjour,

    Paradoxalement, en cliquant sur l’intitulé de votre article, je pensais qu’il allait répondre à la question inverse que ce à quoi il répond effectivement ! Etant moi même étudiante en droit, j’ai justement pour ambition de préparer et (pourquoi pas) intégrer l’ENM. Toutefois, je me pose sérieusement des questions quant à mon potentiel pour réussir les épreuves. Effectivement, nous avons des bases juridiques (qui sont quand même à revoir sérieusement pour le concours !), nous sommes habitués aux cas pratiques et aux commentaires dissertations en 2 parties/2 sous partie mais… nous n’avons aucune culture générale !! Alors oui ça se travaille. Mais il m’apparaît quand même qu’avoir un 14/15 en culture générale relève de l’impossible pour la majorité des étudiants en droit! Et, effectivement, selon un de mes profs qui est aussi membre de jury aux épreuves de culture générale, la tendance actuelle est plutôt à la réussite du concours par les étudiants science pos/IEP justement au regard de leur grande culture générale. Et inversement, il serait très difficile d’obtenir plus que 12/13 à une épreuve juridique même quand on est juriste alors… je suis totalement d’accord avec monsieur le blogeur et meme davantage puisque je pense que vous avez de très bons atouts si vous n’êtes pas juriste !!
    Quant aux juristes déçus par la teneur de l’article, je pense que vous pouvez tous vous dirigez vers les conseils donnés pour réussir l’épreuve de culture générale !

    Et, en tous cas, bonne initiative à vous d’avoir créé ce petit blog.

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    1. Bonjour Hédoux!

      Ton message confirme la crainte que j’avais de « décourager » un peu les juristes pur jus, alors que l’objectif était surtout de pousser les non-juristes à se lancer. Mais un chiffre devrait mettre les choses à plat : l’ENM nous a filé un fascicule sur le profil de la promotion en début d’année, et seul(e)s 17 auditeurs sur 344 n’ont pas fait de formation juridique auparavant! Y a pas encore le feu dans la baraque pour les juristes… 🙂

      Et quand tu dis que les juristes n’ont pas de culture générale, c’est à relativiser : comme je l’écris dans un autre article, on a tous des connaissances enfouies et il faut les « réveiller », les rendre utilisables, plutôt que de vouloir rattraper à toute vitesse une acquisition de connaissances. C’est avant tout une question de méthode, pas de culture générale en soi. Quant aux notes, les candidats sont notés strictement de la même manière en culture gé que dans les matières juridiques : les meilleures notes sont généralement 16 ou 17. Pour tout dire, j’ai eu une meilleure note en civil (alors que c’était de loin ma matière la plus faible) qu’en culture générale. Les notes obtenues par les uns et les autres ne reflètent pas du tout les parcours antérieurs! Et comme je le disais plus haut, les non-juristes restent pour l’instant une infime minorité… Tu peux donc te lancer sereinement dans la préparation, même si tu es juriste! 🙂 Et merci de tes remerciements!

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  2. Merci pour cet article ! Ayant un parcours « un peu chelou » (je fais partie de ces gens qui ont eu la saugrenue idée de se lancer dans la vie active puis se sont dits « tiens, pourquoi pas la magistrature »), je commençais à « flipper grave » en lisant le programme et en écoutant les gens me dire que je « n’avais pas fait droit ». Là, je suis remontée à bloc. Bon, le stress est toujours présent car je vais me préparer seule et travailler en même temps. Des conseils sur l’organisation, des bibliographies, des bons sites pour récupérer des polycopiés et des cours ?
    Merciiiiiiiiii !

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    1. Bonjour Charlie (et désolée du retard)! Félicitations, tu appartiens donc à la CFMPC (Confrérie des futurs magistrats au profil chelou)! Comme tu n’as jamais fait de droit auparavant, la première chose que je te conseillerais serait de suivre une prépa ENM. Ca a un certain coût financier, c’est sûr, mais ça te permettra de rattraper en quelques mois les cinq années de droit qui te font défaut, et surtout d’acquérir la méthode nécessaire à la réussite. Avec un travail régulier et de la volonté, même en travaillant à côté, ça devrait bien se passer. En plus, on a davantage de plaisir à apprendre une matière qu’on découvre totalement.

      Si tu te lances en solo total, ce qui est possible mais plus délicat, tu pourras lire mes articles à venir sur les manuels à utiliser pour bien préparer les écrits! Je posterai des articles avec ma petite bibliographie personnelle, qui n’était pas très fournie non plus dans la mesure où j’ai surtout bossé avec les polycopiés de ma prépa. A ce propos, je doute que tu puisses récupérer « légalement » des polycopiés de prépa, car elles essaient de limiter leur diffusion hors de leurs élèves. Pour l’organisation du travail, en gros : je m’y suis mis(e) en octobre et j’essayais de bosser au moins deux ou trois matières différentes chaque jour. Ca variait en fonction des DS de ma prépa. Vers février-mars, on commence déjà à avoir un bon petit niveau… Dernière chose : si tu peux, essaie de faire un petit stage dans un tribunal en parallèle. Ca rend les choses plus concrètes et c’est toujours bon pour l’oral. Bon courage pour ta reconversion et à bientôt!

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      1. Bonjour, bonjour !

        Bien lancée dans les premières (ré)visions, je suis un peu bloquée sur comment réviser les matières juridiques à l’écrit. En effet, entre une dissertation et un cas pratique, la méthode n’est pas du tout la même et l’apprentissage des connaissances me paraît différente (savoir prendre du recul et problématiser dans un premier cas, et donc ne pas trop s’attacher aux détails très très techniques mais plutôt aux concepts, à l’évolution de la matière etc d’un côté, et de l’autre appliquer les techniques juridiques pour arriver à une solution et donc bien connaître tous ces détails techniques…). Je suis un peu perdue… Aurais-tu des conseils généraux pour y voir plus clair et des conseils bibliographiques pour réviser efficacement ? Merci beaucoup beaucoup beaucoup !

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      2. Re-bonjour Charlie, et désolé de ce retard honteux dû aux épreuves de fin d’études! (Un mois et demi, purée…)

        Tu fais exactement le bon constat : la dissertation et le cas pratique obéissent à deux méthodes différentes, et même opposées. Mais du point de vue de l’apprentissage des connaissances, selon moi, tu peux t’en tenir à ta manière habituelle de réviser pour la dissertation.

        Je m’explique : pour le cas pratique, il faut surtout des réflexes pour pouvoir produire une copie traitant l’intégralité de l’énoncé convenablement (même si c’est quasiment impossible !). En fait, si tu veux te préparer spécifiquement au cas pratique, il s’agira surtout d’adapter un peu tes connaissances générales à une mise en pratique dans le cadre d’une démonstration par syllogisme. Pour résumer, il te faudra avoir les bases du droit civil (responsabilités, loi de 1985, mariage/divorce) bien présentes à l’esprit et pouvoir les mobiliser rapidement, pas forcément connaître une multitude de détails techniques.

        Il existe quelques manuels de méthode du cas pratique, mais je ne sais pas ce qu’ils valent. Pour ma part, très franchement, j’avais un peu bossé la méthode d’après des corrigés et mes propres copies de prépa, mais je n’avais pas révisé spécifiquement le cas pratique : j’avais fait le minimum pour essayer d’avoir 7-8 et pas 3. Ne perds pas trop de temps là-dessus : c’est un coefficient 1 !

        Pour la dissertation, on me demande souvent des conseils méthodologiques, mais c’est un peu compliqué : je ne voudrais pas dévoiler la méthodologie de ma prépa aux quatre vents non plus. Je vais quand même écrire des articles généraux sur la problématisation en dissertation juridique et en culture gé, en espérant qu’ils te soient utiles!

        Bonne préparation à toi et bon courage pour les écrits Charlie!

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  3. Bonjour,

    Je suis tombée sur votre site complètement par hasard. J’avais une question en lien avec le concours en général… Je ne sais pas où la poser donc je la pose ici… J’ai un parcours mi-fac de droit mi-sciences po. Actuellement, je suis en M2 à Sciences po Grenoble. J’ai déjà fait pas mal de stage en juridiction et je suis sure de mon projet depuis longtemps.

    Je pensais passer le concours en sixième année et m’y consacrer totalement. Cette année, je pensais faire un M1 droit privé et un M2 Sciences po en parallèle… Mais voilà, j’ai un professeur, magistrat, qui me pousse à passer le concours. J’hésite donc à prendre l’Autre prépa et me lancer dans la préparation… Toutefois, le concours me semble colossal (culture générale notamment) et commencer en octobre me semble déraisonnable (mon M2 à Grenoble est relativement calme et me prépare à certaines épreuves dont la note de synthèse). J’ai peur de gâcher une chance bêtement…

    Je voulais donc avoir votre point de vue.

    Je vous remercie d’avance.

    Cordialement.

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    1. Bonjour Livie!

      Autant être franc(he) et ne pas tourner autour du pot : avec une double formation fac de droit/IEP, tu as tout simplement le profil parfait pour espérer réussir le concours. A l’école, beaucoup ont réussi le concours en même temps que leur M2, notamment s’ils étaient dans un IEP. Se préparer correctement en faisant en même temps le M1 et le M2 semble sera par contre impossible, mais ce n’est pas ce que tu comptais faire.

      Si ton M2 ne demande pas trop d’investissement, je rejoins totalement l’avis du magistrat (du collègue ! hihi) qui t’a conseillée de te lancer dans la préparation! L’étendue du programme n’est pas si vaste qu’on le croit : il s’agit avant tout de bien maîtriser les fondamentaux et d’acquérir la méthode de la dissertation. En culture générale, puisque tu as été en IEP, figure-toi que la plupart des autres candidat(e)s jalousent probablement tes capacités en la matière! Dans tous les cas, n’aie pas peur de gâcher une chance. Au pire, tu auras eu l’expérience d’un premier passage du concours et tu reviendras aiguisée l’année suivante, avec en plus le master en poche. Car rares sont les personnes qui passent trois fois le concours…

      Bref, si tu penses avoir du temps devant toi, je ne vois rien qui pourrait t’empêcher de te lancer (et de réussir !). Bon courage à toi pour ta préparation, cette année ou l’an prochain! 🙂

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      1. Bonjour,
        Je voulais vous remercier pour votre réponse qui est plus que complète. La préparation que j’envisageais s’est fermée deux jours avant ma prise de décision… je pense donc reporter ma candidature à l’année prochaine et consacrer cette année à la culture générale, les langues (italien et anglais) et à mon double master qui va me permettre d’aborder pas mal de matières présentes à l’enm …
        J’avoue que selon moi une bonne préparation est nécessaire (j’ai tendance à m’eparpiller et me laisser guider vers les sujets qui me passionnent en délaissant totalement le reste). Surtout, j’ai besoin d’avoir une bonne méthode … C’est pour cette raison que je ne m’imagine pas le préparer seule … La dernière option etait l’isp mais des amies qui avait utilisé cette préparation m’ont dit de fuir …
        Malgré tout, je suis tout à fait d’accord avec vous sur le fait de ne pas tenter l’ENM trois fois même si l’année est déjà bien avancée …
        Je vous remercie et vous souhaite bonne continuation.
        Cordialement.

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  4. Étant totalement non-juriste moi-même, je ne peux que confirmer tes propos : reçue en 2016, sans jamais avoir fait de droit, et sans prepa privée. L’essentiel est vraiment la méthode de dissertation , et pour ceux qui ont eu la chance de passer par une khâgne un jour, c’est la routine.
    Je vais sans doute étonner des juristes, mais j’ai même obtenu un 14 en dissertation de droit pénal sans avoir jamais fait de droit pénal, ni avoir ouvert un manuel. J’ai juste acheté un code la veille de l’épreuve….

    Et, pour ceux qui hésiteraient, c’est un boulot passionnant : difficile, avec des moyens pourris (vive les logiciels préhistoriques!), mais riche, varié et prenant.

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    1. Bonjour Mathilde (et désolé de ce retard, mais tu sais ce que c’est pour être toi même passée par l’avalanche de boulot de novembre-décembre) !

      J’ai volontairement « édulcoré » un peu mon propos sur la question histoire de ne pas décourager tout le monde, mais il y a bien d’autres exemples comme toi (et moi) qui prouvent que le concours de l’ENM est à 80% une question de méthode. Et en effet, pour des anciens khâgneux, les portes du concours sont grandes ouvertes : ce ne sera qu’une question de volonté…

      Bon courage à toi pour la fin de ton stage juridictionnel et merci!

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  5. Bonjour, merci pour ce blog qui est rassurant quand on ne sort pas du moule fac de droit/iep ! As tu un conseil à donner sur les mérites des différentes préparations à distance? Je compte passer le troisième concours et le préparer à domicile (je m’organise bien pour travailler chez moi et je vis à Bordeaux). Je viens seulement de me décider je vais donc faire 6 mois de préparation « test » et compte plutôt passer le concours en 2019 après une année supplémentaire de préparation.
    Merci de ton conseil 😀

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    1. Salut Anaïs! Alors, sur les préparations à distance, je ne peux t’en dire que ce que j’en ai entendu, n’en ayant pas fréquenté moi-même. Si tu n’étais pas juriste, pour le premier concours, ça risquerait d’être un peu juste, mais elles sont en revanche très adaptées pour les 2ème et 3ème concours. La plupart te fourniront des polycopiés de cours que tu devras ingurgiter purement et simplement, et te permettront de réaliser des sujets qui seront corrigés et te seront renvoyés. Généralement, la préparation aux oraux fait l’objet d’une inscription séparée, au cours de l’année.

      Si tu gardes la motivation et que tu t’organises bien, aucune raison que tu parviennes pas à décrocher la timbale! S’y mettre maintenant semble un peu court en effet, mais tu peux déjà commencer à débroussailler le terrain et te lancer à fond à partir d’octobre 2018. Sans toutefois s’épuiser non plus : le concours de l’ENM est très long et tu auras besoin de toutes tes forces jusqu’au bout.

      Bon courage à toi dans ta reconversion, et sois sûre que les non-juristes ont toute légitimité pour prétendre passer et réussir le concours!

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  6. Bonjour et merci pour ce billet très inspirant ! Je me permets de laisser un commentaire car je m’interroge sur mes capacités à tenter ce concours, sachant que je n’ai donc jamais fait de droit. J’ai débuté mes études par une classe préparatoire hypokhâgne/khâgne puis j’ai suivi des études de communication/médiation culturelle et multimédia – donc orientées Lettres et Sciences humaines – jusqu’au niveau du master spécialisé au sein d’une grande école. J’ai travaillé plusieurs années et j’ai parfois eu quelques cours de droit – mais je ne suis évidemment pas juriste ! Le travail ne me fait pas peur, au contraire, mais j’ai aujourd’hui 28 ans et je m’interroge sur la possibilité de réussir le concours avec un calendrier serré. Si je me lance, je pense tenter de m’inscrire à l’IEJ d’Assas pour débuter en octobre 2018. Penses-tu que tenter le concours l’année prochaine (en 2019 donc) soit possible? Sachant que j’ai également jusqu’à octobre pour commencer à me former? Merci beaucoup !

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  7. Bonjour,
    Je fais partie des non juristes qui veulent passer le concours de l’ENM.
    J’ai actuellement un Bac +3 en Psychologie et j’aurai souhaité, à la fin de mon M1, intégrer une IEJ mais j’ai l’impression, lorsque je lis les conditions d’admission, quelles ne sont réservées qu’aux étudiants de droit et de Sciences Po est-ce réellement le cas ?
    Je vous remercie d’avance.

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    1. Bonjour Olivia!

      Oui, les IEJ sont réservés aux étudiants ayant suivi un cursus en faculté de droit. Il me semble même que les étudiants issus de Sciences Po et des IEP n’y sont pas acceptés. Cela dit, tu n’as absolument pas besoin d’un IEP pour réussir le concours de l’ENM : la grande majorité des admis(es) suit une prépa privée (parfois en parallèle de l’IEJ, mais le plus souvent seule) pour laquelle ton cursus antérieur n’importe pas beaucoup… Tu n’auras donc pas de mal à opérer ta réorientation, même si je te conseille toutefois de trouver un M1 avec un minimum de contenu juridique.

      Bon courage à toi et bonnes vacances (qui approchent) !

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  8. Salut,
    Tout d’abord, merci pour ce blog plein de bons conseils ! Étant en train de préparer le concours cette année, il est devenu mon « blog de chevet » (je me demande si rien qu’à moi je ne détiens pas la moitié des consultations…).
    En lisant et relisant tes articles, une question me taraude toutefois. Ne penses-tu pas que présenter le concours comme accessible à toute personne motivée et prête à s’engager à fond dans la préparation, quel que soit son parcours antérieur, comporte le risque « d’envoyer » certaines personnes au casse-pipe (ou en tout cas de motiver certaines personnes qui iront ensuite au casse pipe) ?
    Peut être qu’effectivement le concours est accessible pour des personnes découvrant le droit en même temps que la préparation. Tu en es visiblement l’exemple. Mais ces mêmes personnes ne doivent t-elles pas faire preuve de capacités énormes (d’analyse, de mémorisation, etc) pour rivaliser avec des étudiants en droit/iep, ou même d’un parcours antérieur brillant pour convaincre le jury lors des oraux ?
    Bonne journée !

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    1. Bonjour Lola et merci à toi! J’espère que tu te détiens pas la moitié des consultations quotidiennes, ça m’inquiéterait de t’imaginer cliquer 300 fois par jour sur les page du blog! Plus sérieusement, je suis ravi(e) de savoir que mes articles t’aident dans ta préparation, en espérant qu’ils puissent contribuer au moins un peu à ton intégration.

      Sur le fond de ta question, oui, je me suis bien sûr interrogé(e) sur la portée potentielle de mes propos, mais j’ai fini par trancher et adopter ce positionnement, car je crois sincèrement qu’avec un travail soutenu et une bonne compréhension des attendus du concours, tout(e) étudiant(e) sérieux/se, même non juriste, peut réussir le concours. Pas besoin de capacités sur-humaines de mémorisation ni d’une culture générale démentielle : juste du travail, de l’abnégation et de la motivation, et quelques règles à suivre – notamment comprendre l’importance de la méthodologie. Quant au parcours brillant : on s’en moque totalement! C’est une aide, mais pas un prérequis : le jury est bien plus intéressé par ce que vous avez à lui proposer là, maintenant, tout de suite!

      Certes, le risque que quelqu’un se lance après m’avoir lu(e) et ne réussisse pas le concours existe : je ne peux malheureusement pas fournir de recette absolue pour intégrer l’ENM, et je pense par ailleurs que mes articles ne seront qu’un élément parmi d’autres pour déterminer la personne en question à se lancer. J’ai choisi d’adopter ce positionnement d’encouragement franc et général à se lancer quand je me suis aperçu(e) que l’auto-censure était énorme – à commencer par moi qui ai attendu trois ans avant de passer le concours -, et que des personnes largement en situation de le réussir se sont bridées en raison de leur parcours. Avec l’envie qui me guide de raconter mon expérience personnelle et ma réussite, je ne pouvais pas adopter un positionnement « mi figue-mi raisin » : tout ce que je peux faire, c’est essayer d’encourager les personnes voulant devenir magistrat(e)s à se lancer. Et dans tous les cas, réussite ou échec, l’expérience de préparation reste extrêmement formatrice et pourra être exploitée dans d’autres fonctions ou études.

      J’espère que ma réponse est à peu près claire ! Bonne continuation à toi et merci encore de ta fidélité (au blog) !

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  9. Bonjour Fromenmwithlove, je veux juste te remercier pour ce post qui effectivement (re)donne envie de se plonger dans un manuel de droit des obligations, alors qu’on est en pleine phase de questionnement quant au réalisme de son projet. Je suis géographe / science politique de formation (science po juste le M2), je travaille depuis 15 ans, et je viens de tout lâcher à l approche de mes 40 ans pour passer le concours. Ton post est donc plus que bienvenu ce soir alors que je contemplais mes manuels d un air abattu. Je les regarde maintenant avec un air de défi. Et d ailleurs, j y vais. Merci beaucoup! Mathilde
    PS: je serais ravie d échanger avec les personnes qui ont précédemment commenté. On pourrait créer un club de non-juristes honteux mais motivés.

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    1. Bonjour Mathilde,
      Je réponds avec plaisir à ta proposition : je veux bien participer à ton club 😉. Un peu plus haut tu peux voir mon commentaire de l’année dernière à la découverte de ce blog qui m’a tenu lieu de groupe de travail-moteur-motivation toute l’année. Et bien qu’ayant commencé la préparation tard, j’ai été admissible et passé les épreuves d’admission il y a quelques semaines. Durant cette période d’attente des résultats je me suis réinscrite à une préparation et j’ai refait ma première dissertation de droit civil depuis le concours aujourd’hui ! L’exercice est toujours aussi périlleux mais je reste motivée que ce soit pour rentrer à l’ecole ou repasser les épreuves en juin prochain s’il le faut…
      Alors je dis à tous ceux qui lisent cette page : accrochez vous, ne lâchez rien, croyez en vous et tout est possible ! Et quand vous avez un coup de mou, relisez ce blog pour vous détendre et retrouver la forme. Merci encore à toi FromENMwithlove !

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      1. Bonjour Anaïs et Mathilde! Je me permets de vous répondre à toutes les deux en même temps, vu que vous êtes depuis peu présidente et vice-présidente du CNJHMM (Club des Non-Juristes Honteux Mais Motivés)!

        Je suis ravi(e) de lire cette bonne nouvelle, Anaïs, qui prouve bien que l’admissibilité au concours est en grande partie le fruit d’une motivation sans faille et d’un travail soutenu. Merci surtout à toi d’avoir consulté le blog, et bravo de ta réussite actuelle (et sans doute future !), car tu la dois avant tout aux heures passées devant tes manuels, pas à mes blagounettes autour du concours! Quant à ton conseil final aux autres forçat(e)s de la prépa, je ne saurais mieux dire…

        Mathilde, figure-toi que les doigts qui tapotent sur le clavier pour te répondre ont aussi longtemps frayé avec la géographie et les sciences politiques, à ceci près qu’ils n’ont pas ton expérience professionnelle. Tu sembles avoir la formation antérieure idéale et la motivation nécessaire pour décrocher une des places offertes par les 2ème et 3ème concours, donc il n’y aucune raison qu’un petit manuel de droit civil résiste à ton crayon de papier et tes surligneurs! Bon courage à toi pour la suite de ta reconversion, qui ne peut qu’aboutir – comme pour des dizaines d’auditeurs chaque année – vu ta détermination!

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    1. Bonjour Naya!

      Je suis assez embêté(e) par ta question! J’aimerais pouvoir te répondre, mais je ne peux pas en dire trop pour des raisons que tu devines sans doute. Le mieux que je puisse faire : une formation en lettres, avec un master en sciences humaines et sociales! Désolé(e) de cette réponse teintée d’un voile de mystère, mais elle te donne une petite idée… Bonne continuation à toi!

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  10. Bonjour,

    Tout d’abord merci pour vos précieuses informations et la richesse de votre blog !

    Une petite question, après la lecture de votre article et d’autres recherches sur le sujet sur internet:

    — Ai-je selon vous une chance de réussir ce concours, qui nécessite tout de même d’y dédier un à deux ans de sa vie, au vu de mon profil ?

    Commercial sur Paris depuis 2 ans et demie, j’ai 27 ans et j’ai quitté mon emploi par manque de sens principalement.
    Diplômé d’un Master 2 Programme Grande Ecole (Skema Business School), je n’ai aucune formation de droit.
    Je ne proviens pas non plus d’une école de tout premier choix (type Science Po ENA ou autre HEC)
    Je n’estime pas pour finir avoir une culture générale plus élevée que la moyenne.

    Cela dit, je suis prêt à dédier les deux prochaines années de ma vie, à plein temps, à ma future vocation.
    Ma crainte en revanche serait de me lancer dans un projet tel que ce concours, si cela révèle de l’utopie au vu de mon profil, qui n’est pas médiocre mais loin d’être exceptionnel.

    Toute réponse de votre part sera en tous les cas très utile et reçue avec une grande reconnaissance 🙂

    Très bonne fin de journée,

    Jason

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    1. Bonjour Jason et merci!

      Au vu de ton âge et de ton expérience professionnelle, tu ne peux pas encore prétendre à une intégration de l’école via une procédure hors concours (18-1, intégration directe…), ni au 2e et 3e concours. Il te faudra donc passer le 1er concours, en compagnie des juristes et autres sciencespistes qui paraissent plus « armés » pour le concours a priori. Selon moi, oui, tu as tout à fait tes chances de réussir le concours, pour la bonne et simple raison que tu as une motivation de fer, qui t’a notamment poussé à quitter l’emploi dont tu disposais. C’est le plus important dans ce concours, et j’essaie de passer le message à travers les articles de mon blog : les connaissances en droit privé sont certes importantes et nécessaires pour réussir le concours, mais elles sont secondaires par rapport à la méthode de rédaction et surtout à la motivation. Grâce aux prépas (et à la « modernisation » de certains IEJ), n’importe quel candidat(e) motivé, déterminé et avec la volonté de rattraper un niveau en droit certes inférieur à la base peut tout à fait, en deux ans ou même un, prétendre à la réussite. Ton expérience professionnelle et ta maturité pourront en outre constituer des avantages, tant dans la préparation que lors de l’admission.

      Bref, ton parcours antérieur (par ailleurs très méritant) ne doit en aucun cas constituer un frein si tu t’intéresses à ce métier merveilleux qu’est rendre la justice! Bonne préparation à toi, en espérant que les autres articles de mon blog puissent t’aider dans ta préparation par la suite!

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  11. Bonjour,

    J’ai beaucoup aimé ton article car il donne de l’espoir aux non juristes, comme moi.

    Je suis fonctionnaire d’état, je n’ai pas étudié le droit à la fac mais j’ai toujours travaillé dans le domaine juridique. Je suis catégorie B;
    J’ai un bac+3 un bachelor en administration publique.

    Je voulais m’inscrire pour 4 ans au CAVEJ mais c’est super long. Si c’est nécessaire je le ferai.

    Que me conseillerais tu ?

    Passer un master en droit privé à Paris 8 que l’on peut suivre à distance sans avoir étudié le droit auparavant contrairement aux autres M1 de droit et ensuite prépa ENM pour le concours complémentaire.

    Ou tenter le second concours avec juste une prépa ?

    Ou une autre idée ?

    Je me demandais si le jury n’était pas plus exigent avec les non juristes, je me disais qu’ils préfèrent sans doute recruter des juristes comme eux.

    Quelle prépa conseillerais tu à une interne ?

    L’ISP des avis ?

    Merci d’avance.

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    1. Bonjour Rody Stacy! J’ai l’habitude de donner des réponses de normand(e), mi-figue mi-raisin, mais sur ce coup-là mon avis est arrêté : suivre une prépa est amplement suffisant pour rattraper les connaissances nécessaires et surtout acquérir la méthodologie nécessaire à la réussite. Refaire un master te prendra énormément de temps, d’argent accessoirement, pour un bénéfice plus qu’incertain. Pour le jury, avec ton expérience professionnelle et ta licence en administration publique, tu es considérée comme une juriste au même titre que quelqu’un qui a suivi un cursus à la faculté de droit. Et au 2e concours, très franchement, le fait d’avoir fait du droit auparavant n’a pas grande incidence au grand oral…

      Quant au choix de la prépa, je n’en conseille pas une en particulier : toutes les principales se valent et le fait de préparer le concours interne ne change rien. Choisis celle qui t’offre les conditions de révisions les plus adaptées à ta situation personnelle, et ton travail et ta motivation feront le reste! Bonne continuation et bonne reconversion à toi!

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